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 Une pêche miraculeuse!

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Lyris
Humain
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MessageSujet: Une pêche miraculeuse!   Mar 16 Nov - 19:27

Galedriwyn, milieu de matinée.

Les rues étaient déjà jonchées de monde à cette heure avancée de la matinée. Le temps était clément, le continent semblait s'être réchauffé, et l'astre solaire dispensait ses doux rayons pour réchauffer le cœur des habitants de la ville. Tous étaient déjà au travail. Certains au barrage, d'autre aux fourneaux, d'autre dans la construction... Chacun avait sut trouver sa place dans cette ville au dirigeant pour le moins assez... fou.

Tous avait leur place... Tous sauf une personne. Une femme, chevauchant un étalon gris pommelé. Une personne qui pouvait passer inaperçu. Après tout rien ne la différenciait des autres. Son cheval avait bien des caractéristiques d'un cheval couteux, mais somme toutes, ni l'habillement et ni la façon de se comporter de cette jeune femme n'éveillait les soupçons. Elle était même discrète, traversant la ville sans s'arrêter à la moindre échoppe.

Cette fille, ce n'était autre que la fille El Vadel. La fugitive... La recherché par son père, son terrible père qui n'avait pas une once de sentiment bon envers elle! Elle se retrouvait à fuir ses détestables intentions, voulant donner sa main à son cousin, qui lui, n'avait vraiment rien de bon!
Non, la fille El Vadel n'était pas du genre à se laisser faire. Ou du moins plus maintenant. Au début elle pensait que sa bonne conduite changerait les sentiments de son père à son égard. Mais elle découvrit bien vite que son cœur était de glace, et qu'il n'y avait aucune place pour elle à l'intérieur!
Elle était maintenant privée de tout par sa faute! Elle avait perdu sa vie, ses quelques amis qu'elle était parvenu à se faire, et même sa liberté! Sa tête était maintenant mise à prix! De l'argent... Voilà ce qu'on gagnait en la rapportant vivante à son père! Maintenant quand les gens la voyait, ils voulaient soit gagner l'argent à la clé pour sa capture, ou bien elle suscitait la peur pour une crime qu'elle n'avait commis...

Voilà à quoi se résumait son quotidien. Elle n'avait même plus de bien matériel, à part son cheval qu'elle avait réussi à négocier tant bien que mal avant son départ de la cité principale d'Haewen. S'arrêter dans une auberge? C'était impensable! Ses nuits, elle les passait à la belle étoile, avec la forêt pour la cacher aux yeux de tous. Elle n'avait même pas le moindre sous sur elle, se rapprochant plus maintenant au rang de pauvre, que de princesse de Miredrish! Elle en était réduite à voler de quoi se nourrir pour pouvoir subsister.

C'était pour cela qu'elle se trouvait à Galedriwyn se jour-là. Au sud de Miredrish, elle espérait gagner un temps de répit dans cette ville où elle n'avait jamais mit les pieds! Elle pensait qu'au moins ici personne ne la reconnaîtrait.
Tout de même, par mesure de précaution, la jeune fille avait rabattu le capuchon de sa cape de voyage sur son visage. Elle avait apprit à être sur ses gardes, sa main posée discrètement sur le manche de sa dague. Son cheval avançait d'un bon pas. La culotte de la jeune fille, permettait pour elle une meilleure assise sur son cheval, les vêtements féminins étant peu pratique à son genre de chevauché.
Son regard noisette se posait sur chaque habitant de la ville. Elle enviait leur vie de tranquillité. Ils n'avaient pas à fuir continuellement... Peut-être travaillaient-ils dur, mais entre fuir et travailler, la jeune fille avait vite fait son choix...
Mais l'heure n'était pas aux regrets, elle se trouvait toujours en ville, l'endroit n'était pas sûr. Mais alors que son regard se posait sur des soldats discutant gaiement un peu plus loin, Goath eu le caprice de laisser filer une douce brise, qui prit par surprise la jeune femme. La capuchon retomba mollement sur ses épaules, laissant découvrir son visage à la foule.
Il y eut comme un arrêt dans le temps. S'assurant que les soldats ne regardaient pas dans sa direction, elle voulu rabattre le bout de tissu sur son faciès, mais c'était trop tard. Elle s'en aperçu lorsque le visage de la sentinelle se décomposa avant de crier à l'intention de ses camarades. Trop tard pour se faire discrète, il fallait fuir pour la jeune fille. Elle lança alors son cheval au grand galop, alors que ses poursuivants montaient déjà sur leur propre monture.

La poursuite continua dans toute la ville, le nombre de soldats ne cessant de croître. Les sabots martelaient les pavés de la ville, la jeune fille tournant la tête de temps en temps pour juger de la distance qu'il y avait entre elle et ses poursuivants. Mais ce geste la mena à sa perte. Un soldat au sol l'attendait un peu plus loin, profitant que son attention se porte derrière elle, il tendit sa lance au moment où elle passait, celle-ci la heurtant de plein fouet, la précipitant violemment au sol. Elle se retrouva encerclé, étant elle-même à moitié assommée, et menacée par les armes des soldats.


"Halte-là sale gamine! On va te ramener à Miredrish..."


Le regard sauvage de Lyris se posa sur le visage de l'homme qui venait de parler. Il ne faisait que son travail, mais comme elle pouvait le haïr à ce moment!
Il s'approcha une corde à la main, avec la ferme intention de lui ligoter les mains. Mais la garce n'était pas du genre à se laisser faire sans rien dire. Se débattant sauvagement, ils durent se mettre à trois pour la maintenant en place. L'un deux eu même droit à une belle trace de morsure au bras. Cela valut d'ailleurs à la jeune femme, une gifle retentissante au visage,
avant que les soldats ne l'entraînent sans ménagement vers leur monture, sous les cris et les coups tant bien que mal de la femme.

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Saphir
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MessageSujet: Re: Une pêche miraculeuse!   Jeu 3 Fév - 15:36

Saphir se trouvait maintenant à Galedriwyn à la recherche d'une hors la loi, elle qui n'était qu'avant une simple guerrière nomade se retrouvait maintenant à la tête de plusieurs gardes pour capturer une simple fuyarde. Elle se demandait encore si c'était une bonne idée d'avoir accepté cette mission, elle ne savait pas pourquoi mais elle sentait qu'il y avait quelque chose de louche dans tous cela, pour que le Roi lui-même lui confit cette affaire, elle ne trouvait pas cela normal. Saphir se disait qu'il était bien plus concerné par cette hors la loi que tous ces mercenaires qui rôdent ici et là.

Elle était assise derrière un bureau de bois, les pieds sur la table, soupirant d'ennuis, Kira lui était couché à ces côté, remuant doucement sa queue. Décidément, elle qui pensait que son grade temporaire pourrait lui donner un peu plus d'action que l'accoutumait et bien maintenant, elle le regrettait vraiment. Vivement que tout cela soit terminée pour qu'elle puisse rentrer chez elle et continué son entraînement.

Flash Back :

Saphir était dans la cour de sa maison à couper du bois pour la cheminée. En revenant de l'un de ces longs voyages, elle avait décidé de faire le grand ménage. C'est pas parce que c'était une guerrière qu'elle ne savait pas tenir une maison comme il se doit. Hache en main, elle fendait les morceaux de bois les uns après les autres après que cette corvée serait terminée, elle partirait à la chasse avec Kira pour le dîner de ce soir, un gros gibier fera l'affaire comme ça, elle sera tranquille pour plusieurs jours au moins.

C'est alors qu'elle entendit des galops venir dans sa direction. Elle se demandait qui cela pouvait bien être, elle n'attendait personne, du moins personne ne venait la voir, surtout lorsqu'elle était de retour chez elle. Au lieu de tirer des conclusions trop attive, elle décida d'attendre leur arrivée.

Elle vit trois gardes sur leurs chevaux, d'après leur uniformes, ils devaient venir de Meridrish. Mais pourquoi venaient-ils la voir ? L'un d'eux s'approcha d'elle, le regard hautain et la dévisagea des pieds à la tête. Déjà, cette attitude ne lui plaisait guère, s'il continuait comme ça, il allait finir au sol martelé de coups pour lui apprendre les bonne manière.

- Vous êtes bien la guerrière Lencloss Saphir ?

- Oui c'est moi.

- L'éminent dirigeant de Meridrish voudrait discuter avec vous.

Le dirigeant ? Mais pour quel raison ? Saphir était un peu perdue, c'était bien la première fois qu'un tel personnage désirait la rencontrer, elle, une simple guerrière. La curiosité l'emporta et elle accepta l'invitation. Elle alla prendre ces armes et monta derrière sur le cheval d'un des gardes, juste derrière lui, elle le sentit se crisper un moment puis la jeune guerrière fit signe à son tigre de la suivre. Ce dernier se releva tout en s'étirant et une fois que le garde donna l'ordre à son cheval d'avancer, Kira bondit pour les suivre.

Une fois arrivée dans l'immense demeure du dirigeant, Saphir regarda partout impressionné par tant de grandeur et de richesse. Décidément, cette demeure lançait des appels aux vols, elle remarqua du coin de l'oeil, un garde qui roupillait sans aucune gêne, en passant à côté de lui, ce dernier se redressa, la regardant d'une manière peu convenable, Saphir reconnu l'odeur du vin, bien qu'elle ne déteste pas cela, elle trouvait que si tôt le matin cette odeur donné des nausée.

Entrant dans la grande salle d'audience, elle vit un homme de grande stature, le regard sévère et froid, la scrutait, en bonne femme du peuple, la jeune guerrière s'agenouilla pour lui présenter ces respects.

- Alors c'est vous, la populaire Lencloss Saphir surnommé la Guerrière Sauvage. Vous êtes bien différente de ce que je m'imaginais.

- Les rumeurs exagère toujours Excellence. Pourquoi m'avoir demandé ?

- Modeste avec ça. Je vous ai fais appelé car, une hors la loi des plus dangereuse menaçant la paix dans ma cité est en fuite. Et j'ai bien peur que cette fuyarde ne cause plus de mort sur sa route. J'aimerai que vous soyez en charge de sa capture, je la veux vivante afin qu'elle soit jugé pour ces crimes.

Un peu perplexe, Saphir osa lever les yeux vers cet homme qui malgré toute cette grandeur ne la mettait aucunement en confiance, son instinct de guerrier le lui disait mais après tout, son père lui disait souvent que parfois leur instinct n'était pas fiable et qu'il pouvait se tromper à nombreuse reprise.

Saphir se releva lentement et le regarda droit dans les yeux, bien que cette mission soit un honneur, elle pensait que faire appel à elle, était plutôt étrange.

- Avec tout le respect que je vous dois. Pourquoi moi ? Vos gardes feront bien l'affaire.

- Je comprends votre attitude mais mes gardes n'ont pas votre expérience. Vous êtes l'héritière d'une longue lignée de guerrier, vous n'abandonnez jamais contrairement à certain de mes gardes qui en ont assez de courir après une bourrasque tel que cette hors la loi. Je vous le demande pour le bien de mon peuple.

Saphir ne pouvait refuser, si quelqu'un venait à être tué encore, elle s'en voudrait jusqu'à la fin de sa vie pour avoir refusé cette mission importante. Elle scruta le regard froid et d'un simple hochement de tête, elle accepta.

Fin du Flash Back .

- Je commence vraiment à m'ennuyer. Il n'y a rien de bien palpitant à commander des gardes qui ne sont même pas capable de trouver quelqu'un.

Kira leva la tête en lâchant un léger grognement puis la reposa sur ces pattes avant. La jeune femme haussa un sourcil face à la paresse de son compagnon de voyage félin. Elle soupira encore, lorsque de loin, elle attendit des pas pressé venir dans sa direction, la porte s'ouvrit en grand devant un garde essoufflé, elle le regarda attendant qu'il lui dise la raison de sa présence.

- Des gardes ont réussit à capturer la hors la loi, ils vont arriver.

- Et bien, il était temps.


Saphir se leva mettant ces armes sur elle arrangeant aussi sa longue natte, elle entendit déglutir le garde, elle se retourna vers lui pour savoir ce qui lui prenait, elle remarqua deux rougeurs sur ces joues légèrement mâte. Kira se leva à son tour et la suivit de près jusqu'à la sortie.

Du haut des escaliers, poings sur ces hanches, Saphir attendait l'arrivée des gardes, elle entendit au loin des cris, peut-être celle de la prisonnière qui essayait vainement de se débattre. A leur arrivée, Saphir s'approcha d'eux, sourire léger sur les lèvres.

- Je vous envois en patrouille et vous me venez avec la hors la loi. Et bien, vous avez eu un coup de chance. Bien comme récompense, vous aurez quartier libre jusqu'à demain. Qu'on nomme d'autre garde pour la surveillance. Vous emmenez la prisonnière au cachot. Et soyez sur vos garde apparemment c'est une vrai sauvage.

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Gaoth
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MessageSujet: Re: Une pêche miraculeuse!   Mar 29 Mar - 21:40

L’esprit se dématérialisa dans son dernier chant à la lune, s’élevant vers la voute étoilé. Les blessures de la veille n’était plus qu’un vague souvenir dont il ne porterait nul cicatrice. Ce qui, bien sûr, ne sera pas le cas de tous. Porter par sa brise, il prit la direction d’Astan, de la vieille ville plus précisément, afin de récupérer ce qu’il avait sciemment abandonné sur place.
Arrivé en ces lieux, tout était calme. La noirceur de la nuit envahissait tout, seule la lune éclairait faiblement le bois de sa lueur blafarde. L’homme se matérialisait à l’endroit où il s’était trouvé quelques jours plus tôt. C’était le pend d’une ancienne maison de pierre que le lierre s’afférait à recouvrir, effritant le mur bien trop vieux pour supporter sa force. Plusieurs chaines avaient été scellé dans les pavés, mais aucune n’avaient pu remplir sa fonction. Une gerbe de sang s’ajoutait à ce décor, comme si un crime affreux y fut perpétré. Comme si la personne avait littéralement éclaté. Bien sûr, ce n’était que le théâtre d’une transformation douloureuse, appel au sang et au meurtre de la géante des cieux. Le visiteur détourna les yeux de la scène. Il n’était pas là pour se remémorer un acte vain, mais bien pour récupérer ses effets. Car paraitre nu comme un ver était un luxe qu’il ne réservait qu’aux emmerdeuses de premier choix !...

Galedriwyn, au petit matin. Les rues étaient encore calmes et l’on pouvait aisément profité du silence ambiant. Ce qui ne serait plus le cas dans quelques heures. Le jour pointait à peine derrière les montagnes, moment entre chien et loup où jadis, on pouvait voir les Dragons s’élever en balais majestueux pour caresser les nuages. Tableau magnifique sachant donner lieu aux plus belles balades pour les esprits poétiques les plus fertiles. L’homme était rentrée dans la ville par la porte nord donnant sur la forêt, là on l’on pouvait encore profiter du ciel et des rayons du soleil, car la chose est moins aisé à mesure que l’on se rapproche du barrage. On discernait le bruit des déferlante d’eau, se mêlant à la vie forestière, ce qui rendait le lieu agréable. Mais dans peu de temps, l’inconnu solitaire ne serait plus le seul à arpenter les rues, des volets commençant à s’ouvrir çà et là. Les Galedrois s’éveillaient et la vie de la ville avec eux.

Botte de cuir à revers au cirage sombre, passée par-dessus un sarouel de lin noir. Chemise de coton blanc à manche bouffante au poignet fermé par des boutons de bois. Capuchon de laine légère sombre tombant sur les épaules et mangeant tout son visage. Seul deux yeux argent brillaient dans la pénombre de son habit. Personne ne remarquait cet homme qui déambulait au milieu de l’allée, là où se pressait les riches figures, bien qu’il soit habillé de vêtement de dessous. Il avançait sûr de lui parmi la foule, sans craindre les regards furtifs de la sentinelle qu’il sentait sur lui. Il était un fantôme au milieu d’âme damné, et pourtant un enfant l’avait remarqué. Ce fut sans doute ses armes, insolites, pendant à son baudrier de cuir, voisine d’une sacoche solidement fermé. Des armes d’un argent brillant attirant le regard tel une pie voleuse. Le gamin tira sur la main de sa mère et pointa un bras dans sa direction. Mais la jeune femme n’y prêta aucune attention, trop occupé sur sa liste de course à effectuer. Un léger sourire flotta sur ses lèvres.
L’homme n’aurait su dire pourquoi il se trouvait là, peut-être aurait-il dut rester auprès du jeune homme blessé ? Non… Entre les mains d’Aigéan il ne risquait plus rien. Alors, surement que son sadisme voulait vérifier ses propos de la veille ? Toujours dehors ou entre les mains des soldats ? C’était certainement pour ça. Il se surprit à afficher un sourire narquois, après tout, il s’en fichait pas mal.
Un peu plus loin l’agitation régnait au milieu de la foule et des bruits de sabots attirèrent son attention. Dans la cohue général, une voix s’éleva plus forte que les autres.

- « Arrêté ce maudit canasson ou écarté vous ! » Beugla un homme.
Relevant la tête, il eut à peine le temps de voir fondre sur lui une flèche grise affolée, un garde en armure légère courant derrière lui. Le garçon leva les bras, barrant la route de l’animal. Celui-ci fit mine de ralentir mais ne comptais visiblement pas s’arrêter. Il eut à peine le temps de faire un écart, et d’une main agile attrapa les rennes au vol. Il transféra tout son poing vers l’arrière et tira sur le mord. Le cheval fit volte-face et fit mine de se cabrer en secouant nerveusement la tête. Son intercepteur leva lentement une main vers lui en lui parlant doucement.

- « Calme Ballazuc, imbécile de vieille carne, calme. »
L’animal secoua la tête en tirant sur les rennes, mais finit par se calmer lorsqu’il plongea ses yeux dans les siens et posa une main sur ses nasaux frémissant. La rencontre avec le fameux Ballazuc fit afficher à l’homme un sourire victorieux. Il aurait dut parier avec elle, il aurait gagné à coup sûr ! Le garde arriva bientôt à sa hauteur. Il était jeune, de petite taille et d’allure athlétique. Sa respiration régulière et peut essoufflée indiquait qu’il était un messager, donc habitué à courir les rues. Il s’arrêta devant l’homme d’un pas léger et flatta l’encolure de l’animal.
- « Je vous remercie de nous l’avoir rattrapé monsieur, un vrai diable celui-là aussi, mais nous devons l’emmener. »
Son interlocuteur ôta son capuchon et haussa un sourcil.
- « Et pourquoi ça ? »
- « Et bien c’est le cheval d’une fugitive… »

Le sourire de Gaoth s’étira intérieurement alors qu’il prenait une posture indigné.
- « Une fugitive ? Parbleu ! Ce cheval est à moi mon bon monsieur. J’ai déposé une déclaration de vol il y a peu. C’est une race cet animal, il me chagrinait de l’avoir perdu. »
Le garde paru perplexe.
- « Eh bien, je le conduisait à pied aux écuries de sa seigneurie El Vadel quand une diablesse m’est tombé dessus. Cette criminelle, cette Lyris ! La garce m’est tombé dessus avec sa dague et me la chapardé le Ballazuc ! Comprenez mon embarrât, il était un cadeau pour sa seigneurie ! » Dit-il en prenant une voix et une intonation propre aux gens du petit peuple.
Le messager se pinça le menton entre le pouce et l’index, perdu dans ses pensées.

- « Ma fois, si vous l’avez faite à Miredrish, il est fort probable que nous n’ayons pas reçu cette déclaration. Mais permettez-moi tout de même d’émettre un doute. »
- « Fichtre ! Puisque je vous le dit. Il a un fer neuf au postérieur droit. Il l’a perdu y a une semaine à peine. J’aurais pas pu voir ça en le voyant fondre sur mon l’animal ! »
Le garde fronça les sourcils et regarda. Son père étant forgeron de la cour, il s’avait encore reconnaitre un fer qui était là depuis longtemps d’un récent, et il s’avéra que ce bougre disait vrai. Flattant la croupe du cheval, il se redressa, résigné.
- « Bon, je vous crois. Suivez-moi, on va remplir une déclaration au bureau. Je suis sûr que ces deux cadeaux lui feront grandement plaisir au seigneur El Vadel. »
Gaoth rabattit le capuchon sur son faciès et emboita le pas du messager, un sourire diabolique étirant ses lèvres. Avec une accusation de vol en plus, il n’allait pas en arrangeant son cas, et la jeune femme ne risquait pas de l’entendre d’une bonne oreille. Mais après tout, cette idiote ne savait-elle pas que l’on se balade jamais à cheval dans la ville ? Cela étant réservé aux gardes, à certain noble et au Chef de cité et sa famille. Quoi de mieux pour attirer l’attention qu’un voyageur sur un cheval ! Décidemment, la farce ne cessait d’être plus grande chaque jour.
Arrivée devant le bureau, le jeune messager demanda aux gardes d’emporter l’animal, mais le Gardien ne comptait pas le leur laisser.

- « Je préfèrerais le remettre moins même au seigneur El Vadel. Comprenez-moi, en me faisant voler ce cheval, j’ai perdu de ma crédibilité envers lui. Je ne ferais que la regagner en l’amenant moi-même. Et tant qu’aucun contrat de possession n’a été signé avec sa seigneurie, et moi payé, jusqu’à preuve du contraire, ce cheval m’appartient encore non ? »
L’homme leva les mains en signe de capitulation.
- « Bon, comme vous voudrez. Vous autre, attachez cet animal et surveillez le. Qu’il reste là, ce serait dommage que ce bon monsieur le perde de nouveau. »
Les soldats s’exécutèrent et Gaoth fut conduit à l’intérieur. On lui fit signer un parchemin portant l’entête de déclaration de vol. L’homme fit mine de le parcourir avant de signer, remarquant du coin de l’œil que cela semblait mettre les gardes mal à l’aise. Et oui, en parlant de contrat de possession, il avait montré qu’il n’était pas un paysans ignorant, et en faisant semblant de lire le papier, les soldats comprirent qu’ils ne pourraient pas lui faire signer n’importe quoi. L’homme apposa sa signature. Juste un G en lettre majuscule, finement tracé. Il tendit le parchemin au soldat en face de lui. Mais en faisant glisser le papier entre ses doigts, le garçon ce coupa, tachant le parchemin officiel.
- « Euh excusez-moi, ça va ? » Demanda le garde désolé.
- « Voyons mon brave, ce n’est qu’une égratignure ! » Le rassura-t-il en portant son doigt à ses lèvres.
Le soldat jeta un bref coup d’œil à la signature. En plus il possédait des rudiments d’écriture ! En effet les paysans non lettré ne signaient que d’une croix. Hors là, seule cette lettre indiquait qu’il savait écrire.
L’homme tourna le visage vers son compagnon d’arme et lui fit un léger non de la tête. Pour celui-là ce n’était pas la peine, ils devraient choisir un autre pigeon.
Une odeur sauvage mit les instincts de Gaoth en éveille. Dans un coin de la pièce, couché à côté d’un bureau de bois, se tenait un tigre. Animal exotique, courant dans les terres de l’autre côté des monts. Sa maîtresse était occupée à remplir quelque paperasse. Elle n’était sans doute pas une mercenaire. Non ils ne s’encombrent pas de quelconque papier à combler les blancs, ils se contentent de faire ce pour quoi ils sont là et encaisse l’argent. Elle devait être un guerrier. Le jeune homme sourit intérieurement en pensant que ces idéaux risqueraient de se prendre un grand coup si elle connaissait le fin mot de l’histoire. Quoi qu’il en soit, l’animal semblait avoir senti sa présence, car aussitôt qu’il ouvrit les yeux, ses babines se soulevèrent sur des crocs impressionnants. Qu’avait-il senti ? Le Loup ? Ou bien le Gardien ? Sans doute ses intentions pernicieuses qui sait ? L’homme leva le menton pour le toiser du regard. Ce qui n’était pas une chose à faire avec un félin, mais qu’importe. Le tigre coucha les oreilles, commençant à se lever et cracha. Les yeux du Gardien s’illuminèrent.

- *Couché le chat !*
Personne n’entendit cet ordre qui eut l’effet escompté sur l’animal, qui se ravisa et demeura coucher. Non mais, il allait lui montrer ses crocs de Dragons, cette sale bête ferait moins la maligne. Le soldat lui jeta un regard interrogateur auquel son interlocuteur répondit par un haussement d’épaule.
- « Mauvais caractère ces bêtes là, tout est dans le regard. Mais dite moi, je pourrais voir la prisonnière s’il vous plait, j’aurais deux mots à lui dire ? »
- « Euh… je ne crois pas que… »
- « Juste cinq petite minutes… »
Insista l’homme, ses iris s’illuminant de nouveau.
- « Très bien, Riak vous y accompagnera. » Dit-il en désignant l’homme qui se tenait dans l’encadrement de la porte menant aux cachots, et portant un trousseau de clef.
Gaoth fit un signe tête au messager et se dirigea vers le fameux Riak, interloqué d’être ainsi désigné. L’homme s’employa à s’engager dans une grande discussion, qui l’énerverait à coup sûr, afin de distraire son escorte.

- « Il n’y a pas beaucoup de femme soldat ici. » S’étonna-t-il.
Le garde ricana.

- « Nan… Le Seigneur Soul préfère les avoir dans son lit que leur remettre la garde de la cité. »
- « Je vois… Ça ne doit pas vous faire plaisir alors d’être commandé par une femme. »

L’homme tapa du poing dans son gantelet.
- « Pour sûr ! Même si c’est temporaire ! Elle arrive, se met les pieds sous la table, et nous envois courir au quatre coin de la cité, pour qu’on se tape tout le boulot ! Comme si on avait besoin d’une femelle pour qu’on le fasse. Mais non ! Parce que c’est sa seigneurie El Vadel qui l’a envoyé, il faut qu’on obéisse et qu’on joue les toutous de Miredrish ! Tu parles d’une guerrière de renom. Si on avait pu s’en faire en demeurant le cul vissé sur une chaise, ça ferait longtemps qu’on serrait tous connu ! Si le seigneur Térak était à sa tête, ça se passerait autrement. »
Gaoth haussa les sourcils et leva les yeux au ciel. Visiblement il avait le chic pour mettre le doigt sur la corde sensible. Enfin… C’était prévu après tout.
- « Mais vous, qu’est-ce que vous faite ? » S’intéressa-t-il d’un coup comme s’il avait monopolisé toute la conversation pendant des heures.
- « Moi ? Je fais de l’élevage, du commerce, par-ci par-là. Je suis un peu une mouche de le lait pour certains. » Répondit-il vaguement. « C’est dans cette direction ? » Ajouta-t-il en pointant le couloir de gauche.
Qu’est-ce que c’était grand vu de l’intérieur par rapport à l’extérieur. Un vrai dédale !

- « Oui elle est dans ce couloir au fond. Mais vous faite du commerce de quoi au juste ? »
Le Gardien s’arrêta à quelques mètres de l’embouchure et afficha un large sourire qui n’indiquait rien de bon.
- « Comme je l’ai dit, je suis une mouche dans le lait pour certain, un cheveu dans la soupe… Je suis un colporteur d’emmerde !»
- « Je ne suis pas sûr de… »
Commença le garde interloqué, s’étant arrêté à son tour.
Il n’eut pas le temps d’achever sa phrase, qu’une main vint se poser sur son casque, lui envoyant violemment la tête contre la porte d’un cachot dans un grand « bong ! ». L’homme récupéra les clefs au vol avant qu’il ne touche terre.
- « Oh que si, tu as très bien saisis à présent. » Lâcha-t-il en se pressant d’enfermer l’homme dans une cellule avant de filer.

Son regard se darda sur les visages des prisonniers en cellule, à la recherche de quelconque contrat d’une guilde. Quoi de mieux qu’une prison de caserne pour cette effet ? Et il fallait croire que la demoiselle était en bonne compagnie avec tous ces voisins. Lui qui croyait qu’elle aurait un coin isolé à elle toute seule, ou qu’elle serait déjà dans une boite en partance directe pour Miredrish sans escale. Marchant d’un pas lent, il faisait tourner l’anneau des clefs autour de son doigt, narguant tous les prisonniers croisant son regard. Aucuns ne soufflèrent mots, sauf un. Un visage détestable que l’homme connaissait bien. Un voleur qui avait profité de la présence d’une mère et de sa fille pendant son cambriolage. Pauvres femmes s’étant donné la mort après avoir subi pareil outrage. Et si Gaoth le connaissait, c’est parce que le veuf avait mis une coquette somme sur sa tête. Le chien se jeta comme un macaque sur les barreaux, passant bras au travers pour le tendre vers l’homme.

- « Eh toi ! T’es pas un garde ?! Fait moi sortir de là. »
Le trousseau cessa de tourner autour de son doigt, la clef précise ouvrant les cachots se coinçant entre son pouce et son index. Le Gardien tourna la tête vers lui, visage impassible, regard glacial et assassin.
- « Et qu’est-ce qui va te faire croire que je vais te laisser sortir chien ? » Cracha-t-il à son égard en s’arrêtant le talon trainant. « J’aurais pu t’ignorer, te laisser à ton sort, mais il a fallu que ta gueularde vomisse sa bile, immonde bâtard. Mais je vais me faire une joie d’abréger ta misérable vie. Car sais-tu qu’il y a un gros contrat sur ta tête dans la plus redouté des Guildes d’assassin ? Le veuf de ton dernier exploit. »
L’homme se tourna vers lui pour avancer dans sa direction comme si aucun obstacle n’existait entre eux. Le prisonnier apeuré recula au fin fond de sa cellule.
- « Le poignard volant… » Commença-t-il en ricanant nerveusement. « Tu peux pas m’atteindre, il te faut la clef pour entrer. »
Il leva l’index, désignant la fameuse clef, faisant tinter le métal de son ongle.
- « Si c’est de ça que tu parles, quand bien même je ne l’aurais pas, je pourrais entrer. »
Il continua d’avancer, ne faisant même pas mine d’approcher la clef vers la serrure. Son corps se dématérialisa et il passa à travers le métal pour rejoindre sa victime. Il porta une main à sa ceinture pour sortir son arme.
- « Fantöm… » Murmura l’homme la peur grandissant à mesure que la mort s’approchait de lui. « Fantöm ! » Hurla-t-il.
- « Tu as vu juste, et ce sera ton dernier mot ! »
Il n’y eut qu’un bruit sec et mat suivit du ploc régulier de gouttes de sang sur le dallage froid de la prison. Gaoth nettoya sa lame sur le vêtement du prisonnier avant de la replacer à son côté. Sortant un sac de toile noir de sa sacoche, il y fourra la tête avant de ressortir de la cellule comme il y était entré. Voilà un paquet qui fera le bonheur d’un homme de retour à Miredrish. Ses pas le conduisirent jusque devant la nouvelle chambre de la jeune femme. Le Gardien s’arrêta devant elle en faisant tourner le trousseau au bout de son doigt.
- « Je crois que j’aurais dû parier avec vous. Vos nouveaux quartiers sont-ils à votre gout miss El Vadel ? Peut-être trop froid et trop peu confortable à votre gout ? Mais je possède la clef de cette prison si vous le désiré. » Lança-t-il d’un ton narquois.
Ses sens restèrent tout de même en alerte, si les gardes débarquaient, ce serait un Loup blanc qui les accueillerait.

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Lyris
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MessageSujet: Re: Une pêche miraculeuse!   Ven 1 Avr - 1:48

La ville auparavant si calme et tranquille, était maintenant le chef-lieu d’une agitation toute particulière. En effet, non loin du centre de la ville, une jeune rôdeuse était aux prises avec des soldats. Précipitée de sa monture jusqu’au sol par l’un des soldats, son fidèle compagnon de voyage en profita pour prendre la fuite dans un galop effréné, la laissant seule face à cette situation délicate.
La jeune femme eut beau se débattre comme un diable, contre plusieurs hommes, elle ne faisait pas le poids. De plus elle gardait encore des séquelles de sa rencontre avec ce prétendu Dénèbe… Elle ne le croyait pas une seule seconde à ce nom emprunté à l’Histoire D’Haewen. Après avoir passé des années à étudier, elle la connaissait parfaitement. C’était l’une des choses que son père avait tenu à ce qu’elle sache. Tout comme il lui apprenait aujourd’hui d’une manière bien cruelle qu’elle n’avait aucune échappatoire. Et les liens qui lui enserraient les poignets (encore violacés de la violence des soldats d’il y a quelques jours), lui rappelaient qu’elle restait toujours les mains liées, prisonnière de son emprise.

Elle fut traîné de force jusqu’à la monture du soldat le plus proche, non sans en essouffler certain tant elle se débattait. Elle fut tout de même installée de force sur un cheval fermement tenu par son propriétaire, après bien sûr qu’on lui ait ôté son sac de voyage, et bien malheureusement sa dague, sa seule arme. Bientôt, derrière elle monta l’un des soldats qui talonna son cheval en direction des geôles qui attendaient la jeune femme.
Les bras du soldat l’enserraient, lui coupant toute idée d’échappatoire et désespérant un peu plus la jeune femme qui ne voyait pas comment se sortir de ce faux pas. Chaque foulée du cheval l’affolait un peu plus, et ternissait ce rêve insensé qu’elle avait eu de vivre sa vie. Comment avait-elle pu penser une seule seconde qu’elle aurait pu échapper à l’un des hommes les plus influents d’Haewen ? Elle avait été bien naïve…
Après tout, même si celui lui répugnait de l’avouer, ce « Dénèbe » n’avait pas tort lorsqu’il pensait qu’elle ne saurait pas de débrouiller seule… Il lui avait suffi d’un jour pour se faire pêcher sans qu’elle ne puisse se défendre. Elle avait beau avoir un corps de femme, elle était en fait une enfant. On ne lui avait jamais donné les armes pour qu’elle s’en sorte. Dans d’autres circonstances, sans doute aurait-elle pu apprendre seule, mais la situation n’était pas simple, et le temps jouait contre elle. Et voilà qu’elle venait de gâcher ses dernières chances de profiter encore du temps qui lui restait.

Elle haïssait cette vie, jugé trop facile pour certain… Idéale pour d’autres, alors qu’elle n’était rien de tout cela. Était-ce lui rendre service que de tout lui apporter sur un plateau, qu’elle n’ait pas à se salir les mains, ni même à penser à travailler autre chose mis à part la culture de son esprit ? Et qui donc connaît l’envers de la médaille ? Qui connaît l’autre visage du Seigneur El Vadel et l’enfer qu’il a fait subir à sa propre fille ? Peu de personne en tout cas… Et à leur insu, celles-ci sont surveillés de près… Après tout, il ne faudrait pas que cela se sache, que le Seigneur El Vadel, si bienveillant envers son peuple, était également quelqu’un dont la cruauté n’avait aucune limite, pas même son imagination pour la mettre en œuvre !

Ce fut l’arrêt précipité du cheval qui tira la rôdeuse de ses pensées. Il n’était pas trop tôt, car quand elle vit l’immense bâtiment dans lequel elle allait être retenu, ses forces et sa hargne lui revinrent d’un coup. Les soldats quelques peu endormi dans leur vigilance en voyant que la jeune femme n’avait pas bougé durant le trajet, ne se méfièrent pas. Le premier soldat eut droit à une belle petite balayette apprise en voyant (et aussi en étant la victime, fallait-il le préciser ?) faire ce cher Dénèbe. Peut-être qu’elle ne connaissait pas grand-chose, mais elle apprenait vite ! Le suivant eut droit à un coup de coude dans l’estomac, le pliant en deux de douleur.
Malheureusement, le temps qu’elle se débarrasse des deux soldats, les autres lui étaient tombés dessus et l’avaient immobilisé.


« Garce ! Tu as de la chance que le Seigneur El Vadel te veuille entière, sinon je me serais fait un plaisir de défigurer ton joli petit minois ! » Cracha le soldat précédemment au sol.

« Oh le méchant petit soldat… Ta fierté aurait-elle prit un coup d’avoir été remis à ta place, comme le pauvre chien de soldat que tu es ? Je m’en excuse alors… »

Cette réplique était sortie toute seule, d’une façon narquoise et méprisante. Pourtant à ce moment-là elle n’était pas vraiment fière, mais il était hors de question de le montrer. De plus il s’agissait là d’une petite vengeance qu’il était le seul à goûter ! Le bouc émissaire de tous ceux qui lui avait rendu la vie difficile ! Et notamment des soldats dans la forêt…
Le soldat fut piqué au vif d’avoir été traité sans plus de préambule d’un nom aussi rabaissant. Sa réaction fut immédiate. Pour la deuxième fois de la journée, de la joue de la jeune femme fut le réceptacle de la colère d’un des soldats.
En ce moment elle était abonnée aux gifles… Cela ne l’a pas empêché de sourire narquoisement au soldat. Quand on a plus d’arguments pour se défendre, il est si facile de recourir à la violence ! Cela ne plut pas vraiment à l’homme, mais malheureusement pour lui, et heureusement pour elle, il ne pouvait pas se permettre de se laisser aller à son envie de violence.


« Tu me le paieras… » Lâcha t’il entre ses dents.

« Mais je t’attends… » Répondit-elle du tac-au-tac.

Les autres hommes, sentant la tension monter entre les deux, commencèrent à entraîner la jeune femme dans l’édifice. L’un d’eux se tourna vers le soldat en colère.

« Astan, va prévenir la donzelle de là-haut qu’on a capturé la fugitive. »

L’homme ne se fit pas prier, afin de n’avoir plus le déplaisir de la présence de la rôdeuse.

Celle-ci en revanche, avait très bien entendu cet ordre. Alors comme ça, il s’agissait d’une femme qui était à la tête de cette unité ? C’était elle l’origine de sa capture ? Elle avait bien se rendre compte que toute personne se mettant sur la route vers la liberté de la rôdeuse, avait droit à un petit traitement de faveur de sa part. Cette « donzelle » comme l’avait appelé les soldats, n’allait pas déroger à la règle ! Elle aurait d’abord droit à un petit concerto de cris, tandis que la jeune femme se débattrait pour échapper à sa cellule… Mais ayant retenu la leçon un peu plus tôt, les soldats la tinrent fermement, et surtout avaient pris grand soin de ne pas lui délié les mains.

C’est ainsi qu’elle se retrouva écroué dans une pièce sombre et humide. On ne prit même pas la peine de la détacher ! Sans doute une précaution de plus ! Puis ce fut le silence… Ils étaient tous partis, la laissant à sa solitude angoissée. Dans cette petite pièce ne subsistait qu’une petite paillasse à moitié rongée par les rats.
La jeune femme alla se recroqueviller dans un coin de la pièce. Elle réfléchissait à un moyen de sortir de ce lieu. Il n’y avait pas tellement de propositions qui s’offraient à elle. De surcroît, avec les mains attachées dans le dos… Ce serait là son premier obstacle.

Malheureusement, la corde était bien serrée, mais heureusement pour elle, on ne l’avait pas mis aux fers. Il lui restait encore une possibilité, qui il est vrai, ne l’enchantait guère. Elle prit une bouffée d’air avant de se mordre la lèvre inférieur puis… crack ! A présent, le pouce gauche de la jeune femme se présentait sous un angle peu naturel. Elle serra les dents pendant qu’elle se démenait pour retirer sa main de son étau. C’est qu’il avait vraiment serré le bougre. Mais après de longues minutes, elle parvint à son objectif, non sans avoir droit à une main encore rouge d’avoir frotté si fort contre ses liens. Elle put enfin ramener ses mains devant elle, l’une étant toujours prisonnière de ses entraves. Mais alors qu’elle songeait déjà à régler le problème du pouce, elle entendit des voix au loin se rapprocher. Bien vite elle se remit à sa position initiale, comme si elle était toujours attachée. Alors que les voix se rapprochaient de plus en plus, un bruit sourd retentit. Hum… Bien bizarre tout cela. Elle tendit l’oreille, entendant encore de loin une voix, quand quelques instants plus tard des hurlements résonnèrent, lui donnant des frissons dans le dos. Les soldats étaient-ils passés à la torture ? Rien de bien réjouissant là-dedans, même si elle était quasiment certaine de ne pas avoir droit à « ce traitement de faveur ». Ca ne l’empêchait pas tout de même d’émettre un doute. Peut-être le soldat de tout à l’heure était-il revenu se venger ?

En tout cas, la tension était palpable dans les cachots. Lyris guettait avec attention l’arrivée des soldats, mais… à son plus grand étonnement ce fut le fils du vent qui se planta avec provocation devant sa cellule, les clés de sa libération tournant avec ostentation dans ses mains.
Ce fut comme à l’habitude de l’homme, une remarque narquoise, qui accueillit la jeune femme.

« Oh, ce n’est que vous… » Répondit-elle avec une indifférence non feinte.

Elle ramena ses mains devant elle, continuant la tâche qu’elle avait commencé un peu plus tôt. Cela lui permit en même temps de se demander les raisons de la présence de l’homme en ces lieux, et comment il y était rentré par la même occasion… Quoique cela fut une question bête, elle se souvint très bien comment celui-ci s’était dématérialisé devant elle la veille. Cela n’avait pas dû être bien compliqué de le refaire aujourd’hui…

Elle retint un gémissement lorsqu’elle se remit le pouce en place. Elle ne voulait pas donner ce plaisir à l’homme !
Toujours sans porter attention à l’esprit, elle détacha avec patience, la corde à son poignet. Après tout, du temps elle en avait, temps qu’elle restait enfermé entre quatre murs ! Une fois la corde tombée à terre, elle se massa vigoureusement ses poignets encore endolories d’avoir été ainsi malmenés, avant d’enfin daigner porter de l’attention à son visiteur. Elle tourna son visage fermé de toute émotion vers l’homme.


« Que venez-vous faire ici ? Etes-vous venu pour rire de moi et de ma déconvenue ? Ou bien pour jouer les chevaliers servants et vous racheter une conscience, vous prouver que vous existez et que vous êtes un homme bien ? »

Elle eut un rire amer.

« En fait vous n’avez rien d’un chevalier… Vous êtes plutôt un lâche, perfide et manipulateur… Dénèbe ! »

Elle avait souligné exprès son nom. Une façon à elle de remettre en cause les paroles de l’homme.

« Repartez d’où vous venez avec vos mauvaises paroles, je ne vous fais pas confiance, et ne veut rien vous devoir ! »


Cru, elle l’avait été. Mais elle avait encore en mémoire ce qu’il s’était passé la veille. Elle avait le souvenir amer, que non seulement l’avoir désarmé ne l’avait point suffit. Il en avait profité encore plus pour lui infliger un petit traitement de choc, et jouer sur ses blessures. En plus de cela, il l’a prenait pour une imbécile, comme si lui, possédait tout le savoir du monde ! Du coup, il était vraiment que cela n’avait pas contribué à mettre le personnage dans les bonnes grâces de la rôdeuse. La pilule était mal passée, et de surcroît la jeune femme était très rancunière ! Et encore plus lorsqu’on se permettait de lui faire la morale et la juger ! Elle et l’autorité…
Il était partit ensuite comme un voleur… Se dématérialisant sous ses yeux, ne laissant derrière lui que les vêtements emprunté aux défunts soldats, laissant là seule, la jeune femme avec pour seule compagnie sa colère et ses blessures.
Mais aujourd’hui, elle maîtrisait sa colère. Elle ne voulait qu’une chose, oublier ce monseigneur soit disant si parfait !
Elle s’était débarrassé des vêtements, avant d’entrer en ville se reposer et se faire soigner convenablement. Malheureusement pour elle, elle porterait à vie cette trace indélébile dans sa chair, de cette rencontre avec l’esprit du vent…

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Saphir
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MessageSujet: Re: Une pêche miraculeuse!   Jeu 14 Avr - 20:37

Saphir trouvait l'atmosphère de plus en plus lourde. D'une part parce qu'elle ne pouvait bouger comme elle le désirait, rien que pour attendre le Chef Meridrish et d'une autre parce qu'elle commençait à en avoir assez de tout ces hommes qui se prétendaient guerriers alors que la plupart n'avait pas une seule notion de justice, de courage et de respect. Elle se demandait encore pourquoi, elle avait accepté cette mission, son instinct lui disait que quelque chose clochait. Lors de son entrevue avec le Chef, Saphir avait bien remarqué qu'il lui cachait quelque chose mais elle n'aurait su dire.

Saphir ne pensa plus davantage à cela pour se concentrer sur les documents qui s'amoncelaient de plus en plus sur la table qui faisait office de bureau. Elle priait pour que tout cela se finisse le plus rapidement possible afin qu'elle puisse retrouver la tranquillité de sa tendre jungle et aussi pour qu'elle puisse vaquer à ces occupations qui était pour elle, bien plus intéressante que cela.

La jeune guerrière sourit tout de même en pensant à cette fugitive, elle était d'une férocité pareil à un tigre. Elle pouvait dire que cette dernière ne devait pas avoir sa langue dans la poche. Elle ria un moment puis se reprit lorsqu'elle vit Kira relever sa tête et ce qui retenu surtout son attention c'est qu'il grognait. Ce n'était pas dans ces habitudes de se mettre dans cet état surtout ici mais apparemment son ami félin avait sentit quelque chose. chose encore plus étrange c'est qu'il reposa sa tête sur ces pattes avant comme s'il avait capitulé, jamais il ne s'avouait vaincu.

La jeune guerrière releva alors la tête apercevant un homme aux cheveux blancs, le problème c'est qu'elle ne le voyait que de profil et de plus il était accompagné d'un garde. Elle se leva fit le tour de son bureau afin de voir où le garde emmenait cet homme, il se dirigeait vers les cachots. Elle rentra à nouveau prit ces armes, la présence de ce nouveau venu ne la mettait guère en confiance surtout à cause du fait que Kira s'était laissé facilement vaincre par lui. Le tigre se leva tout en s'étirant et suivit sa jeune maîtresse. En chemin, cette dernière vit l'un des garde à terre, le crâne fracassé. Son doute s'était dissipé, sa méfiance avait prit le dessus.

De loin, Saphir entendait les revendications des prisonniers, suppliant pour qu'on les libère puis le calme. Elle était perdue, elle ne savait que penser. Elle entendait des voix, celle d'un homme et d'une femme. Pas de doute, c'est la prisonnière, la fugitive qui fut capturé tantôt. Elle se cacha derrière le mur prit son poignard afin de faire un effet miroir pour observer la scène. Ils discutaient. Dénèbe ? Saphir n'avait jamais entendu ce nom auparavant. Qu'à cela ne tienne. Elle rangea à nouveau son poignard, sortit de sa cachette s'appuyant contre le mur, bras croisé sur sa poitrine. Kira la suivait de près s'asseyant juste à côté elle en faisant un faible baillement.

- Je vous dérange peut-être ? Que faites-vous ici ? Cette section est interdite.

[HRP : Désolé du retard, manque d'inspiration. C'est court mais c'est ce que je voulais^^]

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Gaoth
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MessageSujet: Re: Une pêche miraculeuse!   Mar 26 Avr - 18:15

La jeune femme leva son regard vers lui en le voyant arriver. Bien que la seule expression qu’il put lire clairement sur son visage fût le dédain, Gaoth avait su discerner un bref instant de soulagement, précédant son désintérêt profond. Cela lui arracha un sourire. La pauvre petite avait été inquiète que ce soit un méchant soldat, venu lui inculquer la correction qui incombait à son manque d’éducation civilisé suivant sa capture ? Raté, cela aurait été mémorable ! Pour elle surtout… Le Gardien l’avait bien sentit, suinter de l’esprit d’un de ces gardes. Cette envie de vengeance, brutale et perverse que tous mâles inculqueraient à une femme pour la rabaisser à la place qui est la sienne… Pour un homme et surtout un militaire, la loi du Talion est son credo, une question d’honneur !
Mmmm… A sa place, il ne s’éterniserait pas en ce lieux, surtout lorsque l’on est le dindon de la farce.
Ainsi, après un regard jeté empreint d’indifférence, tout ce qui l’accueillit fut un :

- « Oh, ce n’est que vous… » Répondit-elle comme s’il c’était agi d’une poussière sur le bout de sa botte.
Et comme, visiblement, ce ne fut QUE LUI, la demoiselle reprit ses occupations de tout à l’heure. Ramenant ses mains devant elle, elle entreprit de se remettre le pouce en place, dans un craquement sinistre, pinçant les lèvres pour ne laisser échapper aucuns sons. Bel effort… Il n’était pas sadique au point de se réjouir d’un petit gémissement échappé pour un pouce déboité. Ou pas… Mais après tout, il n’était plus à ça près, gémir il l’avait déjà entendu il y a deux jours, pendant la nuit alors qu’il lui faisait profiter de la chaleur de son corps. Comme un chiot qui aurait perdu sa mère. Quoi qu’elle aussi l’avait entendu hurler dans son moment de faiblesse, pas de quoi en faire le fier. Sauf qu’à la différence de son interlocuteur, de ce genre de détail, il s’en moquait comme de l’an quarante ! Expectorer sa douleur est un processus tout à fait naturel.
Après avoir lentement libéré ses poignets enserrés du cordage, encore violacé de surcroit, Lyris porta enfin son attention à son visiteur. Mais les mots qu’elle lui cracha au visage ne firent que faire remonter son hilarité de la veille, comme s’il n’avait cessé de rire depuis l’instant de leur joute verbale matinale en forêt.
Rire d’elle ? Sans nul doute, sa capture était une chose tellement prévisible. Se racheter une conscience ? Inutile, il n’en avait jamais eu besoin. Pour ce qui était de prouver qu’il était un homme bien, quel homme bien aurait décapité sans préambule une personne déjà emprisonnée ? Voyons… Ce n’est vraiment pas son genre. Et quant à jouer les chevaliers servant, même pas dans ses rêves les plus insensés. Or, ce qui alimenta le plus son fou rire fut la phrase précédé par le rire amer de la jeune femme. Cette idiote répondait toute seule à ses propres questions, il aurait bien pu mettre les voiles dans la minute qu’elle s’en serait allé en monologue, sans s’apercevoir qu’elle conversait seule. Pathétique…
Mais être accusé de lâcheté et de félonie, ça il ne le concédait pas. Si elle faisait référence en ces paroles à sa maitrise pour le moins… brutale d’hier, elle n’avait qu’à s’en prendre qu’à elle. Lorsque l’on prétend posséder une arme, on sait s’en servir.
Gaoth attendit patiemment la fin de cet inepte aparté et s’autorisa un air las.

- « Ah ! Vous avez finit ? » S’étonna-t-il en se mordant la lèvre inférieur afin de calmer son rire. « Je pensais que vous parliez seule, je vous ai à peine écouté. Mis à part quelques mots… »
L’homme se décolla du mur auquel il avait fini par s’adosser, sans doute pour ne pas tomber, emporté dans son hilarité. Il porta une main à son visage pour essuyer les larmes qui perlaient au coin de ses yeux et se massa la mâchoire, calmant son rire en quelque dernière effusion. Lentement, comme un chasseur guète sa proie, il se rapprocha de la cellule sa voix passant de la béatitude du rire à sa froideur habituelle à mesure qu’il parlait.
- « Un chevalier servant ? Ha ! Un chevalier servant ?… Dois-je vous rappeler la place qui est la vôtre jeune pucelle ? Derrière les barreaux d’une prison ! Il ne faut pas prendre vos désirs pour des réalités, on ne vous servira plus rien sur un plateau d’argent. »
Il marqua une pause pour contenir sa colère montante. Décidément cette petite sotte ne connaissait rien à la vie, et ça ne lui ferait pas de mal de l’apprendre de façon brutale. Si elle pensait naïvement avoir été crue dans ses paroles, il n’allait pas se gêner pour parler crument. Elle allait comprendre ce que ce mot voulait signifier.
- « Je ne vous concède guère le droit de lancer de pareil accusation. Vous me trouver manipulateur ? Soit! Je ne m’en cache pas mais déloyal et lâche, hoho, vous vous aventurez sur un terrain miné. »
Gaoth se planta devant la grille, son visage à quelque centimètre de l’acier. Il la regardait comme s’il n’existait aucun obstacle entre elle et lui, prêt à passer au travers les barreaux comme tout à l’heure. Cette petite prétentieuse se croyait hors d’atteinte de par son statue face aux gardes ? Devant un Gardien, et surtout l’esprit du vent, la chose ne prenait pas. Elle avait choisi le mauvais pied de table pour faire ses griffes.
- « Si part ses mots vous faites références à hier où je vous ai maitrisé sans le moindre mal, un véritable combattant n’a qu’ure du sexe de son adversaire. Lorsque l’on prétend posséder une arme, on sait s’en servir. Lorsque l’on prétend menacer quelqu’un avec, on doit savoir maitriser et contenir cette dite personne. » Lança-t-il d’un ton sec.
Il marqua une pause quelque instant, son regard se baissa vers le sol, marqué d’un goute à goute régulier. Son pied fut déplacé de justesse, avant qu’une goutte de sang ne s’écrase sur sa botte. Maudite tête, il ne sera pas fâché de s’en débarrasser ! Ses yeux d’argent reportèrent leur attention vers son interlocutrice du moment. Un sourire étira ses lèvres, elle n’allait pas du tout aimer ce qu’il s’apprêtait à lui dire. Mais Gaoth quand on le cherche, on finit par le trouver, et on le sens passer.

- « Alors si vous n’avez pas digéré cette leçon, vous ne survivrez pas plus longtemps dehors. Il vaudrait mieux pour vous que vous retourniez dans votre prison dorée. Là-bas vous n’aurez qu’à écarter les cuisses et ouvrir des livres, ça ne devrait pas être trop difficile. » Appuya-t-il d’un ton sarcastique. « Vous pourriez même finir par y prendre du plaisir. » Acheva l’homme d’une voix aussi froide que mauvaise, prenant grand soin à poser chaque mot.
Bien entendu, ce n’était qu’un échauffement pour lui. Qu’elle continue, il saurait la recevoir comme il se doit. Quoi que son manque de répartit le décevait un peu. Mais bon… Il fallait dire aussi que l’Esprit trichait un peu en soit, en lisant ses pensées comme un livre. Ces humains… Quand allaient-ils apprendre à fermer leur conscience ? Or il était sûr qu’il en serait arrivé aux mêmes conclusions sans lire en elle. Quel père ferait passer sa fille pour la pire des criminelles pour la récupérer ? Et qu’est-ce qu’une femme pourrait fuir mis à part un mariage forcé ? D’autres choses certainement, mais la plus vraisemblable était celle-ci. C’était ça le luxueux monde de la seigneurie. D’un ennui mortel…
Oh bien sûr, Gaoth aurait pu lui balancer des remarques de ce genre toute la sainte journée, mais cela aurait été purement gratuit et de surcroit, vraiment pas divertissant. Le Gardien était joueur, mais ce jouet-là ne l’amusait plus. Après tout, il ne savait pas lui-même ce qu’il fichait ici. Les joutes verbales ça va bien cinq minutes, mais il y a certainement plus intéressant ailleurs. Une livraison de tête par exemple…
L’homme fit deux pas en arrière pour prendre de la distance et s’apprêta à tourner les talons, lorsqu’un bruit l’arrêta. Le son de pat feutré sur les dalles, suivit du bruit familier d’un cliquetis de griffes sur la pierre. Les sens en alerte, il tendit l’oreille. Inaudible pour une ouïe humaine, ça ne pouvait être des gardes. Pourquoi prendraient-ils la peine de s’avancer sans bruit ? Et puis, allé essayer d’être discret avec des plaques d’armures ! Non ils auraient donné l’alerte en voyant leur compagnon inanimé dans la cellule. Cela ne pouvait donc être que la fille au tigre, ou un espion. Le jeune homme se donna l’air de rien, une main glissant doucement sur sa hanche vers ses armes, mais il sentait qu’elle était proche, qu’elle les écoutait. Ses paroles avaient jusque-là couvert le son de ses pas. Une odeur légère flottait dans l’air, mêlé à une plus soutenue, sauvage… Aucun doute, une seconde emmerdeuse avec un gros chat. Il lâcha un profond soupir quelques secondes avant qu’elle ne se montre, et bombarde de question. Ah… c’était bien les femmes, toujours trente-six questions en une seule traite !
Un sourire malsain flotta sur les lèvres du Gardien. Elle sera la prochaine. Sans prendre la peine de se retourner, il entama les hostilités. Non pas qu’il s’était levé du pied gauche – quoi qu’étant gaucher c’était plutôt du droit – mais aujourd’hui n’était pas son jour de bonté. En avait-il au moins un ?

- « Oh ! Mais vous ne nous dérangez pas du tout. Au contraire, plus on est de fous plus on rit. » Lança-t-il d’un ton peu engageant.
Voyons, cette fille il la connaissait, mais il avait du mal un mettre un nom sur sa tête. Du moins, qui ne connaissait-il pas au moins de vue sur cette île ? Peu de monde. Mais la mémoire des noms, il s’en fichait pas mal. Quoi que là ça pourrait lui être utile.

- *Allons, Saphir quelque-chose… Et puis qu’importe !* Réfléchit-il.
Et puis, au diable les varices ! Pourquoi faire compliquer quand la simplicité s’offre à nous ? Saphir Lencloss bien évidemment ! Une petite lecture d’esprit et on en connait des choses. Quoi que son pédigrée, il en avait déjà connaissance. Gaoth pencha légèrement la tête dans sa direction, mais toujours sans daigner la regarder.

- « Pour ma part, mea-culpa, enchaina-t-il, je faisais un tour en ville, et il semblerait, que je me soit égaré en chemin. Par contre, cette charmante personne, il appuya bien sur le mot charmante afin d’en pointer l’ironie, je crois que vous vous êtes trompé de cellule pour elle. Si je ne m’amuse. » Acheva-t-il d’un ton assez soutenue, pour ne pas s’en cacher de son mensonge.
Bien entendu « m’abuse » aurait été plus approprié que « m’amuse », mais bon, allé savoir ce qu’elle avait compris. Ce n’est qu’un détail.
En ce tournant un peu plus vers elle, il put lire de la surprise mêlé d’incompréhension sur le visage de la guerrière. Etant donné des idéaux de sa guilde, la demoiselle était tombé bien bas de s’être fait ainsi embobiner par le pire des manipulateurs de l’île. Jetant un coup d’œil à Lyris, Gaoth put remarquer qu’elle n’était pas d’avis à ce qu’il révèle quoi que soit, mais qu’elle vienne l’en empêcher… Comme il l’avait si bien dit au garde auquel il avait préalablement sonné les cloches, n’était-il pas un colporteur d’emmerde ? Ignorant royalement le regard que la captive lui lança, il répondit à celui interrogateur de Saphir.

- « Le sieur El Vadel ne vous a-t-il donc point mis au courant de l’affaire ? Cela ne m’étonne pas, il sait tromper son monde l’animal, il a de qui tenir. » Il regarda Lyris droit dans les yeux avant de poursuivre. « Hézénone El Vadel avait déjà sut très bien tirer son épingle du jeu pour récupérer la cité mère. Ce cher papa a été à bonne école depuis des générations. »
Il se détourna de la cage pour porter toute son attention à la nouvelle arrivante, faisant gicler quelques gouttes de sang dans son volte-face. Amusant. Décidément il était d’humeur jouasse ce jour, ne leur en déplaise.
- « Il était une fois, une petite fille qui était détesté par son papa. La pauvresse vivait seule recluse dans son château. Mais un jour, en devenant grande, son affreux géniteur pernicieux voulu la marier à son cousin à l’esprit tendancieux. Non contente de l’apprendre, la petite princesse pris la poudre d’escampette, et depuis papa veux récupérer sa poule pondeuse d’héritier. Votre présence ici vous fait connaitre le reste de l’histoire si je puis dire. » Entonna-t-il d’une voix mielleuse et profondément caricaturé.
Il marqua une pause durant laquelle il put discerner une forte interrogation chez son interlocutrice : pourquoi ne l’attaquait-elle pas pour le faire taire ce fanfaron ? Peut-être parce que ce qu’il venait de lui révéler remettait en cause ses idéaux et la rabaissa à l’infâme rang de mercenaire. Car c’est bien pour cela qu’il l’avait fait passer en l’envoyant ici, au milieu de tous ces machos, pour récupérer une dite criminelle répondant au nom de Lyris El Vadel. De quoi en mettre un petit coup au moral.

- « Bienvenu dans le monde Miss Lencloss, vous vous êtes bien fait avoir. Sur ce… »
Il n’eut pas le temps de finir sa phrase, car ce qu’il devait finir par arriver ce produisit, et la tête du tigre tourner vers l’embouchure confirma bien ce qu’il venait d’entendre. A quelques mètres de l’endroit où se trouvait leur compagnon qui se remettait enfin de ses esprits, les gardes arrivaient.


- « Dit donc euh… Ça fait un bout que Riak et le paysan sont partit là-dedans. » Souligna un garde en regardant l’entrée de la prison.
- « En plus y a la pucelle de Miredrish qui y est partit à la suite. » Signala un autre.
Le premier haussa un sourcil écailleux et donna un coup de coude à son compagnon de race en ricanant.

- « Hé ! Si ça se trouve, il se passe des choses intéressantes là-bas, si tu vois ce que je veux dire. » Gloussa-t-il en soulevant plusieurs fois les sourcils et donnant un coup de rein significatif.
Les deux hybrides s’esclaffèrent en se soutenant, mais les deux autres présents ne partageaient pas leur hilarité. Le dénommé Astan observait du coin de l’œil le jeune messager qui s’énervait sur ses papiers, tout en essayant de ne pas mettre tout en désordre.

- « C’est pas vrai ! J’étais sûr de l’avoir mis là ! » Finit-il par s’exclamer agacé.
- « Qu’est-ce qu’il t’arrive Kallën ? » Demanda Astan à son attention en levant le menton dans sa direction.
- « Je n’arrive plus à remettre la main sur cette fichue déclaration de vol que ce paysan a signé ! »
- « Tu l’as mis dans la boite vide. »
Soupira un des hommes ayant calmé son rire sur un ton exaspéré.
Le jeune homme pris la boite en question et la retourna sous son nez. A par un peu de poussière, rien n’en tomba.

- « Et bien vide elle l’est toujours. La déclaration à disparue. » Dit-il d’un ton grave. « Ce type est vraiment louche, je ne sais même pas pourquoi je l’ai autorisé à aller la dedans avec Riak. Et je ne sais pas pourquoi c’est moi qui donne les ordres alors que je suis que Messager ! » S’indigna-t-il.
- « Peut-être parce qu’une imbécile de femelle a donné sa journée à tout le monde, et que temps qu’elle sera là, les gradés en auront rien à faire. » Souligna Astan.
- « Ouais bah, quoi qu’il se passe là-dedans, il va falloir y aller, parce que je sais pas vous, mais ça sent le coup fourré. »
Les trois autres acquiescèrent d’un signe de tête tandis qu’Astan ce décollait du mur.
- « Prenez vos armes, je vais chercher les autres. On ne sera pas de trop avec ce saleté d’animal. »

Il ne lui fallut que dix minutes pour ramener le reste de la garnison. A quinze, ça ne devrait pas poser trop de problème. Bien qu’ils étaient tous bougons comme des enfants d’avoir été ainsi arraché à leur taverne, les soldats ce ragaillardir quand on leur dit qu’ils allaient certainement devoir botter le cul à la pucelle de Miredrish ! Et c’est sans plus de cérémonie qu’arme aux poings, ils pénétrèrent dans les geôles de la caserne d’un pas décidé.


Gaoth se figea dans son mouvement et serra les poings. Ce n’est pas demain la veille qu’il allait se débarrasser de celle-là. Enfin, maintenant pour en ajouter à son désagrément, il en avait deux. La belle affaire. Les gardes, quant à eux, étaient nombreux et déterminé. L’homme jura en revenant sur ses pas. Le tigre le suivait du regard, n’appréciant visiblement pas la présence d’un autre prédateur dans son environnement et cela l’agaçait. Il finit par se tourner vers Saphir et lui chaparda d’un geste vif le poignard attaché à sa ceinture.

- « C’est un emprunt. » Souligna-t-il devant son air indigné.
Il n’allait tout de même pas lui prêter ses armes tout de même ! Pensa-t-il amèrement en repartant vers la cellule. Là, il jeta aux genoux de Lyris le poignard et les clefs de sa prison sans grande considération.

- « Ils sont quinze plus un opérationnel à, on va dire, soixante-dix pourcent. » Dit-il avec froideur. « Maintenant, on m’a toujours dit que c’était mieux d’apprendre sur la tas. A présent, libre à vous d’avoir une compagne de cellule jusqu’à votre retour à Miredrish, ou de prouver que vous valez mieux qu’une cantatrice de cri à la mande. »
Un peu plus loin, il entendit ce cher Riak donné l’alerte, ce qui confirma la méfiance qu’avaient eu les soldats. Un combat en lieu clos était plus qu’imminent.
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