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 Attaque nocturne [terminé]

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Gaoth
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MessageSujet: Attaque nocturne [terminé]   Dim 4 Oct - 1:36

Le soleil était bas, rasant le lointain. Moment où toute personne, ou toute chose l’observant en devenait aveugle. La magie du soir comme on disait… la magie du soir. Mais le fait d’avoir mal aux yeux rien qu’en regardant ce spectacle ne le dérangeait pas outre mesure.
Peu à peu, l’orbe vermeille se noyait derrière la chaine de montagnes au nord est, moirant les roches et les cimes des arbres. Doucement, le ciel ce teintait de couleur rougeoyante comme un immense embrasement, apportant avec lui la fraicheur du soir qui tombait délicatement sur les terres d’Haewen, allumant les chaumières.
Le soleil finit par sombrer dans la mer, et ce tableau laissa place au visage blafard de la pleine lune, étendant sa chevelure d’étoile comme une araignée tendant sa toile.
Les villages s’illuminaient de leurs torchèrent hérissant les remparts. Les portes se verrouillaient et les gardes entamaient leurs rondes. Le couvre feu était installé depuis deux heures, même la ville des géants était sur le qui-vive.

La nuit avait pris ses âmes des ses filets, élevant des forêts des cris de douleur se transformant en hurlement de bête sauvage. Ce soir, comme tous les soirs de pleine lune était déchiré par ce concert de clameurs auxquels les loups faisaient échos.

Mais le plus dangereux dans ces moments là n’était pas les Loups d’Astan. Non, autre chose rodait dans l’obscurité. Une créature qui pouvait passer à sa guise par-dessus les remparts de feu des villes pour assouvir sa soif animale. Mais cette créature était plus intelligente pour ne pas attirer l’attention. Comme tous les Loups elle avait une certaine crainte du feu, mais à leur différence, elle était beaucoup plus rapide. Elle ne savait que trop que des voyageurs imprudents, se moquant des règles, se promenaient la nuit. Ils se croyaient protégé par les Gardiens, mais ces nuits-là, les Loups étaient maitres et c’est bien pour cela qu’il y avait des règles.

Dans l’obscurité, tout ce que l’on pouvait entendre était le bruit sinistre d’une chaine brisée, arpentant les bois tel le fantôme des lieux. Cette créature n’était autre qu’un Loup blanc aux yeux d’argents. Cet animal était bien plus grand et impressionnant que la moyenne et son poil immaculé semblait se fondre dans le décor, comme s’il était à moitié irréel.
Son odorat avait flairé une proie, l’odeur d’une jeune femme qui ne se doutait sans doute pas avoir été prise en chasse.


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Lyris
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MessageSujet: Re: Attaque nocturne [terminé]   Dim 4 Oct - 2:19

La nuit tombait, apportant avec elle le couvre-feu coutumier. Lyris voyait au loin le soleil se coucher, et pensa avec un frisson qu'elle était bien loin encore de la ville. A cette heure, les villageois devaient tous rentrer sagement comme des chiens bien obéissants qu'ils étaient, dans leur petite bâtisse douillette. Certes les loups garous étaient des créatures dangereuses, et de loin les plus sanguinaires et incontrôlables, mais un simple couvre-feu, pourrait-il vraiment empêcher toute attaque? La rôdeuse en doutait. Bien qu'ils restaient à l'écart des villes, rien ne permettait de savoir si un jour pousser par un instinct trop grand, ils ne viendraient pas à l'assaut?!

Quoiqu'il en soit, la jeune femme, elle, n'avait pas tenu compte du couvre-feu. Elle avait quitté Miredrish depuis peu, maintenant que son arme était terminée, elle pouvait se concentrer à son vagabondage. Elle aurait au moins de quoi se défendre d'une éventuelle attaque.
Elle se trouvait dans la forêt de l'est, dans l'espoir de rejoindre Galedriwyn. Elle y avait laissé sa monture, estimant qu'il était plus prudent qu'elle s'infiltre le plus discrètement dans sa ville natale.
Son pas était assez rapide, bien que le plus discret possible. Bien sûr à l'oreille d'un loup, ça paraîtrais comme un vacarme impossible, mais pour un humain elle n'était pas perceptible.
L'obscurité naissante, rendant son ascension difficile, des branches mortes lui barrant quelques fois le passage, ou bien il s'agissait d'un buisson. La fraîcheur quant à elle, l'obligea à resserrer son manteau de voyage pour préserver le peu de chaleur que le vêtement lui apportait.
Elle ne comptait pas s'arrêter dans l'immédiat pour se reposer de la journée. Encore trop de bornes la séparait d'Onith, elle voulait s'y rendre au plus vite. De là, elle essaierait de se procurer un peu d'argent pour partir sur les terres d'Haewen.

C'était la première fois qu'elle partait ainsi à la découverte de ce monde. Alors qu'elle était à Miredrish, elle était toujours cloisonné dans la maisonnée. Elle n'avait pu connaître le monde qui l'entourait seulement aux livres qu'elle lisait pour apprendre. Aussi chaque jour était pour elle une curiosité, celle-ci découvrant de nouvelles choses, mais surtout ce que c'était qu'être libre.
Mais une question subsistant. Qu'allait-elle faire, lorsqu'elle aurait fait le tour de l'île? Elle ne pouvait pas continuer à faire comme maintenant, enchaînant petits boulots, et vols pour arrondir les fins de mois... Mais la question n'était pas là pour le moment.
La fatigue commençait à se faire sentir, et le besoin de s'arrêter et de camper pour la nuit se fit de plus en plus pressant. Au bout d'un moment, la jeune femme se concéda enfin un peu de temps pour se remettre en forme.
Elle avait trouvé une clairière dans laquelle s'établir pour camper. Elle posa son maigre bagage qu'elle avait emporter contre un arbre, avant de ramasser quelques petites branches pour faire un feu. Cela la protègerait un minimum du froid. Puis grasse à des pierres de silex qu'elle gardait avec elle pour faire du feu, bientôt des flammes se mirent à danser là où quelques temps auparavant se trouvait le bois.
Elle soupira. Elle pourrait peut être enfin souffler de cette longue journée. Par mesure de sureté, elle sortit tout de même sa toute nouvelle arme, restant vigilante aux bruits environnant.
Elle ne se doutait pas à ce moment là qu'elle avait déjà été prise en chasse par un loup. En même temps, comment entendre le vent...

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Gaoth
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MessageSujet: Re: Attaque nocturne [terminé]   Dim 4 Oct - 17:01

Le Loup l’avait senti depuis Meridrish. Qu’elle pauvre petite inconsciente… Elle pensait mettre qu’une journée pour rallier la cité mère à Onyth ? Déjà que deux, voir trois jour la séparait de Galedriwyn et d’Ybiesh, alors la ville des centaures, elle n’était pas prête de la gagner avant un certain temps.
La forêt était dense et sombre. Pas autant que celle entourant les villages des Canidés, mais les rayons de lune peinait tout de même à percer la couche des feuillages. Pour lui qui pouvait aisément voir dans le noir, ce n’était pas un problème. Il connaissait parfaitement toutes les forêts comme sa poche. Et pas que les forêts, toute l’ile. Cela faisait bien longtemps qu’elle n’avait plus aucun secret pour lui. Peu être trop longtemps. Tellement longtemps que ça en était devenu morne et monotone. A présent il avait besoin d’autre chose, besoin de distraction, de changement. Passé son existence à observer celle des autres le lassait à en mourir. Et cette distraction il la trouvait à présent les soirs de pleines lunes. Soir qui pouvait être une malédiction pour certain, mais plus pour lui.

La jeune femme c’était arrêté dans une clairière, une de ses rares trouées dans laquelle on pouvait en partie se sentir en sécurité. En effet, elle pouvait voir les alentours, mais offrait de plus grande facilité à ses assaillants pour l’encercler. Elle s’était posé contre arbre et se réchauffait à la lueur d’un feu. Elle semblait sereine, mais épuisé et ne semblait pas se rendre compte qu’elle était prise pour cible. Tant mieux, l’effet de surprise était plus amusant.
Il s’avança alors sortant des fourrés. L’animal ne craignait pas de l’attaquer de front. En effet, il avait l’avantage de la rapidité, de la taille et de la puissance. Elle n’avait pratiquement aucune chance, mais il ne savait que trop qu’il ne fallait jamais sous estimer ces adversaires. Même si cet adversaire était une femme.
Mais quelque chose le fit s’arrêter. Telle une apparition au milieu de la rosée parsemant l’herbe comme des diamants, il ne put s’empêcher de l’observer. Cette fille il la connaissait pour l’avoir déjà vu à une époque lointaine. Il avait assisté à sa naissance et à la perte de cet être cher qu’elle n’avait put connaître. Comme cette petite fille lui avait semblé tellement seule entouré de toute cette dentelle dorée. A présent, elle se croyait libre, mais seulement savait-elle vraiment ce qu’était la véritable liberté ?
Le Loup s’assit alors au milieu de l’herbe et la défia de son regard d’argent, indiquant sa présence par un grognement peu engageant. Ça ne se déroulait pas vraiment comment il s’y attendait, mais ce loup n’allait pas ce gêner de jouer à sa guise avec la fille El Vadel.
Une bourrasque de vent vint balayer la clairière et éteignit ce précieux feu, dernier rempart entre le chasseur et sa proie. Un sourire mesquin semblait étirer les babines de la bête comme s’il résonnait comme un humain. Mais l'instinct animal reprit vite le dessus. Se relevant, il disparut comme il était venu.
Réapparaissant d'entre les arbres, il fondit sur elle par le flanc droit et lui asséna un coup à l'épaule de ses griffes acérées, et se réceptionna sur le sol en dérapant sur l'herbe mouillé.


Dernière édition par Gaoth le Lun 3 Jan - 23:41, édité 4 fois
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Lyris
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MessageSujet: Re: Attaque nocturne [terminé]   Dim 4 Oct - 22:23

Le feu semblait réchauffer le corps gelé de la jeune femme. Les nuits étaient fraîches à Haewen. Tandis qu’elle regardait danser les flammes du feu, elle sentait en même temps tout son corps crier merci pour cette halte. Elle n’avait pas décéléré le pas depuis qu’elle était partit, s’arrêtant uniquement pour ses besoins naturels. D’ailleurs un autre besoin se faisait sentir, ce qu’elle s’aperçu lorsque son ventre émit un borborygme sonore. Elle n’avait encore rien put avaler de la journée… Elle songea alors, à chercher de la nourriture le lendemain dans la forêt. Elle devait bien recueillir des lièvres pour se restaurer. Dans sa hâte de partir de Miredrish, elle n’avait pas songé à prendre avec elle des victuailles, ce qu’elle regrettait à présent.
Lyris s’adossa à l’arbre contre lequel elle s’était installée, résignée. Soit, ce serait une journée de diète ce jour-ci.

Mais alors que la jeune femme envisageait déjà de rejoindre les doux bras de Morphée, un loup d’une blancheur immaculée surgit en face d’elle. Dans un réflexe défensif, elle referma immédiatement la main sur le pommeau de sa dague, prête à parer tout éventuelle attaque.
Le loup s’arrêta à quelques mètres d’elle, laissant ainsi à Lyris le loisir de l’observer. Elle ne pouvait s’empêcher une certaine fascination devant le regard argent de l’animal, ainsi que son pelage blanc qui semblait aussi doux que de la soie. Ses yeux carnassiers la fixaient également, tandis qu’il s’asseyait, émettant un grognement que la jeune femme identifiait comme de mauvaise augure. Même son regard semblait vouloir la mettre en garde.
Pour couronner le tout, une bourrasque fit éteindre le feu, seule défense vraiment efficace contre son attaquant. Elle ne put s’empêcher à ce moment de maudire Goath l’esprit du vent, pour la malchance qu’il lui apportait.

Mais contre tout attente, alors que la rôdeuse se préparait à l’assaut de la bête, celle-ci repartit aussi vite qu’elle était arrivée. C’était à ne plus rien y comprendre ! Malgré cela, la rôdeuse resta à l’affût. Seulement ce ne fut pas assez pour se défendre du loup, qui déjà réapparaissait sur le côté pour lui bondir dessus.
Une douleur lancinante lui assaillit l’épaule, lorsque l’animal la griffa à l’épaule, avant de se réceptionner sur le sol mouiller. La blessure n’était pas très profonde, mais ça n’empêchait pas qu’un peu de sang se mette à couler de la plaie. Bien vite, la jeune femme porta la main à la plaie, regardant sa gravité, avant de tourner son visage froid et en colère vers l’animal. Elle le foudroyait littéralement des yeux, lui rendant son regard défiant. Elle ne se laisserait pas faire par cette sale bête, s’il voulait l’attaquer, il goûterait à sa lame.

En quelques secondes, la rôdeuse s’accroupit avant de se redresser face au loup, l’arme au poing. Elle toisa un moment l’animal avant de lâcher dans le silence de la nuit :


« Va t’en, sinon ce sera ma lame qui t’accueillera ! »


Maintenant il restait plus qu’à savoir si l’animal allait réattaquer, ce à quoi s’attendait la rôdeuse, ou bien déguerpir…

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Gaoth
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MessageSujet: Re: Attaque nocturne [terminé]   Mar 4 Jan - 0:09

Le sang coula de l’épaule de sa proie au moment où il l’entailla. Il pouvait le sentir… Aussi superficielle que soit la blessure… cette odeur enivrante qui appelait son instinct sauvage. Qui appelait ? Non… Qui criait, qui l’ensorcelait. Le Loup fit volte-face faisant front au gibier. Elle c’était redressée et avait empoigné son arme. Dans son regard, qui le défiait de lancer un second assaut, il ne pouvait lire que de la haine. Sa voix résonna dans le silence de la nuit, tuant la quiétude qui régnait dans la plaine.
- « Vas t’en, sinon ce sera ma lame qui t’accueillera ! »
Les babines de l’animal se soulevèrent pour s’étirer en un sourire. Si à ce moment il avait été humain, il aurait ri. Cette nuit était celle où la lune se trouvait parfaitement ronde, une nuit où son attraction était bien trop forte pour résister à l’appel du sang et de la forêt. A chaque minute qui passait, l’esprit du Gardien s’envolait, se perdait dans la brume, ne laissant place qu’à l’animal qui sommeillait en lui. Lourd tribu à payer en échange de la vie qu’il avait prise à Astan. Que les Gardiens l’en garde un Loup est un Loup et ce soir plus rien d’autre n’avait d’importance que la faim qui lui tiraillait le ventre.
Il se ramassa sur lui-même, mais au moment où il allait de nouveau bondir, son attention fut attirée par sa patte arrière. En effet, dans sa première attaque, la chaine avait tourné, lui abimant le métatarse et avait fini par s’accrocher à une branche tombée au sol. Grognant après cet objet inanimé, il dématérialisa sa patte postérieure, faisant tombée lourdement la menotte au sol.
A présent débarrassé de ce poids, il tourna la tête vers sa cible et levant la gueule vers le ciel, il lança un jappement vers les étoiles, comme un guerrier rugissant son courage avant un combat.
Coudes au corps il s’élança et bondit. La jeune femme se baissa instinctivement, voyant cette rangé de crocs fondre sur elle. Un geste qui lui épargna sans doute la vie, car au lieu de sa gorge, c’est sur sa capuche que sa mâchoire d’acier se referma en claquant. De rage, il tira d’un coup sec sur le vêtement, l’étranglant à moitié, et secoua la tête, ses grognements ponctué par les bruits de déchirure du vêtement. Mais d’un coup l’animal s’arrêta. Les oreilles dressées, ses yeux sondaient l’obscurité. Peu à peu, les poils s’hérissèrent sur son échine et ses babines se retroussaient sur un grognement peu engageant.
Un Loup noir était entré dans la clairière, alerté par les bruits de lutte et par la présence d’un de ses confrères. L’animal était jeune, mais tout de même de bonne taille. Le blanc lâcha le capuchon et d’un pas lent, vint se placer entre lui et sa proie. Il redressa le museau et fit un signe de tête à l’importun.
Ils se regardèrent ainsi dans une conversation silencieuse, qu’eux seuls pouvaient comprendre. Leurs yeux et leurs attitudes montraient qu’il se disputait la proie. Mais la fourmi n’est pas prêteuse, le Loup blanc n’avait pas l’intention de le laisser marcher sur ses plates-bandes. Il l’avait vu le premier, pas question de lui en céder une livre. Visiblement indigné, son adversaire montra les crocs. Erreur…
Une bourrasque balaya de nouveau la plaine, malmenant les branches des arbres et soufflant les derniers vestiges du feu. L’animal sembla redevenir immatériel, comme lorsqu’il lui était apparu. Ses membres s’étirèrent, son poitrail doubla de volume... Bientôt il devint plus grand qu’un poney. Sa queue battant l’air, faisait se coucher l’herbe de la plaine, repoussant son prétendant par la bourrasque qu’il provoquait. Mais la jeunesse du Loup noir le rendait on ne peut plus téméraire. Campé sur ses positions il avait détourné la tête pour se protéger de cette brise maléfique. Ses yeux jaunes étaient restés planté dans ceux de son adversaire, insolent et plein de défit. Sa nouvelle taille ne l’impressionnait pas, il sentait que l’animal n’était plus tout jeune malgré les apparences, et il comptait bien jouer la dessus. Il avait toujours gagné sur la fougue de sa jeunesse.
Erreur… car le blanc lui semblait vieux certes, mais face à sa taille et son expérience il ne faisait pas le poids.

- *Dussé-je me battre toute la nuit tu ne l’emporteras pas !* Rugit le Loup blanc dans un aboiement agressif.
- *Alors tu seras mort en premier.* Rétorqua le noir, grognant dans un langage pauvre, attestant de l’infériorité de son intellect animal.
Il s’élança, alors que son adversaire se ramassait sur lui-même, prêt à le recevoir comme il se doit. Lorsqu’il fut assez près, il souleva ses babines pour découvrir des crocs aussi large et long que des couteaux. L’opposant ralentit et fit un bond de côté, décrivant un court écart, mais suffisant. Il fondit sur la proie.

- *Lâche ! * Cracha le Canidé.
D’un coup, il pivota et se tordit le cou. Ses mâchoires claquèrent pour se refermer sur la queue du malheureux, qui poussa un jappement de douleur.

- *Si c’est comme ça que tu comptes me faire passer de vie ça trépas, grogna-t-il la gueule pleine, je crois que c’est toi qui va y passer en premier !*
Il le tira, ses griffes creusant des sillons dans le sol. L’animal l’envoya roulé dans la pente comme s’il c’était agi d’une poupée de chiffon. A ce moment, il se maudit de ne pas être partit avec sa proie lorsqu’il la tenait, car même blessé, celui-ci n’en démordra pas. Sa victime pouvait bien fuir, d’ailleurs c’était la seule solution qui s’offrait à elle, et cette querelle était une excellente opportunité, ce combat ne s’éternisera pas, il la rattrapa bien.
Cette nuit, Laibhe ne pourrait certainement rien pour elle.


Dernière édition par Gaoth le Jeu 20 Jan - 0:23, édité 1 fois
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Lyris
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MessageSujet: Re: Attaque nocturne [terminé]   Mar 18 Jan - 16:48

La mise en garde de Lyris ne fit pas fuir le loup. Elle s’en doutait un peu, c’était un animal tout de même, comme s’il allait écouter une simple humaine dotée d’une dague, dont le feu, la meilleure arme qu’elle aurait pu trouver, s’était éteint à l’instant. La soirée pour la rôdeuse était mal engagée. Elle ne voulait pas y rester alors qu’elle venait à peine de retrouver enfin sa liberté !

Elle serra un peu plus sa prise sur sa dague. Il n’était pas question qu’elle perde la vie ce soir. Elle se battrait, même s’il fallait pour elle ramper, se traîner dans la boue !

Le loup ne semblait pas vouloir lâcher prise non plus. Ses babines retroussées, il dardait des yeux carnassiers sur la jeune fille.
Il se préparait à attaquer lorsqu’une chaîne, que la rôdeuse n’avait pas remarquée sur le moment, le gêna dans ses mouvements. Mais quoi de plus simple pour s’en débarrasser, que de passer la patte au travers, comme si cette chaîne n’était fait que de l’air qui les entourait ?! De la magie ! Il n’y avait aucun doute, ce loup n’était pas ce qu’il paraissait être ! La jeune femme l’avait compris dès le début qu’il avait quelque chose de louche, mais maintenant elle en avait la confirmation ! Cela n’en fit qu’accroitre son angoisse. Qu’est-ce qu’elle pouvait bien faire, elle une simple humaine, munie d’une dague, aussi enchantée soit-elle, contre un loup doté de pouvoirs ?! Mais elle n’eut pas vraiment le temps de se lamenter, un hurlement perçant vint déchirer le silence pesant qui s’était installé. Le cri de guerre de cet animal sans doute !

Les entrailles serrés en un nœud, Lyris se tint prête. Elle ne dut sa survie qu’à ses réflexes. Aussi furtivement qu’il était venu, le loup bondit vers elle, celle-ci se baissant afin de l’éviter. Elle ne pouvait pas faire grand-chose d’autre que de l’éviter, le temps qu’il s’épuise, espérant seulement que ça ne soit pas elle qui se fatigue avant. Elle commença à courir pour s’éloigner de son agresseur désormais derrière elle, quand elle se sentit tiré vers l’arrière. Horreur ! L’animal avait saisi son vêtement à la capuche, et semblait bien lui faire comprendre son mécontentement. A moitié étranglé, elle lutta pour dégrafer son attache, afin de retirer l’objet de son emprisonnement, quand le loup s’arrêta soudainement. Qu’est ce qui pouvait bien se passer ?! S’était-il lassé de son attaque ? Non ça aurait été trop beau. Alors qu’elle était au prise avec un loup, voilà maintenant qu’il en venait un deuxième ! Repas collectif ?! Non pas vraiment au vue du comportement de chacun…

Son précédent agresseur vint se placer entre ce loup noir et elle, lâchant par la même occasion sa prise. Pour la protéger ? Cela aurait été bien, mais si cela aurait été le cas dans un premier temps, cela serait pour avoir le loisir de l’abîmer lui-même par la suite ! Cruel perspective non ?
Les deux loups semblaient s’affronter du regard, mais Lyris ne prit pas le temps d’observer cette lutte, elle se ramassa sur elle-même, songeant à un plan pour se sortir de cette situation délicate. Ses affaires n’étaient pas bien loin, il suffirait qu’elle se rapproche discrètement de son sac lorsque les loups se battraient avant de courir à toute jambes à travers l’épaisse forêt.

Mais son attention fut bientôt reportée sur les loups, car le blanc magique qu’elle avait pu le constater auparavant, l’étonna bien plus encore. Il commença bientôt à grandir, encore et encore, jusqu’à obtenir une taille inimaginable pour un loup ! Mais bon sang qu’était-il donc ?!! Même un loup garou n’avait pas d’influence sur ce genre de choses !
La rôdeuse ne doutait pas de l’issu du combat, c’était pour cette raison qu’elle voulait mettre le plus de distance entre elle et ce loup ! Elle savait qu’elle ne pourrait pas lui échapper longtemps, mais après tout que pouvait-elle bien faire d’autre, il fallait qu’elle tente quelque chose !

Le combat entre les deux bêtes commença. Ni une ni deux, la jeune fille se glissa jusqu’à ses affaires qu’elle prit en vitesse, laissant sans le voir, tomber le seul souvenir qu’elle avait de sa mère, un médaillon en or, avant de s’élancer vers la cime des arbres, pour s’enfoncer dans la forêt noire. Elle entendait derrière elle, ce mélange de jappements, grognements et bruits de lutte, mais elle n’osait pas se retourner, préférant courir encore et encore, à en perdre le souffle. Mais à ses yeux il valait mieux perdre le souffle que la vie non ? Elle trébuchait, s’éraflait contre des ronces, se prenait des branches, mais elle continuait encore et encore, et quand elle tombait, et bien elle se relevait. Elle tenait suffisamment à la vie pour ne pas faire sa mijaurée, malgré le fait qu’elle ne voyait rien.

Puis l’espoir sembla revenir. Au loin, elle vit de la lumière. Dans sa panique, elle ne prit pas le temps de réfléchir, qu’elle se trouvait encore trop loin de la ville, pour que ces lumières viennent d’elle. Elle s’élança, à bout de souffle, dans cette direction. La distance qui lui restait à parcourir rétrécissait à perte de vue, elle se permit donc de regarder derrière elle alors qu’elle courait encore, lorsqu’elle percuta quelque chose, ou il s’avéra quelqu’un, ce qui l’a fit tomber à la renverse au sol. Etonné elle tourna la tête vers cette obstacle, avant d’être encore une fois horrifiée. D’abord un loup… Puis une deuxième… Et maintenant un soldat ! La soirée ne lui était vraiment pas favorable !

Elle essaya de se relever pour s’enfuir, mais le soldat, vif, l’attrapa par le bras pour la retenir, un petit sourire aux lèvres. Il la releva sans le moindre effort, sans jamais la lâcher.


« Bonsoir damoiselle ! Que faîtes-vous là, toute seule par une nuit de pleine lune ? »

Il ne la laissa pas en placer une, il l’entraîna déjà vers le campement, où un petit attroupement d’hommes s’était établi. Voilà que la situation empirait encore plus maintenant ! Bien sûr elle avait toujours sa dague qu’elle avait remit à l’abri dans sa cape, mais cela aurait été une erreur de la sortir maintenant alors qu’elle était entourée d’hommes… Et apparemment pas les mieux attentionnés au vue de leurs regards qui convergeaient vers elle. Le soldat qui l’avait amené jusqu’ici reprit la parole.

« Voilà bien longtemps qu’on a pas eu le droit à si charmante compagnie. On s’ennuyait un peu, mais il est si généreux de votre part de nous proposer un divertissement ! »


La jeune fille surprise, ne sut que répondre, contrairement à ses habitudes ! Déjà ces porcs se pressaient autour d’elle ! Qu’elle belle image des soldats, personnes devant protéger avant tout du peuple, et non profiter du corps de la première femme croisant leur route !
Elle revint à elle lorsque les premières mains se posèrent sur elle. Elle se débattit vivement, essayant d’éviter cet assaut pervers, mais que pouvait-elle faire contre cet assaut ! Gesticulant au sol comme un ver, elle se sentait humilié d’être ainsi traité comme un morceau de viande, surtout pour elle qui était la fierté incarnée ! Laissant échapper sa voix en cris et menaces à l’encontre de ces hommes, elle ne put que provoquer leurs rires.


« Tu peux crier autant que tu veux, seuls les loups peuvent t’entendre ! »


Les loups… Elle aurait préféré se faire bouffer, plutôt que de croiser la route de ces hommes ! Ce serait moins humiliant ! Mais les mains cessèrent de la toucher lorsque l’un des hommes poussa un cri horrifié. Il l’avait reconnu. Il savait à présent qui elle était ! Malheureusement pour ces animaux, ils ne pouvaient pas se permettre de rendre à son père, le dirigeant de Miredrish tout de même, une fille souillée par les instincts primaires de neuf soldats. Ils se relevèrent, leur vit dressé tendant leur pantalon dans une tenue indécente, regardant leur victime laissée au sol, épuisé de sa journée de marche, de son attaque par ce loup blanc, de sa fuite, de s’être débattu. Elle n’en pouvait plus… Son épaule la lançait plus fort encore, le sang coulant abondamment face à la brutalité dont les soldats avaient fait preuve. Ses yeux baignés de larmes, brillaient de colère et de honte, lorsqu’elle rassembla son haut à moitié dévêtit.

« Tu as de la chance petite d’être la fille El Vadel, sinon… »


Et quelle chance franchement…

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MessageSujet: Re: Attaque nocturne [terminé]   Jeu 20 Jan - 0:41

Le combat entre les deux Loups fut féroce. L’animal noir se releva tant bien que mal de sa voler dans l’herbe, couinant quand son dos s’arqua sous la douleur. Ses yeux d’or emplis de rage heurtèrent l’argent placide de son adversaire. Il était plus jeune, plus fougueux, pourquoi ? Pourquoi lui semblait-il que cette confrontation serait sans issus pour lui ? Du sang coulait de sa queue et il devait avoir une patte foulée, tandis que lui, devenu plus gros de façon peu commune, n’avait pas encore une égratignure alors qu’il avait déjà engagé le combat contre la proie. Non… Il ne pouvait pas perdre ! Il ne perdra pas ! Pas face à un ancien comme lui ! Il en valait de son honneur ! De son honneur de Loup !
Oubliant le mal que lui harassaient l’échine et les côtes, il se relança à l’assaut de son opposant. Le Loup blanc se campa sur ses positions près à le recevoir. Gueule grande ouverte, il alla droit au but et visa la gorge. Les mâchoires claquèrent, le blanc attrapa la truffe du noir au dernier moment détournant ses crocs qui se refermèrent sur une touffe de poil. Il grogna mais ne lâcha pas prise, bien qu’il n’ait pas encore mordu sa chair. Dans son élan il se cabra, se tordant le cou pour tenter de dégager sa truffe tirant en même temps sur la toison. Son adversaire leva ses antérieurs pour le contrer, mais emporté par l’essor de l’attaque, une patte passa au travers de sa garde, lui lacérant le poitrail. L’animal grogna resserrant sa prise sur le nez de son opposant. Le souffle coupé, l’animal se débattit puis se retrouva de nouveau projeté à terre des poils blancs plein la gueule. Il se releva de nouveau le museau en sang mais déterminé.

- *Renonce tu ne gagneras pas !* Grogna le Loup blanc.
- *Jamais !*
Et le combat repris de plus bel plus féroce encore. D’où pouvait bien lui venir une telle détermination ?

Le vacarme de leur duel faisait résonné cries et jappements dans la clairière et ses alentours comme un combat d’âme damné. Partout les oiseaux s’envolaient comme une nuée d’insecte, les autres bêtes fuyant de peurs d’être la proie de ces créatures du feu de la terre. Au bout de trente minutes de combat acharné le Loup d’ébène s’écroula. Sa cage thoracique ce soulevait si faiblement qu’on aurait pu croire qu’il passait de vie à trépas. Le Loup de neige tenait encore debout, mais son pelage immaculé se teintait de sang. L’herbe se trouvait baignée d’une rosée brillant comme des rubis à la lumière de la lune. L’animal regardait d’un œil froid son courageux adversaire qui s’était défendu si ardemment. Mais qui se cachait sous ses traits de Loup ? Un jeune homme dans la force de l’âge qui devait certainement avoir compagne, enfant ? Un ami ? Un voisin ? Les jours de pleine lune cela n’avait aucune importance. Seul comptait la soif de sang, et même si les combats entre Loup étaient de coutume, jamais il n’allait jusqu’à la mort. Le regard plein de haine, la bête leva la gueule ensanglantée vers le ciel et poussa un hurlement déchirant.

Bien évidemment, la proie n’avait pas attendu l’issus du combat pour s’enfuir, et avait tout emporté. Le Loup noir n’était pas tout à fait encore dans les bras de la mort, mais son sort ne serait tardé. Baissant la tête le vainqueur pria Talamh pour qu’il demeure en vie, qu’il voit l’aube et qu’un de leur semblable lui porte secours. Puis il se détourna, pour se diriger vers l’endroit où s’était établie sa proie. Sa truffe fouissant le sol repéra son odeur plus forte, mais de façon infime. En effet un objet doré qu’elle devait porter sur elle se trouvait près d’un fourré. Ouvrant sa gueule laissant coulé un filet mêlé de sang de et de bave, il le prit, puis ignorant ses blessures, se dématérialisa pour redevenir le fantôme de la forêt.

Sa trace était chose aisé à suivre avec la blessure qu’il lui avait infligée, c’était comme si elle l’invitait à la rejoindre. Mais la chose en était de même pour lui. Bien que son corps soit de gaz, chacun de ses pas laissaient un sillon vermeil que n’importe quelle bête pourrait pister. Ses babines se soulevaient au rythme de se souffle saccadé, filtré entre ses crocs serrés, refusant de lâcher l’objet qui le guidait si facilement à elle comme un phare dans la nuit. Il ne lui fallut pas plus d’une heure pour ravaler la distance qu’elle avait certainement dû parcourir en double de temps. Arrivé à cent mètre il s’arrêta, les oreilles dressé sur la tête. Il y avait un flot d’odeur beaucoup plus important. Bien sûr il discernait parfaitement bien celui de sa proie, mais il y en avait d’autre. Le loup leva le nez pour humer l’air mêlant son corps fantomatique à la brise allant vers l’ouest. Son pelage se désagrégeait comme des filins pour le suivre. Il vit alors comme une vision, comme s’il se tenait debout eu cœur de ce campement de fortune, neuf mâles humains en rut dont le besoin ne pouvait être assouvit. Ils étaient lourdement armé, la proie se trouvait là, faible, mais là. Et au milieu de ce tas de viande infecte crépitait un grand feu. Seul barrière entre son désir d’assouvir sa colère et l’objet de sa colère. Ses humains allaient payer. Payer pour le salut de ses compagnons qui se déchiraient jusqu’à la mort à cause de leur égoïsme. L’animal ne put réprimer un grognement qui amena un nouveau flot de bave et de sang qui inonda le sol. Les oreilles basse mais en alerte, tapis dans l’obscurité il s’avança. Bientôt la distance réduit. Plus cinquante mètres, trente mètres, dix mètres… Il se stoppa à cinq mètres, ses yeux d’argents pouvaient maintenant clairement les voir, ils étaient devenu aussi sombre que la nuit, reflétant sa haine.
Son corps avait repris sa taille initiale de lui-même, afin de conserver un maximum d’énergie. Néanmoins, plus sa colère augmentait, plus son corps grandissait de nouveau. Bientôt il atteignit l’importance qu’il s’était donné pour faire fuir le Loup noir. Mais face à eux ce n’était pas assez. Pas assez pour passer outre sa crainte primaire de ce feu. Il l’avait bien dit, cette nuit, Laibhe ne pourra rien faire pour eux.
Il finit par atteindre les un mètre vingt au garot, ses blessures prenant de l’ampleur en même temps que ça nouvelle prestance, mais il n’en avait qu’ure. Sa gorge était sèche, et sans prêté attention au médaillon, il déglutit et l’avala. Il se rapprocha encore. Il n’était plus qu’à deux mètres lorsqu’il fit valoir sa présence.
Un hurlement sortit des tréfonds de l’obscurité faisant sursauter les soldats. Ce n’était pas tant le hurlement qui les avait à ce point surpris, ils l’avaient ignoré tout au long de la soirée, mais le fait que celui-ci sembla si proche.

- « Du calme ! » Lança un homme à la cantonade. « Le feu de Laibhe nous protège. Ce n’est qu’une bête curieuse. Ces animaux ne sont que des trouillards. »
Le soldat avait dit cela plus pour ce donner du courage plus à lui-même qu’aux autres, mais étrangement il ne semblait pas croire à ses propres paroles. Il se l’était bien dit que c’était une mauvaise idée de dormir hors des remparts pendant la pleine lune. Mais tout ce qu’on lui avait répondu fut :
- « Allons, vous êtes des hommes ou des femmes peureuses ? Une criminelle fugitive ne se soucie gère de ce genre de détail ! »
L’homme resserra sa cape autour de ses épaules. On voyait bien que ce n’était pas eux qui se retrouvaient entouré de bête sanguinaire. Mais il se rassura en se disant que la nuit serait bientôt finit, et qu’il n’y en aurait pas d’autre telle, maintenant qu’ils avaient capturé la fille. Il s’imagina couvert de gratification et d’honn…
Un second hurlement retentit, suivit de grognement. Les hommes s’échangeaient des regards interrogateurs où l’on pouvait y lire la peur.

- « Au arme ! » Lança un second à demi voix. « Au arme ! Protégé la fille, et prenez des torches dans le feu. Allez ! »
Les hommes ne se le firent pas répéter deux fois. Un binôme s’équipa et empoigna la fille, ignorant ses protestations. Le reste des soldats s’étaient posté en formation serré autour du feu, ceux portant des épées protégeant les flancs des lanciers. Une bourrasque traversa le campement, bien plus forte que le brise de toute à l’heure. Les flammes vacillèrent tandis que les hommes étaient de plus en plus inquiets. Gaoth paraissait bien capricieux ce soir, et s’il ne pouvait compter sur lui, ils ne pourraient s’en remettre qu’à Laibhe et à eux même.
- « Bordel ! » Cria l’homme qui avait lancé l’appel aux armes. « Protégé moi ce feu ! Si ce n’est lui, ne laissé pas vos torches s’éteindre ! C’est de la sorcellerie ! »
Les hommes s’exécutèrent et protégèrent leur feu du mieux qu’ils purent !

Ils étaient coriaces. Leurs pensées pour Laibhe étaient bien trop fortes pour qu’il ne parvienne à souffler leur feu. Mais sa rage était plus vigoureuse encore. Lâchant un aboiement terrible, une lame de vent balaya la forêt, soufflant tout sur son passage et déséquilibra les cibles qui ne tenaient pas bien sur leurs jambes. Pendant un cours instant, où tous retinrent leur souffle, ils furent plongé dans un noir abyssal avant que, une à une, les torches ne se rallument.

- « Qu’est-ce qu’il s’est passé ?! » Appela un homme soudainement paniqué. « Le feu s’est éteint ! »
- « La ferme ! » Cracha un autre. « Il nous reste nos torches ! Les Loups n’attaquent pas un homme qui a le feu, ils le craignent trop. »
Mais le doute se mis à planer. Tellement présent qu’il eut l’impression que le zéphyr lui chuchotait à l’oreille « En es-tu sûr ? ». Un sifflement à mi-chemin entre la bête sauvage et le serpent, accompagné d’un goute à goute irrégulier attira leur attention. De l’autre côté de ce qui était, il y a quelque instant encore, leur âtre protecteur, ce tenait un Loup d’une blancheur immaculé et pur, mais dont le pelage qui voletait comme une apparition, était souillé de sang. Ses yeux d’argents aussi profond qu’un puits, étaient aussi sombre que ses profondeurs, plus glacial que le pire des hivers, plus haineux encore que celui du plus redoutable des guerriers. Ses crocs blancs étaient aussi longs et larges que des poignards et sa taille était tout simplement irréelle. A ses pattes, une flamme semblait renaitre dans les braises, mais l’animal n’y prêta aucune attention. Il s’avança même dans le charbon encore ardent, étouffant dans l’œuf le feu qui tentait à repartir. Un fumet âcre de chair brulé se porta à leurs narines frémissantes.
- « Ce n’est pas un Loup, c’est le démon… » Souffla un des plus jeunes soldats, les yeux écarquillés et se sentant s’oublier dans son pantalon.
- « Gardez vos position ! » Ordonna le chef, déstabilisé par l’animal et le vacillement de ses hommes. « Cette bête est déjà blessé. Si nous restons soudés, nous pourrons l’avoir. Nous rentrons avec les honneurs ! »
Les hommes acquiescèrent et rugir pour se donner du courage. D’un même mouvement, ils reculèrent pour resserrer leur position, mais le plus jeune resta tétanisé par la peur. Le Loup tourna la tête vers lui accrochant ses yeux au plus profond des siens, le pénétrant de son regard assassin.
- *Tu pleurniches comme un enfant. Tu aurais mieux fait de rester dans les jupons de ta mère femme !*
La bouche de l’homme s’entrouvrit en un gémissement de panique. Il brandit son épée et agita sa torche devant l’animal. Trop tard… Les soldats n’eurent pas le temps d’esquisser le moindre mouvement. Les mâchoires d’acier de l’infernal s’étaient refermé sur sa gorge, ses griffes lacérant ses entrailles.
- « TAAAAAAAAREEEEEEK ! »

Deux autres hommes étaient tombés à la suite du jeune, et un troisième ne tarderait pas à les rejoindre. Ceux-là ne deviendraient pas de créatures de la nuit, ils étaient voués à la mort, et elle ne sera pas sans douleur. Son troisième cadavre était un des lanciers auquel l’animal avait quasiment arraché le bras. Appuyé contre un arbre, sa cage thoracique se soulevait avec rapidité, ses paupières se faisaient lourde, il avait du mal à rester lucide. Le loup l’avait éloigné des autres en le projetant dans les airs comme s’il c’était agis d’une poupée de chiffon et les maintenait à respect de ses crocs montrés et de ses grognements sauvages. Il lança l’ultime assaut auquel l’homme savait qu’il ne survivrait pas. Callant sa lance dans un creux du tronc, il regarda la mort droit dans les yeux au moment où elle fondit sur lui.
Les soldats écoutèrent avec impuissance ses derniers cris qui se perdaient dans sa gorge en infâme gargouillis. Le Loup se redressa mais sembla vaciller. Non… Il ne semblait pas, il vacillait ! Se tournant il apparut que le lance de sa victime était profondément enfoncé dans son flanc gauche. D’un pas chancelant, il s’appuya contre l’arbre, faisait fit du cadavre qu’il piétinait.

- « Gilles l’a eu ! » S’écria un des hommes dont l’espoir revenait. - « Gilles l’a eu ! »
Mais cette nouvelle blessure ne sembla pas ébranler l’animal, au contraire, sa colère en fut décuplé. Poussant un hurlement rageur, il se jeta contre le tronc pour briser le manche de l’arme qui l’encombrait. Le bois vola en éclat dans une effusion de sang. La bête tourna la tête, se tordit le coup, ses mâchoires claquèrent, mais il ne parvint pas à extirper la pointe de l’arme. Il se dématérialisa, toutefois pas suffisamment, car l’acier tranchant creusa un sillon dans sa peau en tombant, dont la pointe brisée demeurait dans la plaie.
- « Regardez, signala le chef, il faiblit ! Nous avons toutes nos chances ! Herald, tu prendras son flanc gauche, il faut l’attaquer là-dessus. Prend aussi une torche. Colïn, avec moi ! On va l’attaquer de front. Vous autre gardez bien la fille. On va rentrer avec les honneurs. Tu ne vas pas comprendre ce qui va t’arriver mon gros. » Ordonna l’homme.
- « A vos ordres chef ! » Répondirent les soldats d’un seul homme.
D’un pas décidé, les trois gardes avancèrent vers la bête qui les accueillit avec un regard mauvais. L’animal comprenait bien plus qu’il ne l’estimait, et il analysait la situation. Un homme armé d’une grosse épée et d’une torche, un autre d’une épée et d’une dague, et le troisième d’une lance. Derrière eux, deux autres hommes, épéiste seulement. Dernier obstacle entre lui et sa proie. Cependant, il y avait une chose que savait faire n’importe quels animaux, bien mieux qu’un homme. Et c’était la seule solution qui s’offrait à lui dans son état. Ses pattes se dérobèrent sous lui, tandis que son corps tremblant s’écroula à terre. Sa respiration se fit lente et ses paupières si lourdes, qu’il ne parvenait à les garder ouverte. Finalement ses blessures étaient plus graves qu’il ne l’avait estimé. Le chef sourit face à ce spectacle.

- « Alors ainsi ce pauvre Gilles t’auras terrassé. Mais pour le salut de mes hommes, ces par mon épée que tu vas crever ! »
A ces mots qui sonnaient comme une promesse, il leva son arme au-dessus de sa tête, prêt à frapper. Son regard croisa celui du Loup, et l’animal l’accrocha, le pénétra. L’homme put voir qu’il se passait quelque chose dans ses yeux. En effet les volutes argent et bleu de ses iris semblaient être animées d’une danse démoniaque, s’illuminant de plus en plus.
- *Tu es bien faible pour te faire avoir par une ruse vieille comme le monde, petit chef. *
Ses yeux brillèrent enfin d’une lueur blanche pur qui émana de tout son corps et les aveugla. Des lames de vents bien plus puissantes que celle qui avaient balayé le campement se levèrent, puis s’évanouir dans les ténèbres du bois. Personne n’avait bougé d’un cheveu, sauf pour se protéger le visage de leur bras, mais furent surpris de voir qu’une telle puissance n’avait strictement rien fait.
- « Hahaha ! C’est tout ce dont tu es capable de faire ? Du vent ? » Ce moqua le chef.
- *Justement…* Répondit simplement le Loup en se redressant.
Il fit mine de l’attaquer. L’homme leva son arme et porta un coup visant à lui lacérer le poitrail. Mais la lame ne l’atteint jamais. L’épée vola continuant sa course jusque dans un fourré, son bras partant avec, la main toujours crispé sur la garde. Sa dague tomba également au sol faute de doigt pour la tenir, manquant lui empaler le pied. Sa bouche s’ouvrit en un cri de bêtes blessés qui se perdit bien vite dans sa gorge en râle rauque. Portant désespérément ce qui restait de sa main à la blessure, la dernière chose qu’il vit avant de s’écrouler fut la tête et le buste de Colïn tomber répandant ses entrailles parmi la terre et les feuilles mortes. L’animal se tourna face au dernier homme debout, bien plus coriace que les deux autres. En effet les lames de vent ne lui avait causé que de profondes entailles, dont une au cou à laquelle il portait la main, s’efforçant de ne pas montrer sa peur. Celle-ci aura bien failli lui couter sa tête, tout comme ce pauvre Colïn.
Hérald rugit pour se donner du courage et lança le premier assaut de la torche. La bête l’évita de justesse ne se brulant que les poils au passage. Ses mâchoires claquèrent et parvinrent à se refermer sur le bras de l’homme qui laissa échapper l’objet. Il abattit le pommeau de son épée sur la tempe de son adversaire qui abandonna sa prise en jappant. Sonné le Loup chancela et secoua la tête pour reprendre ses esprits. Le soldat en profita pour le porter un nouveau coup, mais le lame ne mordit que le terre. Hors de lui, il se redressa alors que quelque chose lui filait entre les jambes. Faisant volteface il se retrouva de nouveau face au Loup qui avait retrouvé sa taille, semblerait-il, normal, bien qu’il fût quand même assez gros pour un Loup.

- « Alors tu as enfin atteint tes limites sal cabot ?! » Cracha-t-il faisant siffler son arme.
Une nouvelle fois il ne toucha rien. C’était agaçant de se battre contre du vent ! Les nerfs à vif, il tourna nerveusement la tête pour le chercher quand un appel attira son attention.

- « Hérald toi flanc droit ! » Cria un des hommes qui peinait de plus en plus à maintenir la femme qui se débattait comme un diable.
Hérald pivota, la bête lui fonçait dessus, mais il fut plus rapide. Ce coup là lui tranchera les pattes à coup sûr ! Seulement, le sort voulu que le démon ait encore disparut. Ou peut-être pas, du sang frais ce trouvait sur le tranchant de sa lame, qui se trouvait étrangement alourdis. Levant les yeux, que ne fut sa surprise de voir que son opposant s’y trouvait perché.

- « Maudit ! » Rugit-il en laissant tomber la pointe de l’arme pour le cueillir en vol.
Et toujours rien. Il s’apprêtait à hurler sa colère lorsqu’il sentit du sang couler sur son crâne. Y portant la main il se put que se rendre compte que ce n’était pas le siens. Le souffle chaud qu’il sentit dans sa nuque le fit frémir. Lentement il se retourna pour retrouver le Loup percher sur la branche juste au-dessus lui. Son regard le planta comme des poignards.

- *Il est plus aisé de se mouvoir avec une petite taille face à un colosse comme toi. Je ne disparais pas, c’est toi qui es trop lent. Retourne à Talamh !*
Il y eu un seul hurlement suivit d’un craquement sinistre. Les deux derniers hommes étaient tellement tétanisés qu’ils laissèrent filer leur proie. En effet, face à ce carnage, la jeune femme ne se fit pas prier pour récupérer ses affaires et se remettre à courir, pour la seconde fois.
Le Loup avait repris sa taille disproportionné au moment où il avait porté le coup de grâce à Hérald, sa gueule prenant son crâne en entier et le broyant en un coup de mâchoire comme s’il c’était agi d’un œuf.
Tout leur corps tremblait et leur pantalon s’imprégna de l’odeur âcre de leur urine, tandis que la créature infernale s’avançait vers eux le sang écumant des babines.

La jeune femme courait à en perdre haleine, sans se retourner. La course était son seul salut jusqu’au ce que l’aube ne pointe. Derrière elle retentit des hurlements de terreurs mêlés à des cris de douleurs, lui indiquant que le Loup ne tarderait pas à être sur ses traces.

L’animal laissa son massacre derrière lui sans aucun scrupule pour se lancer aux trousses de sa proie. Il l’avait dit, cette nuit Laibhe ne pourrait rien pour elle, elle pourrait courir il l’a rattrapera. Mais il ne sembla pas évoluer à travers le bois aussi vite qu’il l’aurait voulu. Son corps était lourd, si lourd qu’il avait l’impression de s’enfoncer dans des marécages. Il retrouva sa taille initial contre sa volonté et plus il avançait, plus ses forces le quittait. Bientôt sa personne ne fut plus qu’une douleur. Levant les yeux vers le ciel, il put apercevoir entre les rares troués qu’offraient les arbres qu’il s’éclaircissait. La nuit touchait à sa fin et l’aube ne tarderait pas à poindre. Ses pattes se dérobèrent sous lui, s’empêtrant dans les branchages, il s’écroula. Dans peu de temps des hurlements s’élèveraient de tous les coins de la forêt transformant les lieux en champ d’âme damné. Le Loup gisait sur la terre le corps secoué de spasme de douleur sentant ses organes fondre, son squelette s’étiré et sa chair se déchiré, ses blessures s’aggravant à mesure que la transformation opérait. Ses mâchoires se crispèrent, se refusant de laisser échapper le moindre gémissement, nouant sa gorge. Mais bien qu’il soit Gaoth, l’esprit du vent, juste un esprit, en cet instant il avait des doutes sur ses chances de voir ce jour ce lever. Desserrant les dents il laissa échapper un seul cri perdu entre le hurlement de bête et le cri humain avant de s’évanouir.

- « TAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAALLAAAAAAAAAAAAAAAAAMH ! »
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Lyris
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MessageSujet: Re: Attaque nocturne [terminé]   Mer 23 Fév - 0:00

La nuit noire était seulement éclairée par ses flammes du feu trônant au milieu du campement soldat. Elles semblaient danser macabrement, éloignant ainsi les bêtes sauvages trop curieuses. Mais ce n’était pas une atmosphère détendu qui régnait pour la jeune fille. Là, prisonnière de son pire cauchemar, elle était tendu et anxieuse. Les cris du loup n’avaient pas cessés, et l’avait accompagnés durant toute son évasion, comme pour lui rappeler qu’elle ne pourrait lui échapper. Le combat avait semblé acharné, affolant un peu plus la jeune fille au cœur tambourinant dans sa poitrine. Des cris, des jappements, malgré qu’elle les ignora, chacun se gravait un peu plus dans sa peau, lui donnant des sueurs froides. Elle n’était ni peureuse, ni lâche, mais elle savait reconnaître le danger là où il se présentait. Et les frissons dans le dos ne la laissait pas indifférente… Elle était en danger !

Être tombée sur les soldats n’avaient rien arrangés à sa peur. D’abord la première qui était de perdre sa vertu si indignement… Et la deuxième, la moins cruel et injuste tout de même à ses yeux… Se faire rattraper par le loup ! Elle ne doutait point de l’issus du combat, car elle l’avait bien compris que le loup blanc n’était pas comme tous les autres !
Et maintenant elle se retrouvait au milieu de ce campement, seulement armée d’une dague, sans aucune échappatoire ! Ne pourrait-elle donc jamais profiter de cette nouvelle liberté acquise ? Il semblerait que non… Et pendant que les soldats jetaient des coups d’œil satisfait vers la jeune femme, celle-ci ressassait mille stratégies dans sa tête afin de se sortir de ce guêpier ! Elle était mal partit ! Neuf soldats la surveillaient, déjouer leur vigilance serait une mission impossible.
Elle resserra un peu plus sa cape de voyage autour d’elle, se rapprochant sensiblement du feu, seule barrière contre la menace alentour. Un nœud dans l’estomac se forma. Combien de temps avant sa mort, ou bien même sa remise en petite cage doré ? Elle n’osait même pas y songer, et préféra fermer les yeux. Sa douleur à l’épaule était atroce, et sa fatigue ne cessait de s’accumuler. Elle sentait tous ces muscles se serrer de douleurs, et déjà des traces violettes se dessinaient sur ses poignets meurtris par la brutalité des soldats. Mais cela aurait être pire encore… Jamais encore elle n’avait gouté aux plaisirs de la chair. Pour dire vrai, elle n’avait eu guère le loisir de rencontrer beaucoup d’hommes de son âge lorsqu’elle vivait chez son père, et encore moins d’en fréquenter un. Il avait alors de quoi être dégouté de ce genre de pratique… Elle était encore pour le moins sous le choc, et pour le moment, les hommes ne figuraient pas dans ses petits papiers ! Ils étaient tellement rustres et barbares qu’elle en était dégoutée !

Mais alors qu’elle était recroquevillée près du feu, encore plongée dans ses sombres pensées, un son qu’elle avait déjà entendu, vint raviver sa peur… Il n’était là pas loin, et il guettait. Il avait effectivement gagné contre le jeune loup, et maintenant il venait chercher sa récompense ! Non pas que cela déplaise à Lyris d’être ainsi désirée ardemment, mais elle préférait que cela ne soit pas pour se faire dévorer par la suite ! Tout le monde dans le camp avait sursauté, et Lyris sentait que la bonne humeur des soldats s’était tout d’un coup envolé pour laisser place à de l’appréhension ! Tout le monde était à présent sur le qui-vive, et Lyris qui quelques instants plus tôt était assaillis par la fatigue, se sentait déjà nettement plus réveillée, son instinct de survie prenant le relais. Elle voulut profiter de l’attention générale des hommes vers la forêt, pour s’échapper, mais malheureusement, diversion bien vite compromise lorsque le chef la cita pour son « courage » à entrer dans la forêt une nuit de pleine lune ! Le soldat le plus proche la rattrapa bien vite par la taille, évitant ainsi bien soigneusement, l’astuce que Lyris connaissait pour se dégager lorsqu’elle était saisie au poignet.
Un second hurlement retentit, arrêtant net tout mouvement de la jeune femme. Il était trop tard pour fuir… Tous prirent les armes lorsque leur chef leur intima l’ordre. La poigne du soldat se referma un peu plus sur la jeune femme, tandis qu’il était rejoint par un deuxième afin d’assurer sa sécurité. C’en était trop pour elle ! Sa sécurité ?! Elle l’était dans la fuite ! Elle se débattit comme un diable des bras qui l’enserraient :


« Non, lâchez-moi !! Sales brutes ! »


Mais aucun n’avait d’oreille à ses protestations. Ils étaient tous tendu vers les bois alentours, d’où la menace provenait. Des torches s’étaient allumées çà et là, et la jeune femme priait de tout cœur que cela affole l’animal et qu’il s’échappe. Mais celles-ci vacillèrent vite, lorsque Goath décida de s’en mêler. Et plus elles vacillaient, plus le nœud dans le ventre de la jeune femme se tordait un peu plus. Le feu était leur seule barrière et arme. C’était le meilleur moyen d’éloigner cet animal ! Elle se serait même mit dedans si cela lui aurait permis de lui échapper…

Mais le cas présent était on ne serait-ce plus catastrophique ! Une brise venait de tout souffler sur son passage, poussant par la même occasion, Lyris qui ne tenait plus vraiment bien sur ses jambes, contre son détenteur ! Elle s’éloigna bien vite de lui, comme s’il était frappé par la peste ! Les torches se rallumèrent rapidement, mais pour ce qui était du feu crépitant il y a quelques secondes, c’était à présent une cause perdu… Une épaisse fumée s’élevait, synonyme de la fin de ce dernier rempart. Déjà la panique décimait les rangs, comme une épidémie, touchant chacun des gardes qui criaient à la sorcellerie ! Mais ce n’était pas de la sorcellerie, mais l’une des magies élémentaires, ce qui était pour tout avouer assez étrange ! Même Lyris n’osait pas un mouvement, scrutant des yeux, les ombres, guettant l’attaque de l’animal. Elle redoutait que l’animal ne vienne l’attaquer par derrière. Mais celui-ci fit son apparition de l’autre côté de ce qui était leur feu de camp. Il était toujours aussi magnifique, malgré des tâches écarlate venant souiller son pelage. Son regard acier était posé, menaçant, sur les soldats, le dernier obstacle avant la rôdeuse. Il montrait ses crocs, d’une taille irréelle, s’avança lentement à même le brasier encore chaud. L’odeur que cela produisit souleva le cœur de la jeune femme, tandis que dans les rangs, les soldats commençaient à s’agiter nerveusement. Puis le loup choisit sa cible… La plus jeune recrue, la moins expérimenté et sans doute la plus tétanisé ! Il lui sauta sans pitié à la gorge, ses crocs s’enfonçant dans la chair dans un bruit épouvantable. Sera ranima la hargne de Lyris, se débattant comme un diable pour échapper à ses tortionnaires !


« Vous ne comprenez pas !! C’est le sort qui vous attend à tous si vous restez là ! »


Mais, écoutant leur chef, les soldats ne lui prêtèrent aucune attention, concentrés qu’ils étaient sur ce loup. Le sang écarlate ne tardant pas à se propagé, face à la mort de deux autres hommes. La jeune femme peinait à regarder ce spectacle morbide, sachant qu’elle serait la dernière à y passer sur la liste du loup. Sa raison ne cessait de lui répéter de s’enfuir, loin d’ici, de s’enfuir jusqu’à en perdre le souffle. Ces soldats n’avaient que ce qu’ils méritaient, mais la rôdeuse ne pouvait que reconnaître que leur mort était vraiment horrible ! Seulement, le dernier des soldats, dans sa mort, avait réussi à blaisser le loup, qui sembla enfin faiblir fasse aux assauts des soldats. Mais il était teigneux, et ne semblait pas s’arrêter là dans son carnage. Il se tourna bientôt vers les derniers soldats, qui semblaient chanter victoire un peu trop rapidement. L’animal sembla vouloir retirer l’arme de son flanc, et sembla y parvenir. Du moins partiellement. Mais cela sembla l’énerver plus encore qui dans un premier temps sembla défier du regard le chef des soldats. Mais bientôt des tremblements le prirent, le faisant s’écrouler au sol faiblement. Les muscles de Lyris se relâchèrent malgré elle. Se pouvait-il qu’une partie du cauchemar soit terminée ? En tout cas l’autre ne l’était pas, car malgré la concentration que le chef portait à sa proie, il n’en oublia pas moins à ses soldats de bien la garder. Mais Lyris comme les autres se fit avoir. Un vent violent s’éleva, les obligeant à se protéger. La diversion suffit à ce que deux nouvelles victimes soit ajoutées à ce sinistre tableau. Cela renforça cette rage que Lyris avait à se débattre. Elle griffait, donner des coups de poing, de pied, se laissait pendre de tout son poids pour que l’homme la lâche. Il avait bien du mal, mais tenait bon. Après tout il ne pouvait pas se permettre de l’assommer. S’il rendait cette fille amoché au seigneur El Vadel, il en serait fini de sa vie, là-dessus, le chef de cité avait été bien clair !

Déjà un nouvel homme se présentait à l’animal. Un véritable colosse ! Mais l’animal sembla comprendre la situation, et changea de stratégie. Rapetissant, il privilégia sa rapidité et sa dextérité. L’homme se battit vaillamment, mais ses os craquèrent comme ceux des précédents, lorsque l’animal enfonça une nouvelle fois ses crocs dans la chair. Il ne restait plus grand-chose à présent du camp ! Seul Lyris et ses deux gardes se trouvaient encore debout. Et ceux-ci par miracle l’avait enfin lâché. Elle posa une dernière fois son regard dans celui du loup, et sut à ce moment qu’elle n’avait qu’une seule chose à faire… Fuir, fuir loin avant de se faire tuer comme tous les autres. Et c’est ce qu’elle fit, prenant ses affaires, et s’enfonçant dans les ténèbres de la forêt sans se retourner. Elle était fatiguée, et un point de côté la faisait souffrir, tout comme son épaule ensanglanté. Mais derrière elle s’élevait les cris des deux dernières victimes, lui intimant finalement tant bien que mal à continuer sa course. A quoi bon ? se demandait-elle ? Mais elle tenait à sa vie, plus qu’elle ne l’aurait cru jusqu’alors. Alors elle continuait, se griffant le visage contre les branches basses, ne voyant rien devant elle, mais se relevant toujours pour continuer. Elle était tellement essoufflée qu’elle en était à deux doigts de s’étouffer, ayant grande peine à déglutir. Jusqu’à ce qu’elle n’entende plus que son souffle saccadé, et son propre cœur battre à tout rompre !

Une nouvelle fois ses pieds rencontrèrent une branche au sol, la faisant choir au sol comme un vulgaire sac de pomme de terre. Mais elle n’avait plus la force de se relever. Sa poitrine se soulevait difficilement, brûlant à chaque souffle sa cage thoracique. Elle restait effondrée comme ça, jusqu’à ce qu’elle sente une source de chaleur tout d’un coup sur sa main. Elle souleva de quelques centimètres sa tête du sol, pour voir des rayons d’or s’élever timidement dans le ciel. L’aube était là ! Avec elle disparaissait son poursuivant ! Elle n’osait y croire, et remercia sa bonne étoile, qui lui avait tiré une fière chandelle ! Mais c’est dans le calme de ce levé de soleil qu’un cri perçant vint à nouveau faire sursauter la rôdeuse.

« TAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAALLAAAAAAAAAAAAAAAAAMH ! »

Cela sonnait quasiment comme un cri de désespoir. La rôdeuse se redressa. Elle ne savait pas quoi faire, ni où aller. Avec cette folle péripétie, elle ne savait plus où elle était, et ne savait même plus si elle avait envie d’aller dans la ville, en voyant combien de soldats étaient à sa recherche ! Elle se releva, et pensa continuer son chemin, mais elle ne put s’empêcher de tourner la tête vers la provenance du cri. Elle se demandait ce qu’il avait pu se produire, la curiosité la titillait, et en même temps, la peur, encore sourde, qu’elle avait eu, lui incitait à la prudence. Mais depuis quand elle se transformait en lâche ?! Après tout, plus aucun loup ne traînait maintenant que le jour était levé ! Elle tourna finalement les talons, afin de satisfaire sa curiosité. Elle ne mit pas longtemps à trouver la provenance du cri, malgré le fait qu’elle marchait plus lentement que jamais ! Au détour d’un arbre, elle tomba, littéralement parlant, sur un corps. La chute fut rude, mais après tout elle était habituée à force… Elle se releva tant bien que mal, pour voir à quoi elle s’était heurtée. Ses joues ne mirent pas longtemps à rosir. En effet, devant elle était étendu au sol, le corps d’un homme dans le plus simple des appareils. C’était bien la première fois qu’elle tombait sur pareil spectacle, et sur le coup elle ne put s’empêcher de ressentir de la gêne, malgré le fait que l’individu soit littéralement couvert de sang. Elle s’accroupit alors à côté de l’homme, mettant de côté ses réserves quant à sa nudité. Elle n’était plus une fillette après tout !

En tout cas, il ne faisait aucun doute sur l’identité de l’homme. Et à y regarder de plus près, elle retrouvait les mêmes blessures qu’au loup, bien qu’en y regardant d’un peu plus près, elle ait sous-estimé sous sa forme de loup leur gravité. Une vague de fureur la submergea. Maintenant qu’il était inconscient, elle avait bien envie de régler les comptes ! Après tout, elle était épuisé par sa faute, son épaule saignait encore assez abondamment, elle avait bien failli perdre sa vertu face à des soldats, et pour couronner le tout, elle était dans un état épouvantable, le teint pâle comme un linge !

Elle sortit la dague de son manteau, la lame luisant face aux rayons de soleil qui venait jouer sur sa surface. Elle observa un instant le visage de sa victime. Il ne semblait pas beaucoup plus âgé qu’elle, et pendant un instant la rôdeuse se surprit à se demander qui il pouvait bien être. Après tout, il n’était pas un loup garou ordinaire. Il présentait des caractéristiques étranges, qu’elle n’avait jamais vues nulle part ailleurs. Elle leva sa dague, prête à l’abattre sur l’homme. Il allait payer ce qu’il avait fait. Mais la lame trembla dans sa main. Elle n’était pas une meurtrière comme tout le monde le croyait. Si elle devait tuer, elle voulait que ça soit en dernier recours. Hors là ce n’était pas vraiment le cas. Pour le moment l’homme ne présentait pas le moindre danger. Au contraire, il semblait bien mal en point ! Elle hésita… Il avait tout de même voulu la tuer ! Mais elle détourna les yeux. Elle ne voulait pas s’aventurer sur ce chemin, elle rebaissa finalement le bras avant de se relever, les yeux pleins de rancunes. Non, elle ne le tuerait pas… Elle le laisserait là, à la merci des gardiens. Ils feraient alors ce qu’ils voudraient de lui… Elle s’éloigna alors dans la forêt, sans un regard derrière elle. Mais à chaque pas qu’elle faisait, elle avait l’impression de perdre un peu plus chaque fois son humanité. N’était-ce pas comme si elle le tuait, si elle l’abandonnait ainsi à la mort ? Et puis dans un sens, ne l’avait-il pas délivré de ses soldats (bon même si c’était parce qu’il l’avait pris pour cible mais bon…). Et puis ainsi, ne devenait-elle pas comme celui qu’elle avait abandonné à sa méchanceté, au cœur de la cité mère, Miredrish ?

Elle tourna le regard vers l’individu. Il fallait l’avouer également… Cet homme l’intriguait, ce qu’il était l’intriguait, elle était curieuse de savoir qui se cachait sous ce regard d’acier, et ce pelage immaculé.
Elle soupira.


*Lyris, Lyris, ne fais pas ça… Tu le sais que tu fais une erreur, tu vas encore le regretter !*

Mais sa décision était déjà prise. Elle fit demi-tour pour retourner vers son agresseur. Et oui, c’était tendre le bâton pour se faire battre ! Elle s’accroupit à nouveau à côté de l’homme, et le retourna vers elle. Les cheveux argentés de l’homme venait balayer son visage, un visage si jeune on aurait dit ! Pourtant la jeune femme ne saurait se l’expliquer, elle ne le ressentait pas comme cela. Et au vue de sa manière de se battre, elle n’avait pas détecté cette fougue que l’on peut avoir lorsqu’on était jeune. C’était un homme de taille moyenne, et pour l’avoir nu devant elle, assez bien proportionné tout de même. Elle commença à laisser glisser sa main le long du flanc de l’homme, non pas pour le plaisir de le toucher, mais afin d’estimer la grandeur et la profondeur de la blessure. Il y avait tellement de sang, qu’elle avait du mal à distinguer la blessure en elle-même. Mais bien vite elle se rendit compte de la gravité de celle-ci. Elle se demandait même, comment il pourrait survivre avec une telle blessure ! Mais là n’était pas la question. Elle essaierait de le soigner. S’il ne survivait pas, tant pis, mais elle n’aurait pas le poids de sa mort sur la conscience ! D’autres blessures parcouraient son corps, mais aucunes n’étaient aussi grave que celle au flanc. Elle commença alors à le soigner. Tout d’abord, il fallait un minimum nettoyer les plaies. Il lui restait un peu d’eau dans une gourde. Ses dernières réserves… Après tout, elle pourrait sans doute en récupérer en retournant sur le campement des soldats. Ils devaient bien avoir des victuailles et de l’eau ! Pour ce qui était des pansements, elle n’avait d’autres choix que de sacrifier une partie de son par-dessus (et oui, pour gambader dans les bois, il valait mieux s’habiller avec des vêtements d’hommes !). Les manches en firent les frais, et elle s’attela à nettoyer les blessures de l’homme. Elle ne pouvait pas de faire de bandages pour toutes celles dont était couvert l’homme, mais elle ferait ce qu’elle pourrait. Il était clair en tout cas que la priorité était la plaie béante qui lui trouait le flanc. Et maintenant qu’elle avait nettoyé une bonne partie du sang qu’il avait sur le corps, il lui sembla voir un morceau de lame encore enfoncé dans la chair. Elle ne pouvait pas le prendre comme ça, le seul moyen était sa dague. Mais avant cela, il fallait tout de même qu’elle chauffe la lame… Rassemblant son courage et ses forces, malgré la fatigue qui lui parcourait les membres, elle parvint à réunir suffisamment de bois pour allumer un feu. Le vent semblait enfin s’être calmé, car pas un souffle ne vint faire défaillir le feu… Mauvaise synchronisation… Il aurait fallu qu’il ne souffle pas pendant la nuit…

Elle mit à chauffer la lame dans le feu, profitant de ce temps de pause, pour observer attentivement l’homme. Qu’allait-elle faire une fois qu’il serait réveillé ? Sans doute qu’elle partirait avant… Elle n’était pas sûre de pouvoir contenir la rancune qu’elle éprouvait pour lui, une fois que celui-ci aurait les yeux ouverts… Ces yeux… Étaient-ils aussi froid et glacial que lorsqu’il était sous forme de loup ? Comment allait-il réagir en la voyant ? Non il ne valait mieux pas qu’elle reste, malgré la curiosité qui la dévorait !

Mais la lame devint alors rouge, la tirant de sa rêverie. Elle récupéra précautionneusement la dague afin de ne pas se brûler, et se tourna vers l’homme qui gisait au sol. Elle n’avait pas vraiment envie de faire cela, mais elle n’avait pas le choix. Avec minutie, et priant pour ne pas être maladroite, elle qui l’était tant, dans ce moment important, elle appliqua la lame, afin de faire sortir le dernier bout de lame qu’il restait. Elle espérait seulement que l’homme n’allait pas se réveiller en même temps, sinon il allait passer un sale quart d’heure ! Mais celui-ci sembla ne pas se réveiller. Un bref mouvement, sûrement avait-il dû ressentir quelque chose dans son inconscience, mais cela n’alla pas plus loin. Par la même occasion, la lame chauffée cautériserait la plaie, et empêcherait ainsi le saignement.

Bientôt le petit morceau de lame, vint choir au sol. Elle impliqua ensuite le bandage de fortune qu’elle pouvait faire avec ses vêtements. Elle passa ensuite au reste du corps. Des traces de griffes lui zébraient le torse. Elle y appliqua de l’eau, et essaya de la nettoyer comme elle pouvait. D’autres entailles lui parcouraient le corps. Elle ne pouvait pas faire beaucoup plus que les nettoyer. Quand elle arriva aux brûlures qu’il s’était fait lorsqu’il avait marché sur les braises. En l’absence d’onguent, elle ne put qu’entourer les plaies de bandages mouillés afin de calmer le feu qui devait lui parcourir les membres. Restait encore un énorme hématome qui venait altérer la finesse de son visage. Une fois de plus, elle ne put pas faire grand-chose d’autre que d’humidifier un bandage et lui en entourer la tête avec. La dernière chose… et sans doute la plus embêtante… Elle ne pouvait pas laisser l’homme comme ça, seulement vêtu de… et ben rien ! La seule chose à faire était de retourner au campement des soldats, afin de prendre de l’eau, chose qu’elle n’avait plus à présent, et de quoi couvrir l’homme. En attendant, elle lui laissa tout de même sa cape de voyage. Elle n’allait pas le laisser ainsi, nu comme un ver !

Elle se leva, mais ses jambes n’en décidèrent pas de la sorte. Maintenant qu’elle n’était plus concentrée sur tous les soins qu’elle devait prodiguer à l’homme, son corps criait à la trahison et à la fatigue ! Elle vacilla, pour finalement retomber au sol. Il fallait bien qu’elle s’avoue fatigué pour le moment. Elle ne s’était pas encore occupé d’elle, son épaule était toujours en train de saigner. Il fallait bien qu’elle s’accorde quelques minutes. Elle s’appuya contre l’arbre le plus proche, sa main compressant son épaule pour stopper le flot d’hémoglobine. Mais là fut son erreur fatale. Épuisée, le sommeil ne tarda pas à l’emporter, emportant dans un sommeil agité cette femme au teint pâle. Son autre main fort heureusement, était restée solidement fermé sur sa dague, et bien qu’elle soit épuisée, son sommeil n’en restait pas moins suspendu à l’attente du moindre son.

Le temps passa et le soleil recommença à décliner. Les yeux encore lourd de sommeil de la rôdeuse, commençaient doucement à s’ouvrir sur le crépuscule qui prenait doucement mais surement ses droits. C’est transi par le froid qu’elle finit enfin par totalement ouvrir les yeux…

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Gaoth
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MessageSujet: Re: Attaque nocturne [terminé]   Dim 27 Fév - 0:09

Dans son coma, Gaoth fit un rêve étrange. Il se trouvait au milieu d’une grande rue. De part et d’autre se dressait des habitations de bois, de chaume et de torchis, penchant un peu plus vers la ruelle à mesure que l’on montait dans les étages. L’atmosphère était sombre et tendu, dans la brume apparente se dessinait peu à peu une foule compacte, ce concrétisant à chaque pas. Lui se trouvait au milieu, vêtu d’une simple toge blanche, immaculée, et d’un capuchon lui mangeant la moitié du visage. Autour de lui des gens du peuple, miséreux, malades et affamés, ce retournaient sur son passage ouvrant une voie au milieu de l’affluence. Il apparaissait comme une tâche au milieu du paysage, il n’avait pas sa place ici, et il le voyait bien. Bientôt la foule ne s’écarta plus. Elle se rapprocha de lui comme une armée de mort et ne tarda pas à le submerger. Partout où ils le touchaient, une douleur lancinante lui traversait le corps semblable à une brulure. Sur les toits des corbeaux blancs comme neige croassaient en une cacophonie insoutenable, tandis qu’il s’écroulait sous le nombre. Son vêtement fut déchiré, sa chair arraché… Tout ne fut plus que néant et douleur.

L’homme ouvrit les yeux en proie à une agitation terrible. Il parut qu’il avait dormi tout le jour, car le soleil déclinait déjà, baignant les bois d’une lueur douce et orangé. Son corps lui faisait un mal de chien et dans peu de temps la chose serrait pire. Une boule lui serrait les entrailles et remonta dans sa gorge serré. Il eut à peine le temps de se retourner que le faible contenu de son estomac se répandit sur les feuilles mortes. Il en était si vide, qu’il n’y eu que bile et sang. Quoi qu’un objet ressemblant fortement à un médaillon se trouvait au milieu du rendu de son estomac. Mais Gaoth ne s’en rendit pas bien compte au vue de sa vision qui se brouillait et des maux qui s’accroissaient à mesure que le jour disparaissait. Son dos s’arqua tandis que sa peau se craquait et que ses muscles fondaient. Cette nuit serrait la dernière nuit de douleur, mais certainement la pire compte tenu des blessures infligé à son corps mortel en cette période. La brume envahit de nouveau son esprit et il retomba dans les limbes.

Quand il revint de nouveau à lui, il n’avait plus conscience de là où il se trouvait, ni de son être. Il ne savait plus s’il était allongé ou debout, la tête en haut ou en bas, où était la gauche de sa droite. La tête lui tournait et sa vision était brouillée. Fermant les paupières, il attendit quelques instants, puis les sensations commencèrent à revenir. D’abord la chaleur, puis une odeur humide, une odeur de sang, les sons, le crépitement léger d’un feu, une respiration pour le moins régulière, la vie de la forêt, puis la douleur. Durant son repos de la journée manqué, les lésions les plus superficielles avaient déjà guérit, mais les plus lourdes prendraient certainement plus longtemps. Ses oreilles se dressèrent à l’affut du moindre bruit, sa personne lui répondait de nouveau. Un museau, des pattes, une queue, la transformation avait opéré et il était redevenu Loup. Or, comme tous les autres, il serait un Loup avec une conscience humain, donc aucun risque d’attaque pour cette nuit. Sa première pensée alla pour le Loup noir, mais il n’avait pas la force d’étendre son esprit pour le trouver. Tout ce qu’il espérait c’est qu’il fut en vie. Doucement, l’animal se releva, sa queue battant l’air pour lui donner de l’équilibre. L’âtre de fortune qui avait été allumé commençait déjà à s’épuiser. D’un pas nonchalant, il s’en approcha et prenant des branchages posés à côté dans sa gueule, il entreprit de le réalimenter. Le bandage de sa tête glissa et tomba dans les flammes, soulevant une odeur âcre. Sous forme animal son corps était bien plus fin, par conséquent tous les bandages s’étaient considérablement détendus, lui faisait office de braie mal tenu sur les pattes. Seules celles du poitrail et du flanc semblaient tenir bon.
Perdant son regard froid dans la chaleur des flammes, comme une contemplation divine, égaré au loin dans ses pensées, la fille lui traversa enfin l’esprit. Levant les yeux, il la vit endormit contre le tronc d’un arbre. Endormie… un petit mot. Devrait-on dire évanouie. Son coin empestait le sang et pour sûr, en s’occupant de lui elle ne s’était même pas occupée de sa propre plaie. Bien que sa colère contre elle fût toujours présente, il se devait de lui rendre la pareille. En effet, le Loup avait eu son compte de confrontation jusqu’à la prochaine lune, inutile d’attirer d’autre créature qui ne ferait pas de détail. Gaoth poussa un soupir. Lui qui c’était juré de n’avoir jamais affaire de cette façon avec des humains, il fallut que sa punition soit à la hauteur de sa condamnation !
Se relevant, il alla ramasser le médaillon et le fit glisser dans la bande de son poitrail. Il pourra bien s’en occuper lorsqu’il aura ses deux mains. Il prit la cape de voyage entre ses dents pour la trainer de l’autre côté du camp, prenant bien soin de ne pas faire trainer malencontreusement un pant dans le feu. A pas de velours le Gardien s’approcha et posa sa truffe sur la main inerte de la jeune femme. Elle était blanche et transit de froid. Son corps tremblait de la fraicheur du soir et de la fatigue accumulé tout au long de ses péripéties. Son épaule saignait moins, mais l’hémoglobine coulait encore. Calant sa tête contre son bras, il la fit doucement glisser contre l’arbre jusqu’au sol, ce qui ne la réveillait même pas, bien que l’atterrissage dans le matelas de feuille n’en fut pas des plus doux. Sans vergogne il déchira son pardessus, ressemblant fortement à une loque mité, et sa chemise afin de dégager sa blessure. La salive des Loups était quelque chose de très bien pour faire cicatriser les plaies, mais il ne pouvait se permettre de la contaminer et il n’avait plus d’eau. Tout ce qu’il pouvait faire, c’est un point de compression en attendant de pouvoir récupérer ses mains. De ses griffes il déchira complètement le par-dessus et le positionna comme il put sur la blessure. Gaoth lui jeta ensuite la cape dessus et se glissa en dessous, s’allongeant doucement sur elle afin de lui faire profiter de la chaleur de son corps, mais aussi de sa présence face à un éventuel danger. De ses pattes avant, il appuya en même temps sur la plaie afin qu’elle ne saigne plus.
Un bruissement se fit entendre. La bête leva la tête et vit un mouvement dans les fourrés. Deux yeux jaunes les observaient dans cette position insolite. Le Loup redressa les oreilles, ses muscles se tendirent, près à parer une éventuelle attaque, bien que la perspective ne l’enchantait guère. L’intrus fit seulement une apparition inopinée entre les arbres. C’était une Louve grise aux intentions louables. Il leva la truffe dans sa direction, elle lui rendit son regard dans une conversation silencieuse, puis repartit comme elle était venue dans le silence de la nuit. Soulagé le blanc reposa sa tête sur ses pattes. Ainsi pouvait débuter sa nuit de veille. Mais au fur et à mesure que l’heure avançait, ses paupières se firent de plus en plus lourdes, au point qu’il lui était impossible de les garder ouvert. Il finit par replonger dans un sommeil sans rêve, cette fois ci.

Le lendemain, il fut réveillé par une goutte d’eau sournoisement tombée sur son museau. Ouvrant un œil, puis l’autre, papillonnant pour s’éveiller, il se trouva qu’il faisait encore nuit. Quoi que le ciel commençait à s’éclaircir. L’air était humide et frais, la cape mouillé et le paysage forestier ce nimbait de goutte de pluie. Tout indiquait qu’il n’avait pas fait un temps à coucher dehors cette nuit. Baillant à s’en décroché la mâchoire, il jeta un œil sur sa gauche, le feu était complètement éteint. Il fallait s’en douter. Il commençait à se faire chaud sous la couverture de fortune, et dans pas longtemps il faudrait qu’il songe à décamper pour se retransformer. Mais avant, il devrait retourner au camp des soldats afin de récupérer vivre, eau et vêtement. Gaoth se retira doucement en prenant garde de ne pas déplacer la compresse improvisé ni la cape, et vérifiait qu’elle dormait toujours pour s’éloigner à petit pas.

Lorsqu’il revint de l’ex campement, le jour était levé et il avait repris forme humaine. Il exposa surtout un paraitre bien plus acceptable que la veille, dans son costume d’Aram. L’homme avait passé bien plus de temps à récupérer des habits potable, les moins tachés et déchiré possible, qu’à faire disparaitre les corps et toutes traces du bivouaque. Le pas trainant et boiteux, pied nu dans les feuilles, d’une main il tenait son nouveau pantalon, bleu au couleur de la garde de Miredrish, qui lui tombait bien bas sur les hanches, avec deux outres d’eau, et de l’autre son flanc blessé. Il avait repassé la chemise noir du plus grader, sur laquelle les tâches de sang ne se voyait, fort heureusement, pas. On aurait dit un enfant vêtu des effets de son père dans l’espoir de lui ressembler. Un des désavantages d’avoir une taille plutôt moyenne, on avait plus de mal à trouver vêtement et surtout chaussures à son pied sur des personnes de grande taille. En leur enlevant leur vêtement et les mettant contre lui afin de voir lequel serait le plus à sa mesure, Gaoth c’était demandé s’il ne recrutait pas en fonction de la grandeur. Malheureusement, il n’avait pas trouvé de vivres, les sangliers les ayant déjà allègrement éparpillés.
Il n’était pas allé jusqu’à retourner à l’endroit où il avait combattu le Loup noir, cela lui aurait pris beaucoup trop de temps et l’information de Louve grise apparut cette nuit lui avait suffi. Bien que d’apprendre son âge l’avait atterré.
La jeune femme dormait toujours du sommeil du juste. Cette nuit avait été un peu agité, mais sans gravité. Le corps lourd, l’homme se laissait tomber devant l’emplacement du feu qu’il s’afféra à faire repartir. Et bien qu’il sache parfaitement éteindre un foyer, il savait aussi très bien en allumer un ! Une fois repartit, il porta son attention à la jeune femme. Il eut été plus simple de rapprocher le feu d’elle que l’inverse. Décidément il n’était vraiment pas à ce qu’il faisait ce matin. Se concentrant quelques instants, une brise légère se mis à souffler secouant les branches des arbres et faisant tomber l’eau de leurs feuilles. Le souffle descendit balayant le sol. Une main invisible vint porter le corps de la jeune femme au plus près des flammes afin qu’elle puisse profiter de sa chaleur. Soupirant, il laissa tomber ses mains sur ses genoux et rouvrit les yeux. Il ne prit même pas la peine de se relever, et se traina sur les genoux jusqu’à elle. Il déchira un peu plus sa chemise découvrant sa poitrine masqué par une bande de tissus bien serrer. Le jeune homme ne s’en occupa pas le moins du monde. Des grosses poitrines et des filles plantureuses il en avait vu à la pelle. Alors il n’allait pas s’extasier devant une poitrine moyenne et écrasé qui plus est. Il retira le tissus qu’il avait mis en compresse la veille, le jeta dans le feu et entrepris de nettoyer la plaie. Elle n’était pas très belle, mais au moins elle ne saignait plus. C’était plus pratique avec ses doigts, mais il fallait avouer qu’il était assez doué avec ses pattes. Passant quand même sur sa poitrine, il entreprit à estomper la tache de la bande et commença à panser la blessure en serrant bien. Il déposa une chemise à peu près propre à côté d’elle, ainsi qu’une outre d’eau, et remonta la cape sur elle. Il allait repartir s’assoir un peu plus loin, quand il vit la garde de sa dague pointé sous l’épais tissu. Haussant un sourcil, il jugea préférable de la lui confisquer et de la lui rendre en temps voulu.
Gaoth se laissa tomber par terre comme une loque mais regretta bien ce geste sous la douleur qui monta de son flanc. Il y porta une main en faisant une grimace. Regardant l’arme, il la déposa entre ses jambes en tailleurs, ainsi elle sera mieux à sa portée en cas de besoin.
Le jeune homme soupira et perdit son regard quelques instants dans le lointain du bois, profitant du silence installé dans le lieu à l’écoute du vent qu’il faisait repartir peu à peu. Le bruissement des feuilles, les gouttes qui tombaient en une bruine rafraichissante, le soleil qui réchauffait doucement l’atmosphère et les animaux qu’il voyait passé au loin, non effrayé de leur présence, car il demeurait aussi immobile qu’une statue.
Puis il sortit le médaillon toujours coincé dans ses bandes. Le faisant tourner entre ses doigts, dont les brulures n’étaient déjà plus visibles, il l’observa le regard perdu. Il était de forme ovale, en argent ciselé de motif aussi magnifique que complexes. Un excellent travail d’orfèvre. Prenant un peu d’eau sur un morceau de tissu, il commença à le nettoyer, entreprenant de retirer le sang incrusté dans les interstices du motif finement gravé. C’était un objet très ancien qui avait l’air d’avoir une grande valeur, autant monétaire que sentimentale.
Bientôt, un gémissement vint troubler la quiétude du campement de fortune. Sous la cape, la jeune femme s’agitait. Enfin elle reprenait conscience, sa blessure soigné et sa chemise qu’elle retrouvait complètement arraché et descendu jusqu’au niveau des coudes, mais aussi agrémenté de quelques poils blancs. Gaoth haussa les sourcils et cacha la dague sous son genoux avant lui lancer un regard froid.

- « Bien le bonjour jeune imprudente. » Lança-t-il entamant les hostilités. « Je dois commencer tout de même par vous remercier d’avoir ainsi soigner mes blessures, même si cela me fait mal de le dire. Nous sommes quittes maintenant. »
Il marqua une pause avant de reprendre.
- « Mais je dois vous féliciter, vous avez la mort de neuf homme sur les épaules. Bien que ce nombre aurait pu être plus élevé. » Il ouvrit la bouche pour se détendre la mâchoire et réprimer sa colère. « Le jeune Loup noir n’avait que quinze ans. Quinze ans et une mère malade qui n’a plus que lui. Hier soir une Louve grise nous a rendu visite. Il s’en est sortit mais il s’en est fallu de peu. Les Loups ne se battent jamais ainsi sauf lorsqu’il y a une proie en jeu. Vous êtes un être méprisable de vous croire ainsi au-dessus des lois ! » Acheva-t-il en détachant chaque mot.
Gaoth se releva en prenant bien soin de masquer la dague et de la cacher sous ses vêtements. Il la fixa de haut son regard plus froid que jamais. La brise redoubla d’intensité tandis que sa colère dissimulée montait en lui.

- « Cette nuit vous avez eu de la chance, il ne pourrait certainement pas en être de même pour les prochaines lunes. »
Il regarda le médaillon et le jeta sans aucune considération sur les genoux de la jeune femme.
- « Je crois que ceci vous appartient. Je vais vous laissez vous changer et vous toiletté, il y a de l’eau et une chemise à côté de vous. Peut-être seriez-vous plus à votre aise dans votre prison dorée, les gens y sont mieux payer pour réparer vos erreurs ! » Cracha-t-il avant de s’éloigner à grande enjambé entre les arbres, un peu comme un enfant que l’on aurait contrarié.
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Lyris
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MessageSujet: Re: Attaque nocturne [terminé]   Dim 27 Fév - 4:03

Le sommeil de Lyris fut agité. Elle ne savait plus ou était le rêve de la réalité. Elle sentait son corps lourd, comme si elle tombait dans le vide. Et en même temps tout tournait autour d’elle. C’était le néant, le vide. Autour d’elle le noir complet. Elle se sentait glissé, happé vers les abimes. Était-ce la mort ? Elle avait reçu un mauvais coup mais de là à en mourir… A moins qu’un autre loup soit arrivé et l’ait achevé. Pourtant, elle avait cette pesanteur dans le corps, et le cœur encore plein de doutes… La mort n’était-elle pas censé libérer le corps et l’esprit de tous leurs maux ? Alors elle n’était pas morte… Mais intérieurement elle n’avait pas vraiment envie de se réveiller ! Et puis de toute façon même si elle l’aurait voulu, elle n’aurait pas pu. Sa fatigue était telle qu’elle n’était pas prête à se réveiller. Et puis avec le sang qu’elle avait perdu, elle avait besoin de se reposer. Le froid lui engourdissait les membres, l’empêtrant encore plus dans son inconscience. Elle se sentait partir de plus en plus loin. Et elle continuait ainsi à partir dans un sommeil sans rêve.
Son corps quant à lui était saisit de frisson. Sa peau glaciale devenait de plus en plus pâle au fur et à mesure que la main qui compressait sa plaie glissait et n’appuyait plus dans son sommeil. Sans qu’elle n’en ait conscience, la jeune femme s’était recroquevillée contre son tronc d’arbre, afin de garder le plus de chaleur possible. La température baissait vite sur Haewen, surtout lorsqu’on était à peine couvert comme elle l’était.

Déjà le soleil se couchait, et au prix d’un incroyable effort de volonté, la jeune femme parvint à se soustraire de l’obscurité qui l’enveloppait, pour se réveiller dans une nouvelle qui naissait. Ses yeux encore lourds de sommeil n’arrivaient pas à se poser sur un point fixe. En effet, autour d’elle tout tournait, lui donnant limite la nausée. Elle eut conscience d’avoir terriblement froid. Elle serra un peu plus ses bras contre elle avant de tourner son regard vers son feu, qui avait déjà considérablement baissé depuis qu’elle l’avait fait. Elle réussit à penser qu’il faudrait qu’elle s’en approche pour pouvoir se réchauffer, quand son regard se posa sur l’homme qu’elle avait soigné plus tôt dans la journée. Il était saisi de tremblements incontrôlables, mais pour lui ce n’était pas à cause du froid… Les rayons de la lune qui se levait timidement, commençaient à venir poser leur lumière bienveillante sur son corps. Bientôt parvint aux oreilles de la jeune femme des craquements sinistres provenant du corps de l’homme tandis qu’il changeait de forme. Des poils d’un blanc immaculé vinrent recouvrir sa peau, tandis que son crâne prenait la forme de celui du loup, son museau s’allongeant petit à petit. Puis tout se stoppa, tandis que l’homme, ou maintenant l’animal, avait atteint la fin de sa transformation. Malgré cela, il ne bougeait toujours pas, mais de cela, Lyris ne s’en rendit pas compte. Elle avait déjà replongé dans son inconscience, le peu de force qu’elle avait réussi à obtenir durant son premier sommeil n’étant pas suffisant.

Cette fois des personnes vinrent peupler sa léthargie. Elle était de retour dans sa petite cage, avec comme geôlier son père. Un petit sourire satisfait peignait son visage au regard dur. Derrière lui, se trouvait le cousin de Lyris, le regard avide et content de voir ainsi sa cousine privée de sa liberté.
Un nœud serra le ventre de la jeune femme. Elle se sentait mal, elle avait l’impression qu’on lui avait coupé les ailes permettant de s’envoler. Elle voulait s’échapper mais à chaque fois elle se faisait rattraper, la panique grandissant à chaque tentative. Elle avait l’impression d’étouffer, elle se sentait suffoquer. Sa poitrine se soulevait rapidement, tandis que sa respiration s’accélérait. Sur le visage de la jeune femme se peignit de la terreur, dans cette nouvelle nuit froide.
Et le rêve continua encore et encore, pendant un bon moment, puis elle commença à se calmer, et ses rêves à se dissiper. Son souffle redevint calme et régulier mais ses muscles restaient encore tendus.

Elle se détendit totalement lorsqu’elle sentit dans son sommeil un souffle près de son visage. Le loup… Bien sûr dans son sommeil elle n’avait pas conscience de qui il était, mais son corps au contact de ce souffle, avait réagi tout seul à la présence d’un élément connu, et pour le moins rassurant après toute les péripéties qu’elle avait fait dans son rêve. Puis elle se sentit glisser, ou plutôt tomber, la faisant sursauter dans son sommeil, geste camouflé par sa chute. Celle-ci ne la réveilla même pas. Elle avait besoin de récupérer et surtout elle avait besoin de soins et de chaleur ! Son corps tremblait de plus en plus, et son corps était encore plus étourdi qu’auparavant. Puis un froid plus grand encore vint l’envahir. Son visage se crispa légèrement tandis qu’elle gémissait. Cela la tira de son sommeil. Elle avait l’impression de se débattre au milieu de volute de brouillards, tandis que ses yeux s’entrouvrir pour révéler… une truffe blanche de loup penchée au-dessus d’elle ! Il s’était alors décidé à la tuer ! Elle voulait bouger le bras, ne serait-ce qu’émettre le moindre son de protestation, ou bien même le repousser, mais son bras droit ne réagissait pas, suite à sa blessure, et elle n’avait même plus la force de bouger son bras gauche. Elle referma les yeux. Advienne ce qu’il adviendra, elle avait fait tout ce qu’elle pouvait pour se défendre, mais non d’un chien, elle n’était qu’une simple humaine !! Elle ne pouvait pas lutter contre le destin, qui avait décidé ce soir, de s’acharner sur elle !
Elle replongea dans l’obscurité instantanément.

Elle ne sentit plus rien par la suite pendant un moment. En effet, lorsque le loup se réveilla et lui compressa un bandage contre son épaule, cette pointe de douleur qu’elle ressentait dans toute l’épaule se calma immédiatement, et l’apaisa quelque peu dans son sommeil. Elle pouvait enfin commencer à réellement récupérer. De plus, bientôt vint se rajouter une source de chaleur, et bientôt une deuxième, qui vint combler ce froid qu’elle ressentait depuis qu’elle dormait. Elle se sentait déjà bien mieux, cette source de chaleur l’apaisait totalement. Elle sentait une présence à côté d’elle. Elle ne se doutait pas à ce moment que la présence était plutôt sur elle qu’à côté ! De nouveaux cauchemars virent l’envahir, la faisant sursauter à maintes reprises. Son souffle s’accélérait parfois, pour redevenir ensuite calme. La nuit n’était pas forcement de tout repos pour elle, et ses démons intérieurs revenaient la hantés. De plus ce qui s’était passé la nuit dernière ne faisait pas partie de ses meilleures expériences. La tête des soldats voulant abuser d’elle, défilaient, ensuite couvertes de sang à cause de ce loup étrange. Un carnage, elle le revivait en rêve. C’était même pire maintenant qu’elle le rêvait, le cerveau ayant tendance à restituer parfaitement, et même en pire ce qui se passait. Elle se voyait couverte de sang, du sien, mais aussi de ces hommes qui avaient croisés sa route ! Et ce loup… Il la regardait là, ses yeux acier la fixant de manière à lui dire qu’elle ne lui échapperait pas ! Et cela continua pendant la quasi-totalité de la nuit… Sa respiration redevint régulière, mais sa chaleur corporelle augmentait vite, sans doute même un peu trop à un moment ! Elle émergea quelques peu de son sommeil. Elle n’ouvrit pas les yeux, mais sur elle, elle sentait comme un poids, un poids qui lui apportait une grande source de chaleur. S’appuyant sur le coude, elle leva le bras pour venir effleurer des poils. Poils soyeux et doux. Elle laissa courir légèrement sa main sur le pelage, devinant bien se provenance, avant de laisser retomber sa main au sol, satisfaite. Oui, c’était bête, mais elle avait été curieuse de passer sa main dans les poils du loup lorsqu’elle l’avait vu. Leur blancheur et leur brillance lui avait donné envie de les toucher. Chose faite. Sur ces entrefaites, elle put replonger dans son sommeil, dans un soupir.

Elle ne se réveilla pas lorsque le loup la laissa à sa simple cape de voyage. Tout ce qu’elle vit, c’est se recroqueviller dans sa couverture de fortune et la resserrer autour d’elle afin de conserver la chaleur. Le seul moment où elle ressentit la moindre trace de froid, c’est lorsqu’elle se retrouva soulevé de terre, pour être déposée près du feu. Des frissons l’avaient parcouru tout le corps, mais bien vite la chaleur revint alimentée encore plus par le feu. A un moment, elle sentit qu’on s’occupait de son épaule. Une douleur l’élança dans tout le bras montant jusqu’à sa nuque. Elle bougea dans son sommeil, essayant inconsciemment de se soustraire à ses mains qui la tripotaient et qui lui faisait mal de surcroît ! Mais elle ne bougea pas bien longtemps. Elle commençait déjà à se dépêtrer pour sortir de sa torpeur bien que cela ait été difficile. Bientôt la cape vint de nouveau la recouvrir, ne l’aidant pas vraiment à se réveiller. Toujours les rêves qui l’avaient hantés toute la nuit la guettait pour l’entraîner dans de nouvelles aventures peu au goût de la rôdeuse.

Elle mit du temps à se réveiller, et un gémissement de douleur vint la tirer du sommeil. Avec la conscience, elle prenait de plein fouet l’étendu de sa douleur, autant à l’épaule, qu’avec toute la fatigue qu’elle avait engrangé dans son corps, sans parler qu’elle était griffé sur les bras des multiples branchages qu’elle s’était prise dans sa fuite. Le soleil l’aveugla dans un premier temps. Elle ne savait pas quelle jour ni quelle heure on était. Elle ne savait même plus la date à laquelle elle était partit de Miredrish donc ça n’allait pas l’aider. Elle se laissa quelques secondes avant de se redresser avec une grimace, alors qu’elle avait déjà oublié qu’étant droitière elle allait logiquement s’aider de son bras droit pour le faire… Grossière erreur. Sans doute aurait-elle préféré rester allongé à ce moment-là car un flot de parole et surtout de reproches l’accueilli. Mais le premier problème se révéla lorsque sa cape glissa le long de son buste, la découvrant en tenu peu décente pour une femme. Son visage glissa lentement vers sa poitrine et plus bas sa chemise déchiré, et fatalement sa réaction ne se fit pas attendre. Elle remonta contre elle la cape de voyage en fronçant les sourcils, avant de tourner son regard vers cet homme dont le débit de mot était insupportable dès le matin. Il avait l’air d’aller beaucoup mieux lui ! Il en avait de la chance ! Elle avait cependant repris quelques couleurs durant la nuit.
Elle le toisa quelques instants, et jugea qu’il n’avait fait rien d’autre que la soigner (fort heureusement pour lui… Lyris savait être hargneuse sur ce point-là !).

En revanche, quand la première partie de ce que disait l’homme s’avérait pas trop déplaisant, la suite l’était carrément ! Et plus l’homme continuait, plus ses paroles se faisaient dures. Le vent soufflait également plus fort, de plus en plus fort. La jeune femme retrouvait ce phénomène qu’elle avait déjà remarqué chez le loup. Mais elle n’était pas vraiment concentrée sur ce genre de choses pour le moment. Lyris était loin d’être une fille de bon poil le matin. Elle était plutôt à prendre avec des pincettes ; une ourse à manier sans faire de remous ! Hors là il y en avait des remous, et de sacrés ! Foudroyant du regard son interlocuteur, la jeune femme sentait son sang bouillir. Mais la dernière phrase de l’homme lui fit plus l’effet d’un poignard dans le cœur qu’autre chose ! Dans sa prison dorée comme il disait, elle ne faisait pas de bêtises ! Pourquoi ? La raison était simple, elle n’y avait pas de vie, c’était une poupée, une marionnette qu’on dirigeait comme bon semblait à qui voulait, elle n’avait pas droit d’avoir de volonté, elle n’était que la propriété de son père ! Il croyait peut être qu’il était simple pour elle d’être recherché par tous les pays ?! Qu’il était simple pour elle d’assumer la responsabilité d’un meurtre qu’elle n’avait pas commis ? D’être regardé comme une vulgaire tueuse ? Et encore regardé était un gros mot. Quiconque la reconnaissait, ne voyait en elle que l’argent mis sur sa tête. Elle avait l’impression d’être seule face à tous ! Voilà l’enfer qu’était sa vie. Elle en avait abandonné l’un pour en trouver un autre, mais au moins ici elle avait la liberté de pouvoir penser par elle-même et de faire ses propres choix !

Et comment Lyris allait réagir face à cette situation ? Eh bien quand on blessait Lyris, elle réagissait par l’attaque. Elle se leva précipitamment de sa couche, alors que l’homme commençait déjà à se retourner, laissant tomber à ses pieds sa cape de voyage, et en tenant fermement son médaillon dans la main, sans considération pour sa tenue. Après tout il l’avait vu et même touché, elle n’était plus à ça près ! Elle se pencha pour ramasser l’outre d’eau qui se trouvait à côté d’elle, et la balança de toutes ses forces sur l’homme. Oui bon, ses forces ne représentaient pas grand-chose, mais bon, c’était le geste qui comptait ! Bon ce n’était pas très intelligent vu qu’elle mourrait de soif, mais elle préférait encore ça que retenir sa colère en elle !


« Et vous, vous n’êtes qu’un imbécile ! J’aurais peut-être dû vous laisser mourir sur le sol comme la vulgaire bête que vous êtes ! Après tout après neuf hommes sur mes épaules, je n’en suis pas à un dixième près ! »


Sa voix s’était faite froide et assassine, tandis qu’elle était saisis de tremblements tellement elle était en colère. Elle était même dégoulinante de colère. Qui était-il pour la juger ainsi ?!


« Vous êtes bien misérable de vous croire supérieur aux autres… »


Elle chercha du regard la dague, qu’elle se souvenait pourtant avoir gardé dans sa main. Mais rien… Elle n’était pas là. Elle ne doutait pas alors que ce fut cet homme qui lui avait prise. Bien… Qu’il la garde et qu’il se plante avec, elle n’en avait cure ! Elle prit précipitamment ses affaires et s’éloigna entres les arbres pour aller se calmer et se changer.
Quel idiot celui-là !


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Gaoth
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MessageSujet: Re: Attaque nocturne [terminé]   Dim 27 Fév - 20:16

La jeune femme n’avait pas soufflé mot pendant sa déclamation hargneuse. Mais même s’il s’en moquait éperdument, il pouvait bien sentir la colère monter en elle. Sans doute que les torts était partagé. Oui, ça ne faisait aucun doute… Tous deux étaient dans leur préjudice mais aucun ne le reconnaitrait. Il l’entendit se lever précipitamment de sa couche, ses bottes piétinant les feuilles avec rapidité. Quelque chose siffla dans l’air et vint le frapper mollement entre les omoplates. L’éclaboussure qu’il reçut sur son vêtement lui indiquant que c’était l’outre qui avait volé. Décidément il n’était pas au mieux de sa forme, car il était rare de pouvoir l’atteindre de la sorte. Il rentra la tête dans les épaules au moment du choc et poussa un juron. Ce fut au tour de la jeune femme à présent d’expectorer sa colère.
- « Et vous, vous n’êtes qu’un imbécile ! J’aurais peut-être dû vous laisser mourir sur le sol comme la vulgaire bête que vous êtes ! Après tout après neuf hommes sur mes épaules, je n’en suis pas à un dixième près ! »
Visiblement elle non plus n’était pas du matin et les reproche de si bonne heure ne la réussissaient guère. Ses mots étaient durs, mais il ne put s’empêcher de rire. Même s’il avait bien cru mourir de ses blessures, la chose était totalement impossible. L’espace d’une seconde, les pensées de la jeune femme lui traversèrent l’esprit dans un moment d’inattention avant que sa dernière phrase ne fuse.

- « Vous êtes bien misérable de vous croire supérieur aux autres… »
L’homme se mit à rire de plus bel. Supérieur aux autres il l’était. Il était supérieur à tous les êtres de cette île et pour sûr. C’était bien grâce à lui si cette petite impertinente pouvait lui balancer des objets au visage. Si elle savait qui il était réellement, ce serait certainement la crise cardiaque ! Mail il était dans son intérêt de garder le silence là-dessus. Si jamais la chose venait à ce savoir ce serait une véritable chasse aux sorcières ! Tout le monde ce demanderait comment un Gardien, l’être en lequel les Haewens placent toute confiance, celui qui doit assurer la protection de l’île et de ses habitants, ait pu devenir une des créatures, sans doute des plus dangereuse de l’île ? C’est bien pour son excès de laxisme à l’égard du peuple, ou plutôt pour l’insignifiance qu’il lui porte qu’il en était arrivé là. Non, personne ne devait savoir, bien que ce ne soit pas la première, ni la dernière fois dans l’histoire des peuples qu’une divinité n’éprouve aucun intérêt pour les siens.
Il se retourna alors qu’elle s’éloigna à grand pas entre les arbres, la chemise à la main, comme une tornade.

- « Misérable je lui suis certainement, mais je suis réellement supérieur aux autres, si tu savais… » Marmonna-t-il pour lui-même.
Gaoth serra son flanc et mettant une main au-dessus du sol, il fit venir la gourde jusqu’à lui, pour éviter de se baisser puis avança dans sa direction bien décidé à l’accompagner. Mais il s’arrêta à l’endroit où elle c’était endormis la veille comme s’il prenait soudainement conscience de ce qu’il faisait. Il n’allait quand même la suivre comme un gosse, parce qu’elle lui avait balancé l’outre dans le dos tout de même ! Quel âge il avait ?! Quoi que cette question fut bien bonne, car cela faisait bien longtemps qu’il avait arrêté de compter. La laissant s’éloigner un peu plus loin, il la regarda partir jusqu’à ce qu’elle se dérobe à sa vue derrière un érable.
Poussant un soupir, il croisa les bras et s’appuya contre le tronc lui tournant le dos. Il ne sut pourquoi, mais il ne put s’empêcher de repenser à cette nuit, où il avait dormit sur elle afin de lui faire profiter de sa chaleur corporelle, en cette froide nuit. Dans son sommeil il avait senti la main de la jeune femme dans ses poils comme une enfant curieuse. Une sensation nullement désagréable. Il se surprit à passer sa main sur son épaule, là où c’était glissé la sienne durant la nuit. Interloqué, il regarda cette main comme elle ne lui appartenait pas et le coinça sous son coude comme si elle possédait sa propre conscience. Semblait-il que cette solitude qu’il avait lui-même choisit lui montait à la tête ! Bien qu’à une époque reculée il en fut autrement… Il secoua la tête pour s’éclaircir les idées et se pinça le nez entre le pouce et l’index. Mais bientôt ce fut les évènements de la nuit précédente qui s’imposaient à son esprit comme une réminiscence. Comme s’il fut amnésique à ce moment-là. Il avait été facile d’accuser la fille de la mort des gardes parce qu’elle avait violé l’arrêté d’Astan. Mais c’était lui, et uniquement lui qui avait choisi de leur donner la mort. Désormais tout était clair. La capacité la plus dur à assumer pour un Gardien, et surtout à contrôler était bien celle ne lire les esprits. Et c’est ce qu’il c’était passé la nuit dernière. Il les avait senties dès le moment où il avait posé les yeux sur eux. Ces pensées qui avaient assaillit son mental d’animal démoniaque, bien plus vulnérable en période de nouvelle lune. Des pensées vils, inimaginable. Le plus gradé, dont il portait la chemise et qui avait péris sous sa lame de vent, le lancier nommé Gilles, le colosse Herald, ces trois-là avaient femme et enfants, un devoir, une famille à laquelle ils devaient amour et fidélité. Et pourtant la seule présence d’une femme avait éveillé en eux les instincts les plus primaires, tout comme les cinq autres. Les militaires étaient certainement les personnes les plus abjectes qu’une nation pouvait porter. Tout ce qu’ils désiraient en la voyant c’était tremper leur nouille ! Ce vider les couilles ! Certain avait même imaginé plus d’une façon de lui faire le plus mal possible en y prenant un maximum de plaisir. Non, ce n’était nullement pas sa haine pour cette femme qui l’avait poussé à les massacrer dans cette infâme boucherie, afin de l’atteindre par la suite. Mais ce fut ces pensées qui l’avaient rendu fou ! Ils méritaient de mourir ! Mais ce gosse, ce pauvre gosse qui avait péris en premier sous ses crocs. Ce n’était pas la présence d’un Loup de taille démesuré qui l’avait tétanisé, mais le simple fait qu’il était brisé. Brisé par ces personnes dans lesquels il avait placé sa vie, sa confiance ! Brisé par ces humiliations répété, ces bizutages, ces viols parce qu’il était jeune. Pour lui c’était un suicide, il avait ressenti sa mort comme une délivrance.
Gaoth se laissait glisser le long du tronc en proie à ses souvenirs dont il ne pouvait se défaire. C’était de SA faute, SON choix ! Ils méritaient la mort ! Les Haewens avaient accusé le peuple Nentit de les avoir pervertit par leurs idéaux extrémistes, leur mode de vie individualiste, mais ils étaient exactement pareil. Tous les êtres vivants quel que soit leur race se ressemblait tous, les Haewens n’échappaient pas à la règle, bien qu’ils soient détenteurs de la magie, cela ne les rendait pas plus sage. Leurs pensées les révélaient.
Mais ce jeune Loup noir ? Pourquoi ? Pour finalement la protéger ? Ou seulement parce qu’il avait décidé que lui aussi méritait de mourir ? L’instinct sauvage ? Le gout du sang ? Le Gardien ne voulait pas de réponse. Bien qu’il n’en soufflerait pas un mot à la jeune femme, il admettait ses torts.
Le jeune homme remmena ses genoux contre son torse comme pour se protéger du monde extérieur, et se pris la tête entre les mains. Dans ce moments de vulnérabilité, il fut assaillit par toutes les pensées de tous les êtres peuplant l’Oileain. Le noyant dans un flot de cacophonie insoutenable, n’apportant à ses oreilles qu’un monceau d’ineptie incompréhensible, bien que des bribes ce faisait claires par moment. Il eut l’impression qui allait devenir fou. Il voulait qu’ils se taisent ! Qu’ils taisent leur esprit ! Qu’ils s’en aillent ! Le souffle s’intensifia comme si une tempête ou une tornade se préparait. Une boule serra sa gorge, comme lorsque l’on retient ses larmes alors que l’on a une envie folle de pleurer. Se mâchoire se desserra libérant un cri de rage.
Au même moment, une violente lame de vent traversa la forêt, secouant les arbres, emportant feuilles et branchages mort. Les animaux fuirent et allèrent se terrer en lieu sûr, tandis que les oiseaux s’envolèrent par nuer. La lame traversa le camp et alla s’écraser trois mètre plus loin sur un arbre centenaire, qui vola en éclat. Sa cime encore intacte allait s’effondrer sur un jeune chêne qui s’écroula sous le poids, complètement déraciné, dans un grand fracas.
Gaoth rouvrit les yeux et leva les yeux. Les voix s’étaient tus et le calme régnait de nouveau dans son esprit. Appuyant sa tête contre l’écorce, il respira une grande goulée d’air et portant une main à son visage, entreprit d’essuyer le sang lui coulant du nez et de la bouche. Une sensation désagréable l’envahit alors. Cette sensation qui était présente depuis la guerre du feu, et qui avait pris tous les Gardiens. Une sensation de faiblesse et d’impuissance. Comme si le fait de ne pas pouvoir prendre leur véritable forme originelle les amoindrissait. Maudit soit les hommes et leur vanité !
S’aidant de l’arbre, l’homme se releva avec quelques difficultés et se dirigeant vers les affaires de la jeune femme d’un pas trainant. Le feu était encore éteint, à croire que ça devenait une habitude chez lui ! De toute manière il n’avait plus vraiment d’utilité, car la chaleur de saison commençait déjà à s’installer. Derrière lui, il entendit les pas précipités de la jeune femme, alerté par le bruit des arbres déraciné et de son cri. Cela aussi devenait une fâcheuse habitude de la faire rappliquer à cause de ses hurlements. On aurait dit un gosse et une mère poule.
Faisant comme si de rien n’était, et ignorant les regards interrogateurs qu’elle semblait lui lancer, il s’afféra à ressembler ses effets. Ce ne fut qu’en cet instant qu’il consentit enfin à répondre à ses piques de tout à l’heure.

- « Tout le monde est libre en ce bas monde. Mais la véritable liberté n’est pas à la portée de tous. » Commença-t-il, secouant le cape afin de la débarrasser des feuilles et de la terres qui la recouvrait. « Vous, Lyris El Vadel, vous ne serez jamais libre. Sans cesse poursuivit par votre père, par les gardes, les chasseurs de primes et tous ces pauvres bougres rêvant d’une vie meilleurs avec la récompense que vous leur apporterez. Mais là je ne vous apprends rien. »
Il replia la cape qu’il laissa tomber sur la sacoche de Lyris, avant de s’accroupir devant l’ex foyer et de reprendre en lui tournant toujours le dos. Il savait qu’elle l’écoutait.
- « Rien qu’en portant ce nom vous ne serez jamais libre. Il vous faudrait faire des sacrifices. Changé d’identité, changé d’apparence, vous fondre dans la masse, faire partit du décor. Quand vous passerez devant un avis de recherche la tête haute et le visage découvert, et que personne ne vous reconnaitra, ce jour-là seulement vous serez libre. Pour l’heure, votre corps profite de l’air extérieur mais votre esprit est toujours dans cette chambre dénué de vie, seule dans une aile froide. Quand vous en sortirez, votre vie commencera. »
Gaoth pris plusieurs poigné de terre et enterra les branches calcinés. Il se redressa tout en se tenant toujours le flanc et consentit enfin à la regarder en face, mais l’accueillit avec un regard des plus glacial, dans lesquels dansait la véritable et la plus pur liberté.
- « Ramassez vos affaires, je vous conduirais à Galedriwyn où votre fidèle Ballazuc vous attend. En partant maintenant, nous arriverons en début de soirée. »

Le cheminement à travers la bois jusqu’à la cité se déroula dans le plus grand calme et sans mauvaise rencontre. Quoi que, quand bien même elle lui aurait parlé, le Gardien n’aurait rien entendu, car il avait complètement fermé son esprit pour ne profiter que du silence et de la quiétude du lieu. Tous deux avançaient à bon rythme, malgré leurs blessures et les pieds nus du garçon. En ce qui le concernait, il n’y avait plus que la plaie de son côté qui l’accablait encore, mais demain ce ne serait plus qu’un mauvais souvenir.
Le soleil entamait sa descente derrière les montagnes lorsqu’ils entamèrent le monté qui les mènerait au sentier de bois. Posant ses pieds dessus, Gaoth fit pianoter ses orteils afin de les dégourdir puis reprit son chemin vers la cité. Seul le bruit des bottes de la jeune femme se faisait entendre sur les lattes du sentier, comme s’il n’y avait qu’elle qui marchait dessus. Arrivé à cinq mètre des portes, il s’arrêta définitivement.

- « C’est ici que nos chemin s’arrête. A l’avenir, ne vous aventuré plus dehors par nuit de pleine lune, ou bien établissez-vous dans un arbre haut avec un bond matelas de mousse bleue. Elle couvre les odeurs. »
Il tourna la tête vers elle pour lui jeter un regard froid par-dessus son épaule.
- « J’espère n’avoir jamais à vous revoir… » Lâche-t-il pour tout mot de fin avant de quitter le sentier. « Ou peut-être dans d’autre circonstance. » Souffla-t-il, avant de commencer à s’enfoncer dans les bois d’un pas lent en direction du Sud.


Dernière édition par Gaoth le Lun 28 Fév - 22:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Attaque nocturne [terminé]   Lun 28 Fév - 19:42

La colère avait totalement envahi la jeune femme. Il avait touché au point sensible, là où ça faisait mal ! La plaie ne s’était jamais refermée. Elle saignait autant de fois qu’elle croisait des soldats, des pancartes de recherche, et toute personne ayant un rapport avec sa famille. Chaque fois qu’on prononçait son nom, qu’on l’accusait d’être une meurtrière, on lui assenait un nouveau coup de poignard ! Et voilà qu’en plus on lui reprochait d’être sortit de sa prison dorée. C’était dit avec une telle hargne, une telle haine ! Que lui avait-elle donc fait pour qu’il lui souhaite quelque chose d’aussi cruel ? Et puis le plus important de tout ça, comment savait-il autant de choses sur elle ? Son visage avait beau être connu dans le pays entier, peu de personne savait de quoi il en retournait vraiment ! Voilà qui ajoutait un nouveau mystère à cet étrange individu ! Après tout il semblait déjà connaître pas mal de chose sur elle, mais elle ne connaissait absolument rien de lui ! Un inconnu comme elle en avait croisé d’autre, bien qu’il ne fût pas tout à fait pareil.

La gourde qu’avait envoyée Lyris n’atterri pas où elle l’avait souhaité, ni avec la force voulu ! A la base elle visait la tête… Ce serait peut-être pour une prochaine fois ! Cela éclaboussa en tout cas les vêtements de l’homme, qui au moins s’arrêta. Il allait pouvoir l’écouter comme ça ! Elle avait même réussi à lui faire échapper un juron ! Bien… Elle allait peut-être le faire se dérider !
Quoiqu’il en soit, elle put sortir ses répliques acérées, déversant sa bile colérique contre lui. Mais sa seule réaction fut de rire aux paroles de Lyris. Qu’y avait-il de drôle, elle se le demandait, car regretter de ne pas avoir laissé mourir quelqu’un n’était pas quelque chose dont on pouvait se réjouir ! Elle voulait qu’il se déride mais sans doute pas de cette façon… C’était si… déplacé, voire même hors contexte ! Comment pouvait-il rigoler après tout ce qui s’était passé ! Il était à la fois inhumain, mais également pitoyable aux yeux de Lyris. Le traité de misérable ne fit qu’accroître son rire. Il se moquait d’elle ou quoi ?! Des larmes de rage montèrent aux yeux de Lyris. Ses sentiments prenaient facilement le pas sur le reste. Elle était peiné, vexé, elle avait mal à l’épaule, la colère grondait en elle, et de surcroît cet homme lui faisait la leçon en jouant sur la corde sensible ! C’était le pompon ! Il valait mieux qu’elle s’éloigne plutôt que de faire un geste qu’elle pourrait regretter par la suite.

Avec ses affaires elle partit plus loin, ses bottes craquant sur le bois séché sans qu’elle ne fasse le moindre effort pour être un peu plus discrète. Elle n’était pas d’humeur. On pouvait dire qu’elle s’était levée du pied gauche, cet individu l’avait embêté dès son réveil, ce qui était une fort mauvaise idée. Elle jeta bien un coup d’œil derrière elle, et fut bien étonné que l’homme semblait la suivre. Il n’allait quand même pas la regarder se changer !! Bon il avait vu une bonne partie de ce qu’il y avait à voir, mais tout de même, il ne fallait peut-être pas pousser la chose trop loin ! Mais au détour d’un arbre, il ne semblait plus la suivre. Tant mieux ! Elle ne voulait pas se le coltiner encore plus ! Elle avait besoin d’être seule pour le moment. Ce n’était pas très intelligent d’avoir envoyé la gourde sur cet homme… Ah non qu’elle ne regrettait pas de lui avoir lancé quelque chose sur lui, mais elle aurait bien aimé se débarbouiller. Elle le ferait donc à son retour… Enfin si cet imbécile ne serait pas partit avec !

Elle commença d’abord par retirer sa chemise. Elle était foutue. Des traces de sang la maculaient, et puis elle était déchirée à de multiples endroits ! Et puis elle était d’une saleté exorbitante ! Encore une chose qu’il faudrait qu’elle change ! Elle eut un peu de mal à la retirer. Elle n’était pas vraiment libre de ses mouvements à cause de son épaule. Et puis les bandages étaient bien serrés… Mais à force d’obstination, celle-ci se retrouva au sol. Elle entreprit ensuite d’examiner (enfin) sa blessure. Mais le bandage était bien fait, elle ne voulait pas gâcher le travail de ce CHER inconnu… Elle souleva de quelques centimètres la bande de tissus. Pour le peu qu’elle vit, ça n’avait pas l’air reluisant ! Elle allait garder une cicatrice, de cela elle en était sûre ! Et elle n’en était pas franchement ravie ! Se souvenir de cette soirée où elle avait failli passer de vie à trépas, et où cet homme –si charmant- lui avait fait la leçon n’était pas ce qu’elle préférait. Elle resta un moment immobile pensant soudainement aux conséquences d’une attaque de loup… Heureusement, il ne l’avait que griffé, car s’il l’aurait mordu cela aurait été une autre affaire ! Elle se surprit même à sourire à cette idée. Si c’était arrivé qu’aurait-elle fait ? Bien sûr qu’il existait un antidote, mais il fallait déjà qu’elle puisse se l’approprier ! Et puis comment son père aurait réagi s’il apprenait que sa chère, très chère fille se transforme en loup ? Il ne l’aurait sans doute pas supporté, lui et sa pureté de sang, sa lignée parfaite… Quelle douce vengeance cela aurait été ! Mais de cela il ne fallait même pas compter, il aurait très bien été capable de la mettre à mort ! La porte ouverte à tous les ennuis !

Elle soupira. Au moins sa blessure n’aurait pas d’autres fâcheuses conséquences que de lui laisser une cicatrice… Quelle idée qu’elle avait eu d’aller dans la forêt un jour de pleine lune ! On l’avait pourtant prévenu ! Mais avait-elle vraiment le choix ? Elle ne pouvait se permettre de rester en ville, c’était trop dangereux pour elle ! Et puis rester à Miredrish le temps de la pleine lune s’avérait également dangereux, et elle n’avait au final pas tort quand elle voyait que des soldats avaient été envoyés à ses trousses. Avec toutes les précautions qu’elle prenait, elle n’était jamais à l’abri du regard des gens, et de leurs dénonciations ! Cette fois sa témérité avait bien failli être fatale ! Elle soupira de nouveau, tandis qu’elle enfilait en serrant les dents la chemise que l’homme lui avait généreusement fourni. La chemise lui était trop grande. Il fallait s’en douter, elle n’était pas bien large la demoiselle…

Elle venait à peine de venir d’enfiler sa chemise, qu’un ramdam vint la tirer de sa réflexion. Qu’est ce qui se passait, elle l’ignorait, mais autour d’elle le vent soufflait sans cesser un instant, des lames de vent venant secouer la cime des arbres et faire fuir toute trace d’animaux. Puis au bout de quelques secondes tout redevint silencieux. Méfiance était le maître mot… Mais chez Lyris c’était plutôt le mot curiosité ! Elle ne tenait pas en place, elle se demandait ce qu’il se passait. Elle ramassa sa chemise en hâte et retourna au campement. Ce qu’elle y vit l’arrêta net. Un arbre avait été fracassé net, et dans sa chute en avait déraciné un autre ! Si ça n’était pas invraisemblable alors qu’est-ce que c’était ?! Et au milieu de tout ça se trouvait l’homme. Il se relevait du sol, mais apparemment cela s’avérait être un exercice difficile… Qu’est-ce qu’il avait bien put faire exactement, Lyris l’ignorait. Mais elle vit des traces de sang estompés encore sur le visage de l’homme. Il semblait quelque peu désarçonné. Cela changeait de sa froideur ! Bien que la jeune femme se fut habituée à ce genre de trait de visage… Elle ne fit aucun commentaire, bien que pleins de questions se bousculaient dans sa tête. Et la première était… qui était-il donc ?!

Bien qu’il l’ait sans aucun doute vu, il ne lui porta pas la moindre attention, comme si rien ne s’était passé. Mais ça, Lyris n’était pas prêt de l’oublier ! Elle avait une très bonne mémoire, et hélas pour l’homme, elle était très rancunière ! Cette soirée allait rester longtemps dans sa mémoire, et elle allait faire ravaler ses paroles à cet inconnu. Sa fierté ne lui permettait pas de laisser passer pareille chose ! Il allait connaître Lyris El Vadel sous un autre jour que celui de la fille de riche capricieuse ! Car du caractère, ça elle en avait ! Et plus qu’il n’en fallait même !
L’homme commença à rassembler les affaires de Lyris, avant de commencer à parler. Un vrai moulin à parole pour ainsi dire ! Au moins il semblait s’être calmé ! Par contre ce qu’il prononça comme parole fut loin de calmer la jeune femme. Pourquoi lui parlait-il de liberté, pile ce à quoi elle aspirait. Et pourquoi la mettre face à quelque chose qu’elle connaissait déjà ? Elle le savait plus que bien que la liberté n’était pas à la portée de tous ! Elle avait pu faire cette amère constatation le jour où elle s’était enfuie de chez elle. Elle avait peut-être acquéri la liberté de ses choix, mais son nom la menottait, son visage la freinait et surtout son cœur lourd d’incertitude, de peine et de rancœur lui pesait comme un boulet traîné à son pied. Elle se sentait les mains liées en un lien si fort qu’elle ne pouvait s’en défaire. Car elle se le disait bien, tant que son père la ferait rechercher, elle ne serait jamais libre, et ne trouverai jamais le bonheur. Elle ne pouvait se fixer nulle part, s’attacher à quelqu’un était de fait totalement impossible ! On ne pouvait pas appeler cela une vie…

L’évocation de son nom provoqua un mouvement de recul chez la femme. Comme pouvait-il le connaître ? Elle ne se rappelait pas l’avoir déjà rencontré, elle s’en serait souvenue tout de même ! Il n’était pas quelqu’un qu’on pourrait oublier si facilement que ça tout de même ! La rôdeuse avait beau se retourner les méninges, elle ne parvenait pas à mettre de nom sur cet homme, ni à déchiffrer ses intentions. Il connaissait son identité, qui sait ce qu’il voulait faire d’elle ? La méfiance de la femme s’accru tandis qu’elle regardait l’homme épousseter sa cape de voyage. Elle, n’avait pas bougé d’un centimètre, préférant garder de la distance avec elle. Elle n’avait jamais aimé les personnes en connaissant tant sur elle !
Il lui tourna ensuite le dos, ce qui n’était pas si mal que ça. Surtout vu ce qu’il s’apprêtait à lui dire. Une vérité qui faisait mal. En attrapant sa liberté elle devrait laisser derrière elle, une partie d’elle-même. Elle devait tirer un trait sur son passé et son parcours jusque-là. Mais elle n’était pas prête pour ça. Elle se connaissait si peu. A brider toute opinion et toute volonté dès l’enfance elle était devenu pour elle-même un mystère qu’elle tentait d’éclaircir un peu plus chaque jour. Et c’était un travail de longue haleine…


Mais ce qui lui donna le coup de grâce lui parvint comme un coup qu’elle n’avait pas vu venir :

« Pour l’heure, votre corps profite de l’air extérieur mais votre esprit est toujours dans cette chambre dénué de vie, seule dans une aile froide. Quand vous en sortirez, votre vie commencera. »

Son visage perdit le peu de couleur qu’elle avait récupéré. Elle se sentait comme épié, comme si on avait violé l’accès à ses pensées et ses peurs les plus profondes. Comment pouvait-il savoir des choses si intimes à ses pensées ? Elle croisa ses bras, ses mains serrant ses bras contre elle, comme si cela pouvait la protéger contre cette intrusion de l’esprit. Son regard se perdit dans le vague, lorsqu’elle repensa à cette demeure vide de toute chaleur humaine. Quand elle jouait petite, c’était toute seule, quand elle se couchait, c’était aussi toute seule, quand elle mangeait, de même… Seule les servantes lui avait tenu compagnie. Enfin c’était un bien grand mot, elles s’occupaient surtout à veiller qu’elle ne fasse aucune bêtise. Ça ne risquait pas, vue toute la surveillance dont elle était garnie !

Elle sortit de ses pensées quand l’homme se retourna vers elle et planta son regard dans le sien. Encore cette froideur. Ça lui rappelait un peu cette pièce vide dont il avait parlé. Le fait qu’il connaisse également le nom de son cheval et son emplacement, n’étonna même plus la jeune femme. S’il connaissait des choses aussi personnelles sur elle, connaitre le nom de son cheval ne devait être qu’une formalité !
Elle le dévisagea un instant se demandant si elle allait le suivre. Après tout, avec tout ce qu’il venait de lui dire, elle n’était pas persuadé que lui faire confiance était la meilleure solution. Mais elle pourrait toujours aviser en chemin. Si seulement elle avait encore sa dague, cela aurait été plus simple ! Sans émettre le moindre son, elle vint s’accroupir vers ses affaires. Voyant que la gourde avait retrouvé sa place initiale, elle en profita pour s’hydrater. Elle mourrait déjà de soif, et le fait d’avoir élevé la voix contre cet individu lui avait encore plus asséché la gorge. Elle en profita par la même occasion pour mettre de l’eau dans sa main, et débarbouiller un minimum son visage. Elle la rangea ensuite soigneusement dans sa sacoche, sans oublier son médaillon, avant de mettre le tout sur son épaule, et de remettre sa cape de voyage. Quand elle se redressa pour faire face à l’homme, ce n’était plus une Lyris pâle et songeuse, mais une femme décidé au visage calme qui planta son regard dans le sien.


« Bien. Je vous suis alors. »


Ce fut la seule parole qu’elle prononça jusqu’à Galedriwyn. Leur cadence de marche était assez rapide. L’homme semblait bien connaître la route sur laquelle ils procédaient. Lyris le suivait tant bien que mal. Non pas que la cadence était trop élevé, mais surtout qu’elle butait parfois sur des branches, ce qui rendait sa vitesse de marche parfois irrégulière. Dans un sens ça l’arrangeait, celle-ci se trouvant parfois un peu en retrait de l’homme, elle pouvait ainsi commencer son inspection. Non, elle ne regardait pas le postérieur de l’homme pour se rincer l’œil… Elle n’était pas de ce genre voyons… Et puis de toute façon le pantalon était trop large pour qu’elle puisse distinguer correctement ses formes…
Il semblait marcher normalement. Enfin, aussi normalement que pouvait marcher un homme pied nu dans la forêt et blessé au flanc. Non, elle ne devait pas se trouver là… Pour s’en assurer, elle effleura la chemise de l’homme comme si de rien n’était lorsqu’elle revint à sa hauteur. Rien ici… Bon, où est-ce qu’il pouvait bien l’avoir mise ? Elle continua à marcher tout en se posant la question mille et une fois. La faim qui lui tenaillait le ventre ne l’aidait pas beaucoup à réfléchir. Ca faisait le troisième jour qu’elle était à jeun, ça commençait à faire beaucoup non ? Surtout après les journées de marche qu’elle faisait. Mais elle tint quand même le coup jusqu’à son arrivée à Galedriwyn. Bon entre temps elle n’avait toujours pas trouvé où se trouvait la dague. Le seul endroit qu’elle pensait susceptible de l’abrité ne la cachait pas…

L’homme s’arrêta avant d’arriver devant les hauts murs de la ville. Il l’avait bien conduit comme promis à Galedriwyn. Lyris reconnaissait la ville où elle avait laissé son cheval peu de temps auparavant. Son compagnon de voyage se tourna vers elle, pour lui donner quelques recommandations. Décidément, il était très pédagogue, bien qu’un peu dur dans ses paroles sans doute… Puis il ajouta qu’il ne souhaitait plus la revoir. Cette fois ce fut Lyris qui avait envie de rire, bien qu’elle ne le fit pas. Comme si elle voulait le revoir ?! Et puis il ne manquait pas de culot à lui faire la leçon puis partir comme ça. Mais pas le choix, c’était le moment d’être « gentille » afin de récupérer sa dague. Il n’allait quand même pas partir en lui volant son seul moyen de défense. Alors qu’il commençait à partir, elle s’élança derrière lui :


« Attendez… »

Elle le saisit par la manche pour le retourner vers elle, quand elle sentit quelque chose de dur en dessous. Elle aurait dû y penser pourtant ! Mais pour le moment, un autre problème se posait. En cours de chemin, la botte de la jeune femme avait rencontré un obstacle, précipitant la jeune femme, contre l’inconnu et les envoyant tout deux au sol. Ce n’était pas tout à fait l’effet escompté de la jeune femme, et se retrouver sur lui l’était encore moins. Mais c’était le moment de changer la mise. A peine avaient-ils touché le sol, qu’elle avait glissé sa main dans la manche de l’homme et récupéré son bien, pour le brandir sous la gorge de celui-ci. Enfin seulement, elle se permit le luxe de se décoller un peu de l’homme, pour s’accroupir au-dessus de lui. Elle n’avait pas oublié non plus qu’il était lui aussi blessé, son intention première n’était pas de le blessé plus encore. Elle n’avait pas réfléchis non plus qu’elle n’allait pas s’arranger en fouillant comme ça l’homme…

Quoiqu’il en soit, maintenant c’était elle qui était en position de force, et elle comptait bien en profiter. Elle planta son regard on ne peut plus sérieux sur l’homme avant d’abattre la sentence :


« Bien. Maintenant on peut discuter… »

Un petit sourire vint s’afficher sur son visage tandis que son regard devint carnassier.


« Qui êtes-vous ? Qu’est-ce que vous êtes exactement, et ne me faîtes pas croire à un simple loup, je ne suis pas assez stupide pour le croire ? Et surtout, comment savez-vous autant de chose sur moi ? »


Clair, concis et direct ! On ne pouvait pas faire mieux en l’occurrence ! Elle attendit ainsi sa réponse, bien campé sur ses pieds, sa dague fermement serrer entre sa main.

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MessageSujet: Re: Attaque nocturne [terminé]   Mar 1 Mar - 18:37

La jeune femme ne dit pas un seul mot depuis le départ du camp, ainsi Gaoth pouvait profiter pleinement de la nouvelle quiétude de son esprit. Il marcha bien plus souvent seul devant qu’à même hauteur qu’elle, ce qui ne lui déplut pas d’ailleurs. Il ne prit pas non plus la peine de regarder de temps à autre par-dessus son épaule afin de vérifier si elle le suivait toujours, ou si au contraire, elle avait fini par s’écrouler de fatigue et de faim. Le Gardien était un être associable et extrêmement maladroit avec les gens lorsqu’il était forcé de cohabiter avec eux. Elle avait pu en faire les frais, mais ce n’était pas maintenant que cela allait changer ! Mais à mesure que le temps passait, elle n’avait pas besoin d’ouvrir la bouche pour le déranger. En effet, il pouvait sentir son regard se posé sur lui avec une certainement insistance, comme si elle cherchait quelque chose en lui. L’homme détestait cela bien qu’il ne le montra pas le moins du monde. Les femmes sont des personnes perfides exploitants la moindre faiblesse, aussi minime soit-elle, pour l’accroitre au centuple. Alors non, il ne le montrerait pas !
Gaoth était vraiment une personne à l’image de ce qu’il était. L’insondable, l’insaisissable, l’invisible…. L’homme détestait que l’on touche, qu’on l’observe, qu’on l’analyse. Il n’aimait pas attirer l’attention et se plaisait à demeurer invisible aux yeux de tous. Les gens vivent dans leur bulle. Tout ce qu’ils voient sont les seules choses qu’ils veulent bien laisser entrer dans leur bulle, ou qui s’imposent à leur bulle. L’homme savait exploiter cela à la perfection. Tant et si bien qu’il pourrait danser la Gigue sur les mains au milieu de la foule ou en plein Siège, personne ne le remarquerait. C’est une des choses qui le rendait libre, il passait inaperçu. Sous forme matériel, cela va de soi. Or, pour son plus grand malheur, il semblait que la seule chose que sa compagne de route temporaire voulait faire rentrer dans sa bulle fut lui, et seulement lui.
L’homme grogna, mais fit passer ça pour un pied ayant heurté une branche tombée. Il accéléra le pas. Plus vite seraient-ils arrivés, plus vite il serait débarrassé de ce regard. A un moment, elle remonta à sa hauteur et sa mâchoire se crispa. Il fit un écart alors qu’il sentit ses doigts effleurer son vêtement et accéléra de plus bel. Il ne savait pas ce qu’elle faisait, mais cette attitude l’agaçait au plus haut point !

Gaoth s’octroya un soupir de soulagement en posant ses pieds sur le chemin de bois, bien que cela fut fort désagréable pour des pieds nus. Son soulagement fut plus grand lorsque les murs de la cité se dessinaient enfin dans le lointain. Arrêté à cinq mètres des portes, il pouvait voir la rue principale qui s’illuminait de brasero, ainsi que les fenêtres des chaumières. Enfin il était débarrassé de la compagnie de cette femme, bien qu’il aurait pu prendre la tangente au moment où elle se changeait, si son esprit le lui avait permis. Or il en avait fait autrement. Après quelques recommandations, sans doute inutile, car elle était bien une tête de mule qui n’en faisait qu’à sa tête, l’esprit quitta le sentier pour enfin retrouver sa solitude. Mais le froid d’un pommeau contre son coude lui rappela qu’il avait peut-être oublié quelque chose. Enfer et damnation ! La tête en l’air qu’il était ! Pensant qu’à partir, il avait complètement oublié de lui rendre sa dague ! Maintenant il pouvait bien le faire, il ne craignait plus rien. Ou presque… Il déboutonna le poignet, qui lui avait permis de la retenir, et ralentit le pas. Il ouvrit la bouche pour le lui dire, mais il n’eut pas le temps de se retourner qu’elle fut plus rapide que lui. Lui demandant d’attendre, elle le rattrapa par la manche. L’homme se retourna et leva le bras pour se dégager, mais le sort voulu qu’elle perde l’équilibre, buttant dans une des lattes de bois. Quelle empoté… Gaoth tendit un bras pour la rattraper par la hanche, mais son propre mouvement ne lui permis pas d’avoir un bon équilibre, et n’ayant rien pour se rattraper lui-même, elle l’emporta dans sa chute. Le reste de la scène se déroula bien vite. Son séant n’eut même pas le temps de toucher le sol, que la sournoise glissa une main dans son vêtement pour récupérer son dû.

L’atterrissage fut rude pour son dos, un ou deux cailloux devait se trouver là, et son flanc n’apprécia guère non plus. L’homme grogna quand elle lui atterrit dessus. En ouvrant un œil, que ne fut pas sa surprise de se retrouver avec la lame de la dague sous la gorge, un grand sourire satisfait affiché sur les lèvres de Lyris. Il leva les yeux au ciel en poussant et soupir, et finit par laisser tomber sa tête dans les feuilles. Quitte à se faire menacer par une emmerdeuse qui n’avait bien que sa beauté pour elle, il pouvait bien se mettre à l’aise. Se décollant de son corps, elle s’accroupit au-dessus de lui visiblement contente d’elle.

- « Bien. Maintenant on peut discuter… » Dit-elle, son regard changeant du tout à tout.
- *Comme si elle avait eu besoin d’attendre cette opportunité pour ça…* Pensa-t-il avec amertume.
Les yeux carnassiers qu’elle lui planta soudainement avec insolence ne faisaient pas remonter l’estime qu’il avait pour elle. C’était bien une faible femme pour attendre de parvenir à maitriser un homme dans le but de lui faire la discussion.

- « Qui êtes-vous ? Qu’est-ce que vous êtes exactement, et ne me faîtes pas croire à un simple loup, je ne suis pas assez stupide pour le croire ? Et surtout, comment savez-vous autant de chose sur moi ? »
Un véritable lance pierre il fallait dire ! Remarque que Gaoth avait pas mal parlé lui aussi, mais ça c’était sa maladresse face aux gens qui voulait ça. Il poussa un soupir aussi long que son souffle le lui permis à ce moment. Visiblement elle était assez stupide pour ne pas avoir trouvé toute seule ce qu’il était, en plus d’un SIMPLE Loup. Parce que le mot simple était bien bas. Quoi qu’il en soit, si elle croyait qu’elle pourrait le maitriser si facilement, elle pouvait bien se mettre le doigt dans l’œil jusqu’au coude ! Sans crier gare, il se redressa d’un coup, et comme prévus elle se recula pour remettre de la distance entre eux. Son poing était bien serré autour de la garde de l’arme, mais il connaissait un truc qui la lui faira lâcher immédiatement. Dans le même mouvement, il attrapa sa main et enfonça fortement son pouce dans le muscle interosseux dorsal, sur un point précis, proche du tendon extenseur. L’effet fut immédiat, elle lâcha son arme sur le coup. De sa main libre, il brisa sa garde pour le moins inexistante et la referma sur sa gorge. De ses pieds, il la balaya en frappant sur la rotule. Il n’eut pas besoin de taper bien fort, car il connaissait pas mal d’endroit du corps où on pouvait faire mal sans le moindre effort. Visiblement la jeune femme, quant à elle n’en connaissait qu’un. Gaoth l’esquiva in extremis et la fit basculer sur le côté. En l’espace d’une seule seconde, il avait retourné la situation à son avantage et bloqué la jeune femme. Relâchant son cou, il retint ses bras écarté appuyant bien au même endroit de ses deux mains, sans aucune considération pour la blessure de son épaule. Lui par contre n’avait eu aucun scrupule à s’assoir sur elle, coinçant bien ses cuisses avec ses genoux, comme lorsque l’on monte à cheval.
Enfin il pouvait souffler, et elle, elle ne risquait pas de bouger de sitôt ! Il fallait dire que la vision était mieux de haut.

- « Vous avez été assez stupide pour croire que vous m’aviez maitrisé d’une simple dague sous la gorge. A croire que c’est une habitude pour vous de me tomber dessus. On voit bien que vous n’avez jamais mis les pieds dehors ! Qui plus est à cinq mètre de la ville. Il m’aurait suffi de crier pour alerter la garde et plus jamais vous n’aurez vu la lumière du soleil. » Railla-t-il en appuyant un peu plus sur ses main.
Marquant une pause, il en profita pour souffler un moment et repris.

- « Vous ne savez même pas vous battre et vous prétendez vouloir partir à l’aventure ! Vous avez appris à menacer quelqu’un à coup de rouleau à pâtisserie dans les cuisines ou à force de regarder votre canasson botter ? Vous êtes la plus mauvaise des farces à vous toute seule ! Je me demande bien pourquoi le maitre Marphil vous a confectionné une de ses merveilles. Vous risquerez plus de vous blessez vous, que votre adversaire ! Jamais vous ne tiendrez un jour de plus, je suis prêt à le parier !»
Son ton était plus froid que jamais et d’une dureté sans équivoque. Peut-être trop, mais là ça allait trop loin. Comment voulait-elle pouvoir survire un jour de plus de cette façon-là ? Mais ce n’était plus son problème. Pour lui il était grand temps de partir et de la laissé se débrouiller seule.
- « Pour finalement satisfaire votre curiosité, vous êtes réellement la pire des idiotes d’avoir eu besoin de le demander pour comprendre qui j’étais. Je suis Gaoth l’esprit du vent. »
Cette dernière phrase faillit bien franchir ses lèvres, mais il parvint à les contenir. Qu’est-ce qu’il lui prenait ? Sans doute avait-il envie d’être lui-même, comme il l’avait toujours fait. Car au contraire d’Aigéan, jamais il ne c’était encombré de pseudonyme, restant honnête avec lui-même. En pas qu’avec lui-même, car comme elle avait pu le constater une nouvelle fois, il n’avait pas peur de l’être avec les autres. Mais cette fois-ci, il utilisa un nom de substitution. Et pas n’importe lequel. Comme cela fut courant plusieurs années après l’époque des douze, il emprunta le nom de la première dame d’Afaym, Hevra Dénèbe, épouse de Marcus Rovse.
- « Comme je connais votre nom part cœur, je vais vous donner le miens. Je me nomme Dénèbe et je suis tout simplement un Loup et un fils du vent. Mais ça, vous auriez pu le découvrir par vous-même. »
Sur ces derniers mots, il desserra délibérément son emprise sur les mains de la jeune femme. La réaction fut prévisible d’avance. Son poing partit rapidement, mais elle ne frappa que du vent. La douleur de la blessure de l’homme n’étant plus qu’un souvenir, il avait pu se dématérialiser sans peine dans un rire sarcastique. N’ayant créé aucun lien avec ses vêtements empruntés – d’ailleurs il n’y tenait pas, souhaitant éviter les problèmes – ce fut la seule chose que la jeune femme garda de l’homme sur elle.
Au loin dans la forêt, un Loup aux yeux gris et d’une blancheur immaculé observait une jeune femme seule dans sa détresse. Levant la gueule vers les étoiles, il poussa un hurlement avant de disparaître.
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MessageSujet: Re: Attaque nocturne [terminé]   Ven 4 Mar - 13:52

Topic terminé, ne pas déplacer pour le moment.

Suite de ce post dans les Rue de Galedriwyn, "Une pêche miraculeuse !"
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Attaque nocturne [terminé]
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